Posts in Category: Non classé

Saint Nicodème l’Hagiorite (1749-1809)

Le 14 juillet l’Église orthodoxe vénère la mémoire de saint Nicodème l’Hagiorite, [dans le monde Nicolas Kallivroutsis]. Il est considéré comme le grand rénovateur de la tradition hésychaste.

Originaire de Naxos, c’est dans cette île des Cyyclades puis à Hydra, qu’il rencontre les moines colyvades. Les adeptes de ce mouvement avaient été chassés de l’Athos alors en décadence. Ils s’employaient à renouveler dans le monde grec la vie monastique et la pratique eucharistique, en plaidant notamment pour la fréquente communion et le respect de la tradition liturgique. Il est ainsi initié à l’hésychasme et à la prière du cœur.

En 1775, sur la recommandation de l’ermite Sylvestre de Césarée, il rejoint le mont Athos. C’est au monastère de Dionysiou, qu’il revêt l’habit monastique sous le nom de Nicodème. Il y devient un modèle d’obéissance, de prière et d’ascèse.

En 1777, saint Macaire, métropolite de Corinthe, défenseur des colyvades et rénovateur de la tradition, rend visite à la Sainte Montagne et Nicodème se joint à son entreprise. À partir de cette date, ils collaborent à l’établissement de la Philocalie des Pères neptiques, dont il rédige les notices et qui sera imprimé, en grec, à Venise en 1782, grâce au soutien d’Alexandre Mavrocordatos. Cette anthologie des méditations écrites, entre le IVe et le XVe siècles, par des maîtres spirituels de l’orthodoxie et de sa spiritualité hésychaste, signe le départ d’un immense courant de renouveau dans tout le monde orthodoxe, et notamment en Russie. Elle ne sera vraiment découverte en occident qu’avec la diffusion des célèbres Récits d’un pèlerin russe.

Il publie simultanément un recueil plus bref d’enseignements des Pères, l’Évergétinos ; il travaille à l’édition complète, en grec moderne, de Syméon le Nouveau Théologien ; il écrit une Vie de Grégoire Palamas et prépara, grâce aux manuscrits de l’Athos, une édition complète des œuvres de celui-ci, malheureusement détruite à Vienne où se faisait l’impression.

Il souligne aussi que tous ces textes ne sont pas seulement destinés aux moines mais à tous les fidèles orthodoxes.
Nicodème expose lui-même la tradition hésychaste dans son traité La Garde des cinq sens, de l’imagination, de l’esprit et du cœur.
Il a publié un recueil complet et commenté des canons de l’Église grecque, le Pidalion – le Gouvernail.

Bien avant que l’on parle d’œcuménisme il s’intéresse aux traditions et pensées des autres confessions chrétiennes. Il a traduit en grec, par exemple, les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola.

Il est également l’auteur d’une édition du Synaxaire.

Il mourut dans la paix à l’âge de 60 ans, le 14 juillet 1809, dans sa cellule de Skourtai du mont Athos.

Les témoins décrivent ainsi sa naissance au Ciel : Après avoir communié, il trouva un calme extraordinaire et, croisant les mains sur sa poitrine, il répondit aux moines qui lui demandaient s’il était en repos : “J’ai fait entrer le Christ en moi, comment ne serais-je pas en repos ?”.

Il est enterré dans la laure de Skourtai à Karyès sur le mont Athos, laissant derrière lui une immense œuvre spirituelle qui constitue désormais une lecture essentielle pour tous les chrétiens orthodoxes. À la demande de la Grande Laure de l’Athos, la sainteté de Nicodème a été solennellement proclamée en 1955 par le patriarche Athénagoras.

Saint Jean Chrysostome : Il guérit beaucoup de malades

« Le soir venu, on lui amena beaucoup de possédés ; par sa parole il en chassa les esprits, et guérit tous ceux qui étaient malades. » Vois-tu comme la foi de la foule grandit peu à peu ? Malgré l’heure avancée, ils n’ont pas voulu quitter le Seigneur ; ils ont pensé que le soir permettait de lui amener des malades. Songe au nombre de guérisons que les évangélistes laissent de côté ; ils ne les racontent pas toutes une à une, mais en une seule phrase ils nous font voir un océan infini de miracles.

