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Saint Euthyme le Grand (377-473)

Le 20 janvier l’Église orthodoxe célèbre la mémoire de notre vénérable Père Euthyme le Grand.

Il naquit en 377 à Mélitène, en Petite Arménie. L’Église était alors troublée depuis quarante ans par l’hérésie et la persécution ariennes. Orphelin de père, il fut confié par sa mère à un évêque qui, discernant la faveur de Dieu sur l’enfant, le baptisa et le consacra lecteur de son église. Élevé au sein de la maison épiscopale dans la vertu, il apprit très tôt à accomplir, l’office divin et à prier. Il n fut ordonné prêtre dès l’âge de dix-neuf ans et nommé supérieur de tous les monastères du diocèse.

Il s’acquitta de cette charge pendant une dizaine d’années, puis voyant dans ces honneurs un obstacle à la vertu, il se rendit à Jérusalem, désirant d’imiter le Seigneur au désert. n s’établit un peu en dehors de la laure de Pharan, fondée plus d’un siècle plus tôt par saint Chariton, dans une cellule de solitaire où, libéré de tout autre souci que de plaire à Dieu par les prières et par les jeunes, il s’occupait à tresser des rameaux de palmier, afin de n’être à la charge de personne.

Il se lia alors avec son voisin Théoctiste d’une étroite amitié spirituelle. Comme les deux ascètes allaient chaque année passer tout le Carême dans le grand désert de Koutila, vers la mer Morte, ils furent un jour conduits par Dieu, jusqu’à une grotte admirable, située sur le flanc d’un précipice, qu’ils élurent aussitôt comme demeure et qu’ils transformèrent en église de Dieu par la vertu sanctifiante de leurs hymnes et de leurs prières. Après avoir passé quelque temps inconnus de tous et ne vivant que des herbes qui poussaient là, ils furent découverts par des bergers des environs. Dès lors les habitants du village le plus proche se firent un honneur de pourvoir à la subsistance de ces hommes de Dieu, et des moines de Pharan commencèrent à les visiter et à se joindre à eux en nombre croissant.

Comme Euthyme désirait rester libre de tout attachement, et le lieu étant trop exigu pour y mener la vie érémitique d’une laure, il fonda au pied de la falaise un coenobium dirige par Théoctiste. Quant à lui, il demeurait en solitaire toute la semaine dans la grotte transformée en oratoire et assurait la direction spirituelle et l’enseignement des frères, le samedi et le dimanche, quand tous se réunissaient pour la vigile et la Divine Liturgie.

Le vénérable Euthyme progressait ainsi sans cesse dans la conversation intime avec Dieu, et il acquit en retour le pouvoir d’accomplir des miracles.

En l’an 420, le chef d’une tribu de Bédouins, nomme Aspebet qui, lors de la persécution en Perse avait aidé des chrétiens à trouver refuge dans l’Empire, vint trouver le saint à la suite d’une vision et lui présenta son fils malade. Euthyme guérit l’enfant d’un signe de croix. Les barbares, émerveillés à la vue du miracle, se jetèrent alors à ses pieds en lui demandant de leur enseigner la doctrine qui donne à l’homme la victoire sur la mort et de les illuminer par le saint Baptême. Certains d’entre eux se joignirent aux disciples d’Euthyme, et leur chef, ayant reçu le nom de Pierre, se fit ardent missionnaire auprès des groupes de Bédouins essaimés en Palestine.
Cette guérison rendit le nom d’Euthyme célèbre dans tout le pays. Les malades accouraient de partout en foule, en troublant fort sa retraite, aussi décida-t-il de s’enfuir, malgré les instances de Théoctiste et des autres frères, vers le désert plus profond de Rouba, à l’emplacement de l’ancienne forteresse juive de Massada, en compagnie du seul Dométien, originaire lui aussi de Mélitène. Il passa ainsi quelques années dans divers endroits où ses miracles ayant attiré de nouveaux disciples, il fonda des monastères. Puis il retourna à proximité de saint Théoctiste et s’installa avec Dométien dans une grotte située sur une petite colline, au milieu d’une vaste plaine désertique.
Au bout de peu de temps, Pierre lui amena une foule de Sarrasins qui demandaient le baptême. Ces loups du désert ayant été transformés en troupeau spirituel du Christ, ils ne voulurent plus quitter le saint et installèrent leur campement permanent à proximité, campement qui devint par la suite un évêché avec Pierre pour pasteur.

