Saint Grégoire, évêque de Tours

Le 17 novembre l’Église vénère la Mémoire de saint Grégoire, évêque de Tours.

Enluminure de saint Grégoire de Tours

Enluminure de saint Grégoire de Tours

Grégoire est né en 538, à Clermont, en Auvergne au sein d’une famille sénatoriale gallo-romaine, qui donna à l’Église cinq saints évêques, dont saint Nizier. Celui-ci alors qu’il était encore prêtre, assuma l’éducation du jeune garçon après la mort de son père. Tombé gravement malade à l’âge de quatorze ans, Grégoire fut miraculeusement guéri en vénérant le tombeau de saint Allyre en Auvergne. Il s’engagea dès lors à consacrer sa vie au service de l’Église.

Ordonné diacre à Brioude en 563, il s’adonna avec zèle à l’étude des livres saints. Étant tombé de nouveau gravement malade peu après, il fut guéri lors d’un pèlerinage auprès du tombeau de saint Martin de Tours. Nourrissant une ardente dévotion pour ce saint, il se fixa à Tours, auprès de son oncle, l’évêque Eufronius, auquel il succéda (573).

La Gaule mérovingienne ayant été divisée entre les trois fils de Clotaire Ier : Gontrand, Sigebert et Chilpéric, la situation se trouvait aggravée par la haine mortelle que nourrissaient l’une pour l’autre Bruhnehaut, épouse de Sigebert, et Frédégonde, seconde femme de Chilpéric. Pendant toute la durée de son épiscopat, saint Grégoire fut un artisan de paix et de réconciliation entre les membres des familles royales qui s’entre-déchiraient. Il négocia le traité d’Andelot (587), scellant l’alliance du roi de Bourgogne avec la reine Brunehaut. Quand il n’était pas contraint à des missions fréquentes auprès des souverains, il visitait son diocèse, restaurait les églises endommagées par les invasions ou en fondait de nouvelles dans les campagnes. Il encourageait le culte des saints et s’employait à convertir les ariens et les juifs, si bien que son influence s’étendit sur toute la Gaule.

En ces temps où meurtres, pillages et incendies étaient la manière courante de gouverner, le diocèse de Tours fut envahi par un fils de Chilpéric, lui-même bientôt chassé et remplacé par Leudastes. Celui-ci, à force d’intrigues, était parvenu à obtenir du roi cette cité, considérée comme la ville sainte de Gaule, à cause du tombeau de saint Martin. Il essaya de s’attirer les faveurs de l’évêque, mais dut fuir vers la Bretagne quand Sigebert reprit l’avantage dans cette région. Après l’assassinat de Sigebert (575), Leudastes regagna Tours et somma saint Grégoire de lui livrer le duc Gontrand, réfugié dans la basilique ; mais le saint refusa. Il protégea également, au nom du droit d’asile, le fils de Chilpéric, Mérovée, lequel avait épousé Brunehaut, veuve de Sigebert, et était poursuivi par la haine de Frédégonde. Cette attitude inflexible, pour préserver les droits sacrés de l’Église face aux factions qui se déchiraient, saint Grégoire la garda lors du Concile de Paris (577), réuni pour déposer l’évêque qui avait célébré de manière anticanonique le mariage de Mérovée et Brunehaut.

Dès son ordination, saint Grégoire avait entrepris la composition de sa monumentale Histoire ecclésiastique des Francs, qui reste la source principale pour la connaissance de cette époque et qui a fait de lui le père de l’Histoire de France. Parallèlement, il rédigea le récit des miracles de saint Julien et de saint Martin, puis le livre À la gloire des martyrs (586), suivi d’un ouvrage dédié à la gloire des confesseurs et du Livre des Pères (593), qui forment un ensemble unique pour faire connaître les saints qui ont vécu à cette époque. Peu après avoir réuni ces trois livres en un seul volume, saint Grégoire se retira des activités ecclésiales pour se préparer à son départ vers Dieu.
Il s’endormit en paix, le 17 novembre 594, et fut enterré dans la basilique Saint-Martin.

Source : synaxaire du P. Macaire du monastère de Simonos-Petra au Mont-Athos

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