Pour que la grandeur du prodige ne nous entraîne pas à l’incrédulité, pour qu’on ne soit pas troublé à la pensée d’une telle foule frappée de maux, si divers et guéris en un moment, l’évangile apporte le témoignage du prophète, aussi extraordinaire et aussi surprenant que les faits eux-mêmes :

« Ainsi devait s’accomplir l’oracle du prophète Isaïe : Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies » (53,4). Il ne dit pas : « Il a détruit », mais : « Il a pris » et « Il s’est chargé », marquant ainsi, à mon avis, que le prophète parle plus du péché que des maladies du corps, ce qui est conforme à la parole de Jean Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29).

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
Homélies sur saint Matthieu, 27,1

Saint Corneille le Centurion

Fête le 13 septembre

Le 13 septembre, l’Église orthodoxe commémore saint Corneille le Centurion.

Actes des Apôtres chapitre X versets 1 à 34

01 Il y avait à Césarée un homme du nom de Corneille, centurion de la cohorte appelée Italique.

02 C’était quelqu’un de grande piété qui craignait Dieu, lui et tous les gens de sa maison ; il faisait de larges aumônes au peuple juif et priait Dieu sans cesse.

03 Vers la neuvième heure du jour, il eut la vision très claire d’un ange de Dieu qui entrait chez lui et lui disait : “Corneille !”

04 Celui-ci le fixa du regard et, saisi de crainte, demanda : “Qu’y a-t-il, Seigneur ?” L’ange lui répondit : “Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu pour qu’il se souvienne de toi.

05 Et maintenant, envoie des hommes à Jaffa et fais venir un certain Simon surnommé Pierre :

06 il est logé chez un autre Simon qui travaille le cuir et dont la maison est au bord de la mer.”

07 Après le départ de l’ange qui lui avait parlé, il appela deux de ses domestiques et l’un des soldats attachés à son service, un homme de grande piété.

08 Leur ayant tout expliqué, il les envoya à Jaffa.

09 Le lendemain, tandis qu’ils étaient en route et s’approchaient de la ville, Pierre monta sur la terrasse de la maison, vers midi, pour prier.

10 Saisi par la faim, il voulut prendre quelque chose. Pendant qu’on lui préparait à manger, il tomba en extase.

11 Il contemplait le ciel ouvert et un objet qui descendait : on aurait dit une grande toile tenue aux quatre coins, et qui se posait sur la terre.

12 Il y avait dedans tous les quadrupèdes, tous les reptiles de la terre et tous les oiseaux du ciel.

13 Et une voix s’adressa à lui : “Debout, Pierre, offre-les en sacrifice, et mange !”

14 Pierre dit : “Certainement pas, Seigneur ! Je n’ai jamais pris d’aliment interdit et impur !”

15 À nouveau, pour la deuxième fois, la voix s’adressa à lui : “Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le déclare pas interdit.”

16 Cela se produisit par trois fois et, aussitôt après, l’objet fut emporté au ciel.

17 Comme Pierre était tout perplexe sur ce que pouvait signifier cette vision, voici que les envoyés de Corneille, s’étant renseignés sur la maison de Simon, survinrent à la porte.

18 Ils appelèrent pour demander : “Est-ce que Simon surnommé Pierre est logé ici ?”

19 Comme Pierre réfléchissait encore à sa vision, l’Esprit lui dit : “Voilà trois hommes qui te cherchent.

20 Eh bien, debout, descends, et pars avec eux sans hésiter, car c’est moi qui les ai envoyés.”

21 Pierre descendit trouver les hommes et leur dit : “Me voici, je suis celui que vous cherchez. Pour quelle raison êtes-vous là ?”

22 Ils répondirent : “Le centurion Corneille, un homme juste, qui craint Dieu, et à qui toute la nation juive rend un bon témoignage, a été averti par un ange saint de te faire venir chez lui et d’écouter tes paroles.”