Euthyme continuait à envoyer à Théoctiste ceux qui voulaient vivre sous sa direction, jusqu’au moment ou Dieu lui ordonna, dans une vision, de commencer à recevoir lui-même des disciples et de fonder une laure, organisée sur le modèle de Pharan. Les ermites y vivaient dans l’hesychia toute la semaine, non plus dans des grottes mais dans des cellules construites par Pierre et les Sarrasins, et se réunissaient pour la vigile dominicale autour de leur prêtre et père spirituel dans l’église consacrée, en 428, par l’archevêque saint Juvénal.
Lorsque saint Euthyme célébrait la Divine Liturgie un feu venu du ciel se déployait au-dessus de l’autel et les recouvrait, lui et son diacre Dométien, comme un voile. L’œil de l’intelligence illuminé par la grâce divine, il pouvait distinguer clairement ceux qui s’approchaient dignement de la sainte Communion et ceux qui, l’âme chargée de péchés, communiaient pour leur condamnation. Il discernait aussi les secrets des cœurs et prophétisait l’avenir.

Malgré la grande pauvreté de la laure, le saint se montrait hospitalier et généreux envers tous ceux qui s’y présentaient. Un jour, il fit, par sa prière, se remplir de pains le cellier vide, en quantité suffisante pour nourrir quatre cents pèlerins venus d’Arménie rendre visite à leur compatriote, et pendant trois mois la réserve ne désemplit pas. Aux nombreux miracles qu’il accomplissait, l’homme de Dieu joignait toujours un enseignement sur l’obéissance, sur la persévérance dans la condition où Dieu nous a placés et sur le repentir, si bien que la grâce qu’il déversait sur ses disciples et sur le peuple était toujours pour leur édification et leur progrès dans la vertu.
Modèle parfait de conduite évangélique et, dans les temps troublés qui s’écoulèrent entre le concile d’Éphèse (431) et le concile de Calcédoine (451), Euthyme fut pour les fidèles un critère sur de vérité et une colonne d’orthodoxie. Il envoya des disciples à l’un et l’autre des conciles, et ceux-ci y jouèrent un rôle notable.

À l’issue du concile de Chalcédoine, un imposteur, Théodose, réussit à s’emparer pendant vingt mois du trône de Jérusalem et à entraîner dans le parti monophysite une grande partie des moines de Palestine, pour qui la subtile terminologie théologique du concile était peu compréhensible. Euthyme et ses disciples restèrent seuls à soutenir la foi orthodoxe, malgré toutes les menaces et les accusations de nestorianisme qu’on leur lançait.

Comme saint Antoine jadis, l’éclat de la sainteté d’Euthyme était la preuve de la vérité de sa doctrine; aussi, peu à peu, les moines les plus éminents se rangèrent-ils derrière lui. L’impératrice Eudoxie, veuve de Théodose II, qui était établie en Palestine, s’était elle aussi laissée attirer par les opposants au concile. Mais frappée par les malheurs advenus à sa famille lors de la prise de Rome, elle réalisa son égarement et, cherchant à rentrer dans la communion de l’Église, elle envoya des émissaires auprès de saint Syméon le Stylite, près d’Antioche.
Celui-ci l’exhorta à revenir en hâte à l’Orthodoxie et lui fit dire : « Pourquoi chercher au loin à puiser l’eau, alors que tu as près de toi la source. Tu as l’homme de Dieu Euthyme, suis ses enseignements et tu seras sauvée ! » Eudoxie se fit alors construire une tour près de la laure et y recevait les instructions d’Euthyme, comme si elles sortaient de la bouche même de Dieu. Elle prit ensuite fermement la défense de la foi et couvrit la Palestine de généreuses donations : églises, monastères et hospices.

Chargé de jours mais animé de toute la ferveur que donne l’Esprit Saint, Euthyme guida vers le Royaume des cieux quantité de disciples, parmi lesquels on compte les plus grandes figures monastiques de l’époque : saints Sabas, Cyriaque, Gérasime, et nombre d’évêques.
Dieu lui accorda aussi de connaître à l’avance la date de sa mort, mais il n’en dit rien jusqu’au jour ou, selon sa coutume et malgré son grand âge, il devait partir passer le Carême au désert.

Pendant la vigile de saint Antoine, il réunit ses disciples et leur délivra son ultime enseignement : « Gardez toujours, comme principe et comme fin de toute bonne activité, la charité sincère, qui est le lien de la perfection (Col 3, 14). Toute vertu se fortifie par la charité et l’humilité, avec l’aide de l’expérience, du temps et de la grâce. Mais la charité l’emporte sur l’humilité, car c’est par charité que le Verbe de Dieu s’est humilié en se faisant pareil à nous. » Il leur recommanda aussi de rendre grâce a Dieu en tout temps pour les avoir retires de la confusion du monde et les avoir places dans cette condition sainte, à l’imitation des anges.

Puis il leur fit élire son successeur, leur annonça la mort prochaine de Dométien et la transformation de la laure en coenobium (482). Il leur indiqua l’endroit où devaient être construits l’église et les bâtiments, les exhorta à ne pas négliger l’hospitalité, à consoler et stimuler les frères éprouvés par les tentations et à accomplir avec dévotion tous les services divins.