23 Il les fit entrer et leur donna l’hospitalité. Le lendemain, il se mit en route avec eux ; quelques frères de Jaffa l’accompagnèrent.

24 Le jour suivant, il entra à Césarée. Corneille les attendait, et avait rassemblé sa famille et ses amis les plus proches.

25 Comme Pierre arrivait, Corneille vint à sa rencontre et, tombant à ses pieds, il se prosterna.

26 Mais Pierre le releva en disant : “Lève-toi. Je ne suis qu’un homme, moi aussi.”

27 Tout en conversant avec lui, il entra et il trouva beaucoup de gens réunis.

28 Il leur dit : “Vous savez qu’un Juif n’est pas autorisé à fréquenter un étranger ni à entrer en contact avec lui. Mais à moi, Dieu a montré qu’il ne fallait déclarer interdit ou impur aucun être humain.

29 C’est pourquoi, quand vous m’avez envoyé chercher, je suis venu sans réticence. J’aimerais donc savoir pour quelle raison vous m’avez envoyé chercher.”

30 Corneille dit alors : “Il y a maintenant quatre jours, j’étais en train de prier chez moi à la neuvième heure, au milieu de l’après-midi, quand un homme au vêtement éclatant se tint devant moi,

31 et me dit : ‘Corneille, ta prière a été exaucée, et Dieu s’est souvenu de tes aumônes.

32 Envoie donc quelqu’un à Jaffa pour convoquer Simon surnommé Pierre ; il est logé chez un autre Simon qui travaille le cuir et dont la maison est au bord de la mer.’

33 Je t’ai donc aussitôt envoyé chercher, et toi, en venant, tu as bien agi. Maintenant donc, nous sommes tous là devant Dieu pour écouter tout ce que le Seigneur t’a chargé de nous dire.”

34 Alors Pierre prit la parole et dit : “En vérité, je le comprends, Dieu est impartial :

35 il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes.

36 Telle est la parole qu’il a envoyée aux fils d’Israël, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ, lui qui est le Seigneur de tous.”

Dès lors, indique le Synaxaire du Mont Athos, Corneille s’attacha aux apôtres. Lorsqu’ils s’enfuirent de Jérusalem à la suite du meurtre de saint Étienne, pour se disperser dans toutes les parties du monde, Corneille se rendit en Phénicie, à Chypre, à Antioche et suivit les apôtres jusqu’à Éphèse. Il fut désigné par le sort pour aller évangéliser la ville de Sképsis, près de Troas dans l’Hellespont, qui était alors dirigée par un certain Dimitrios, philosophe méprisant la foi des chrétiens. Celui-ci convoqua Corneille et voulut le contraindre à sacrifier aux idoles, mais le centurion confessa vaillamment le Christ, sans crainte des menaces. Quelque temps après, il feignit d’accepter de sacrifier et fut emmené au temple des idoles. Mais à peine y était-il entré que, par sa prière, la terre trembla et l’édifice s’écroula, détruisant les statues et ensevelissant sous les décombres l’épouse de Dimitrios, Évanthia, et son fils Dimitrien. Lorsque Dimitrios apprit que sa femme et son fils avaient été miraculeusement préservés du séisme et que, de l’intérieur des ruines, ils invoquaient le seul vrai Dieu et son serviteur Corneille, il se précipita vers la prison où il avait fait enfermer le saint, lui demanda pardon et lui promit de croire au Christ, s’il revoyait vivants Évanthia et Dimitrien. Corneille les fit alors sortir des décombres et les baptisa, ainsi que Dimitrios et toute sa maison. Et, bientôt, tous les habitants de la ville suivirent leur exemple. Saint Corneille passa le reste de ses jours en paix et s’endormit dans le Seigneur à un âge avancé. Une plante poussa auprès de son tombeau, laquelle guérissait toutes les maladies. Lorsqu’on voulut transférer ses reliques dans l’église construite en son honneur à proximité, la châsse se déplaça d’elle-même et alla se poser auprès de l’autel.

Le Centurion : Homélie prononcée par le père Boris Bobrinskoÿ en 2002

Quatrième dimanche après la Pentecôte
Épître aux Romains VI, 18-23 ;
Évangile selon saint Matthieu VIII, 5-13

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Que de rencontres diverses dans l’Évangile ! Toutes sont uniques, et toutes nous concernent personnellement à un moment ou à un autre, d’une manière ou d’une autre.

Aujourd’hui, c’est la rencontre avec le centurion dont le serviteur est malade – peut-être près de mourir – et qui n’ose pas inviter le Seigneur dans sa maison. C’est la rencontre de la sainteté du Seigneur avec la justice des hommes, c’est la rencontre du Seigneur Tout-puissant et d’un homme bon. Cette sainteté du Seigneur est telle que l’homme est saisi d’un tremblement spirituel qui ne lui permet même pas d’ouvrir sa porte pour que le Seigneur entre dans sa maison. « Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. » Et pourtant, cet homme est venu vers le Seigneur avec cette supplique : « Il te suffit de dire une parole et mon serviteur sera guéri. » Et c’est peut-être même de son fils dont il parle parce qu’en grec le mot paidion signifie serviteur, esclave ou fils.

Pendant les années de son ministère, en Israël, en Galilée, en Samarie le Seigneur allait sans trêve et recevait parfois l’hospitalité, parfois non.

C’est le reflet de la multiplicité des états dans lesquels le Seigneur rencontre les âmes des hommes. La crainte révérencieuse du centurion n’est pas un cas unique et les évangiles nous rapportent comment certains hommes furent saisis de crainte et d’épouvante face au Seigneur. Lors du premier appel des disciples, par exemple, quand ceux-ci ont pêché une telle quantité de poissons que leur barque s’enfonce, l’effroi les saisit tous et Pierre, tombant à genoux, s’écrie : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » (1) C’est-à-dire, éloigne-toi, ne t’approche pas de moi, je ne peux pas le supporter, je n’ai pas la force de m’approcher de la sainteté qui porte en elle une telle puissance.

Nous avons tous connu, un jour ou l’autre, ce sentiment d’effroi, quand, tout simplement, nous ne pouvons pas supporter le poids de la présence du Seigneur, de Sa sainteté, de Sa miséricorde, de Son amour même parce que nous sommes tellement loin : « Éloigne-Toi de moi, Seigneur, au moins pour un moment, pour que je me retrouve, que je me reprenne moi-même. » Pour la même raison, on voit le Seigneur chassé du pays des Géraséniens , lorsqu’Il a guéri le possédé en faisant entrer les démons dans les porcs. (2)

Nous avons tous les cas de figure possibles, ils correspondent à toutes les sortes de situations comme aux différents moments de notre propre vie. Chacun d’entre nous a pu traverser ces moments de rejet de Dieu, de crainte de Dieu, ou de méfiance, comme Simon le Pharisien qui Le reçoit mais sans Lui laver les pieds… Ces contrastes reflètent notre propre existence : nous passons par des hauts et des bas, nous avons des moments de douceur et de joie, ou des moments de crainte, de honte, de misère, quand le sentiment de notre péché nous accable et nous fait dire : « Comment m’approcherai-je du tout-saint, du tout-autre, du Seigneur ? » Même si nous savons qu’Il n’est pas venu pour sauver les justes mais pour sauver les pécheurs et les amener à la repentance.

Puissions-nous garder cette parole du Centurion dans notre cœur, en particulier lorsque nous nous approchons de la sainte Communion. En effet, nous sommes indignes, bien sûr, et nous serons toujours indignes de recevoir le Saint, le Bon, la Lumière, l’Esprit Saint, la plénitude de la grâce divine dans la sainte Communion, de recevoir le Christ Lui-même pour qu’Il demeure en notre cœur. Nous sommes indignes de tout cela. Nous devons en être convaincus et en même temps continuer d’implorer la miséricorde du Seigneur, car le Seigneur Lui-même désire venir dans notre maison, entrer dans notre cœur et y demeurer. Dans l’Apocalypse, le Seigneur dit : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerais chez lui, je dînerais avec lui, et lui avec moi. » (3)

Puissions-nous donc nous éloigner de la simple terreur, et ressentir au contraire une crainte salutaire, fertile et féconde, qui nous amène aux pieds du Seigneur et nous enseigne à Le chercher, à Lui ouvrir notre cœur. Seul le Seigneur peut réellement ouvrir notre cœur, le libérer des liens qui l’enserrent et de toutes les serrures qui nous empêchent nous-mêmes d’apercevoir le fond de notre cœur, là où le Seigneur habite toujours puisque l’homme est créé à l’image de Dieu. Cette image de Dieu, qui est notre secret le plus intime, c’est le Christ Lui-même dans notre vie. Puissions-nous donc grandir, à travers ce sentiment d’indignité qui est celui du Centurion et dans lequel nous nous reconnaissons tous, aller de l’avant et chercher à nous approcher le plus possible du Seigneur, en Le trouvant également dans notre prochain, car c’est là aussi que nous devons Le rencontrer et L’accueillir !

Amen

Père Boris

(1) cf. Luc V, 8-11.
(2) cf. Luc VIII, 26-39.
(3) cf. Apocalypse III, 20

Commentaire de Saint Irénée de Lyon

« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham…au festin du Royaume des cieux »

« Voici venir des jours, oracle du Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle… Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur » (Jr 31,31s). Isaïe annonce que ces promesses doivent être un héritage pour l’appel des païens pour eux aussi le livre de la Nouvelle Alliance a été ouvert : « Voici ce que dit le Dieu d’Israël : ‘ En ce jour-là, l’homme regardera vers son créateur et tournera les yeux vers le Saint d’Israël. Ils ne mettront plus leur espérance dans des autels d’idoles ni dans des œuvres de leurs mains…’ » (17,7s). Il est bien évident que cela s’adresse à ceux qui abandonnent les idoles et croient en Dieu notre créateur grâce au Saint d’Israël, et le Saint d’Israël, c’est le Christ…

Dans le livre d’Isaïe, le Verbe lui-même dit qu’il devait se manifester parmi nous –- le Fils de Dieu, en effet, s’est fait fils d’homme -– et se laisser trouver par nous qui auparavant ne le connaissions pas : « Je me suis manifesté à ceux qui ne me cherchaient pas ; j’ai été trouvé par ceux qui ne me questionnaient pas ; j’ai dit : ‘ Me voici ‘ à un peuple qui n’avait pas invoqué mon nom » (65,1). Que ce peuple, dont parle Isaïe, doive être un peuple saint, cela a été annoncé dans les douze prophètes par Osée : « J’aimerai Non-Aimée et à Pas-mon-peuple je dirai : ‘ Tu es mon peuple ‘… et ils seront appelés ‘ fils du Dieu vivant ‘ » (Rm 9,25-26; Os 2,25; cf 1,9). C’est aussi le sens de ce qu’a dit Jean Baptiste : « Dieu peut, de ces pierres, faire surgir des fils à Abraham » (Mt 3,9). En effet, après avoir été arrachés par la foi au culte des pierres, nos cœurs voient Dieu et nous devenons fils d’Abraham, qui a été justifié par la foi.

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)
Démonstration de la prédication apostolique

Le Centurion : Extrait de l’Homélie XIX de Basile de Séleucie

« Beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident prendre place…dans le Royaume des cieux »

Dans l’Évangile j’ai vu le Seigneur accomplir des miracles et, rassuré par eux, j’affermis ma parole craintive. J’ai vu le centurion se jeter aux pieds du Seigneur ; j’ai vu les nations envoyer au Christ leurs premiers fruits.

La croix n’est pas encore dressée et déjà les païens se hâtent vers le maître. On n’a pas encore entendu : « Allez, enseignez toutes les nations » (Mt 28,19) et les nations accourent déjà. Leur course précède leur appel, elles brûlent du désir du Seigneur. La prédication n’a pas encore retenti et elles s’empressent vers celui qui prêche. Pierre…est encore enseigné et elles se rassemblent autour de celui qui l’enseigne ; la lumière de Paul n’a pas encore resplendi sous l’étendard du Christ et les nations viennent adorer le roi avec de l’encens (Mt 2,11).

Et maintenant voici qu’un centurion le prie et lui dit : « Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, paralysé, et il souffre beaucoup ». Voilà bien un nouveau miracle : le serviteur dont les membres sont paralysés conduit son maître au Seigneur ; la maladie de l’esclave rend la santé à son propriétaire. Cherchant la santé de son serviteur, il trouve le Seigneur, et tandis qu’il est en quête de la santé de son esclave, il devient la conquête du Christ.

Basile évêque de Séleucie (v431-v.468)
Homélie 19 sur le Centurion

Commentaire d’Origène

« Beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux »

« Je ne boirai plus du fruit de la vigne, dit le Christ, jusqu’au jour où je le boirai avec vous, nouveau, dans le Royaume de mon Père » (Mt 26,29). Si quelqu’un de vous écoute avec des oreilles purifiées, il peut entrevoir le mystère ineffable… : le Sauveur attend, pour boire du vin avec nous ; il nous attend pour se réjouir. Jusqu’où attendra-t-il ? Jusqu’à ce qu’il ait consommé son œuvre, jusqu’à ce que nous soyons tous soumis au Christ, et le Christ à son Père (1Co 15,28). Puisque tous, nous sommes membres de son Corps, on peut dire qu’en quelque manière il n’est pas soumis, tant que nous ne sommes pas soumis d’une soumission parfaite, tant que moi, dernier des pécheurs, je ne suis pas soumis. Mais quand il aura consommé son œuvre et amené toute créature à son achèvement parfait, alors on pourra dire qu’ « il est soumis » en ceux qu’il soumet à son Père, ceux en qui il a consommé l’œuvre que son Père lui avait confiée, pour que Dieu soit tout en toutes choses (1Co 15,28)…

Et les saints aussi, qui nous ont précédés, nous attendent, lents et paresseux que nous sommes ; leur joie n’est pas parfaite, aussi longtemps qu’il y a lieu de pleurer nos péchés. L’apôtre m’en est témoin, qui dit : « Dieu a voulu qu’ils n’arrivent pas à l’achèvement sans nous » (Hé 11,40). Vois donc : Abraham attend ! Isaac, Jacob et tous les prophètes nous attendent, pour posséder avec nous la béatitude parfaite… Si tu es saint, tu auras la joie en sortant de cette vie, mais cette joie ne sera pleine que quand il ne manquera plus aucun membre du Corps que nous devons former tous ensemble. Toi aussi, tu attendras les autres, comme tu es attendu. Or, si toi, qui n’es qu’un membre, tu ne peux pas avoir la joie parfaite quand un autre membre est absent, combien plus notre Seigneur et Sauveur, qui est à la fois l’auteur et la tête du Corps entier ? … Alors nous serons parvenus à cette maturité dont l’apôtre Paul dit : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20). Alors notre grand prêtre boira le vin nouveau dans le ciel nouveau, sur la terre nouvelle, dans l’homme nouveau, avec les hommes nouveaux, avec ceux qui chantent le cantique nouveau.

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Homélies sur le Lévitique, n°7 ; PG 12, 476s (trad. Bible chrétienne, I)

Commentaire d’Eusèbe de Césarée

« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place au festin du Royaume des cieux »

Nombreux sont les témoignages de l’Écriture montrant que les nations païennes n’ont pas reçu moins de grâces que le peuple juif. Si les juifs… participent à la bénédiction d’Abraham, l’ami de Dieu, parce qu’ils sont ses descendants, rappelons que Dieu s’était engagé à donner aux païens une bénédiction semblable non seulement à celle d’Abraham, mais encore à celles d’Isaac et de Jacob. Il a prédit explicitement, en effet, que toutes les nations seront bénies pareillement et il invite tous les peuples à une seule et même joie avec ces bienheureux amis de Dieu : « Nations, réjouissez-vous avec son peuple » (Dit 32,43) et encore : « Les princes des peuples se sont rassemblés avec le Dieu d’Abraham » (Ps 46,10).

Si Israël se glorifie du Royaume de Dieu, en disant qu’il est son héritage, les oracles divins lui montrent que Dieu régnera aussi sur les autres peuples : « Allez dire aux nations : Le Seigneur est roi » (Ps 95,10) et encore : « Dieu règne sur les païens » (Ps 46,9). Si les juifs ont été choisis pour être les prêtres de Dieu et pour lui rendre un culte…, la parole de Dieu a promis de communiquer aux nations le même ministère : « Rendez au Seigneur, famille des peuples, rendez au Seigneur la gloire et l’honneur. Présentez des offrandes, entrez dans ses parvis » (Ps 95,7-8).

Et si jadis, dans un premier temps, « le lot du Seigneur fut Jacob, son peuple, et sa part d’héritage Israël » (Dit 32,9 LXX), dans un deuxième temps, l’Écriture affirme que tous les peuples seront donnés en héritage au Seigneur, selon la parole du Père : « Demande-moi, et je te donnerai en héritage les nations » (Ps 2,8). La prophétie annonce encore qu’il « dominera » non seulement en Judée, mais « de la mer à la mer et jusqu’aux extrémités de la terre ; tous les pays le serviront et en lui seront bénies toutes les tribus de la terre » (Ps 71,8-11). C’est ainsi que le Dieu de l’univers « a fait connaître son salut devant toutes les nations » (Ps 97,2).

Eusèbe de Césarée (vers 265-340)
Démonstration évangélique, II, 3, 35
(trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 6, p. 197 ; cf SC 228)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Mathieu : Jésus guérit l’enfant d’un centurion romain

Jésus guérit l’enfant* d’un centurion romain

5 Comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion l’aborda et lui fit

6 cette prière : “Seigneur, mon serviteur est couché dans ma maison, paralysé, et il souffre cruellement.”

7 Il lui dit : “Je vais aller le guérir.”

8 Le centurion reprit : “Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit ; mais dites seulement un mot, et mon serviteur sera guéri.

9 Car moi qui suis sous des chefs, j’ai des soldats sous mes ordres, et je dis à l’un : “Va,” et il va ; et à un autre : “Viens,” et il vient ; et à mon serviteur : “Fais ceci,” et il le fait. ”

10 Ce qu’entendant, Jésus fut dans l’admiration, et il dit à ceux qui le suivaient : “Je vous le dis en vérité : dans Israël, chez personne je n’ai trouvé une si grande foi.

11 Or je vous le dis : beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident, et prendront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux,

12 tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et le grincement de dents.”

13 Et Jésus dit au centurion : “Va, et qu’il te soit fait selon ta foi!” Et à l’heure même le serviteur se trouva guéri.

* ou le serviteur : cf Homélie du père Boris de 2002.

Epître aux Romains : Libérés du péché, vous êtes devenus les esclaves de la justice

Chapitre VI verset 18 à 23

18 Vous avez été libérés du péché, vous êtes devenus les esclaves de la justice.
19 J’emploie ici un langage humain, adapté à votre faiblesse. Auparavant, vous aviez mis tout votre corps au service de l’impureté et du désordre, qui ne mènent qu’au désordre ; de la même manière, mettez-les à présent au service de la justice, qui mène à la sainteté.
20 Quand vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres par rapport aux exigences de la justice.
21 Qu’avez-vous récolté alors, à commettre des actes que vous regrettez maintenant ? En effet, ces actes mènent à la mort.
22 Mais maintenant que vous avez été libérés du péché et que vous êtes devenus les esclaves de Dieu, vous y récoltez la sainteté, et cela aboutit à la vie éternelle.
23 Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Top