Après être demeure pendant trois jours seul dans le sanctuaire, il s’endormit en paix, le 20 janvier 473, le visage serein et tout blanc, plus angélique que terrestre. Il fut suivi, sept jours plus tard, par Dométien, son fidèle disciple depuis cinquante ans, qui avait fait le vœu de quitter cette vie une semaine après son Ancien. Une foule immense de moines, de clercs et de laïcs se rassembla pour les funérailles de ce Père du Désert. Des miracles s’accomplirent alors en grand nombre et continuèrent longtemps de s’accomplir sur son tombeau, creusé à l’emplacement de sa grotte. Toute l’Église commença aussitôt à vénérer saint Euthyme comme un de ses Pères parmi les plus éminents, car, ayant mené toute sa vie dans la solitude, il n’avait néanmoins jamais cessé d’être le soutien de la foi, le missionnaire, le législateur de la vie communautaire et l’économe de la grâce de Dieu.

Source : Synaxaire du Miéromoine Macaire à saint Simonos-Pétra

Homélie prononcée par Père Panagiotis en l’église Sainte-Catherine de Port-de-Bouc

Le Jeune homme riche

Mes chers frères,

Le texte de l’Évangile d’aujourd’hui est intitulé “Le jeune homme riche”

Un jeune homme, nous dit Mathieu, s’approcha de Jésus et lui demanda “Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ?”

Au départ il est plein de mérite et montre de l’intérêt pour les choses spirituelles. Il se soucie de son avenir. Il ne ressemble en rien aux jeunes gens de son âge qui ne pensent qu’aux distractions, aux joies éphémères et à la débauche. Et lorsqu’il apprend de la bouche du Maître la réponse selon laquelle pour entrer dans la vie éternelle il n’a rien d’autre à faire qu’à observer les commandements, très vite, avec anxiété, mais bien disposé à la connaître, il demande : “Quels sont ces commandements ?” Et jésus lui répond : Tu ne tueras point ; tu ne commettras point d’adultère ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; honore ton père et ta mère ; et tu aimeras ton prochain comme toi-même.”

Tous ces commandements et même le dernier qui est admirable et si difficile à pratiquer, le jeune homme a la sensation qu’il les observe tous, avec foi et justesse.

Il répond au maître divin que ces commandements-là il les observe tous depuis sa plus tendre enfance. Mais il comprend qu’il lui manque encore quelque chose qui lui échappe. Il demande donc à Jésus : “Que me manque-t-il encore ?” et Jésus lui dit “Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.” Il s’adresse au jeune homme non pas comme il s’adresserait à un homme quelconque mais comme à quelqu’un qui désire accéder aux plus hautes vertus et exceller dans la piété.

Mais après avoir entendu ces paroles, le visage du jeune homme s’assombrit et il s’en va tout triste car il avait de grands biens et une grande fortune.

Ce que lui demandait le Christ était infaisable pour lui, c’est pourquoi il considéra qu’il était inutile de poursuivre la discussion.

Jésus dit à ses disciples : “Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.”

Parole redoutable, qui déconcerta et bouleversa les disciples. Alors spontanément les disciples dirent : “Qui peut donc être sauvé ?”

Soyez attentifs mes frères, à cette question, ce doute des disciples. À première vue elle n’est pas justifiée puisque le Christ leur a dit qu’il était difficile aux riches d’être sauvés or les riches sont peu nombreux ; ce sont les pauvres qui existent en plus grand nombre.

Ces riches ce ne sont pas seulement ceux qui ont beaucoup d’argent, de beaux vêtements, des voitures etc. Il existe toutes sortes de richesses. Par exemple la santé constitue une richesse, il y a la richesse intellectuelle, la beauté physique, et les capacités et les aptitudes de chacun sont autant de richesses. Toutes ces choses font que ceux qui les possèdent, leur accordent une grande importance et ce faisant, risquent d’en devenir esclaves et d’en oublier les choses précieuses et impérissables concernant l’éternité.

C’est ainsi mes chers frères, que nous entrons tous dans la catégorie des riches dont parle le Seigneur. Chacun de nous a en lui quelque chose qu’il apprécie particulièrement et qui l’attire vers le monde terrestre. Chacun d’entre nous, peut très bien faire partie des riches qui entreront difficilement dans le Royaume de Dieu, car ils sont liés, attachés aux bien terrestres.

Mais le Christ a donné aussi une autre réponse aux disciples, pour ce qui concerne l’entrée au Royaume des Cieux ; une réponse plus agréable et consolatrice qui est la suivante :

“Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible”.

La nature humaine, chers chrétiens, a tendance à s’attacher aux choses périssables et terrestres. Mais la grâce est si forte, et si merveilleuse, qu’elle arrive à en vaincre la faiblesse.

C’est cette grâce qui permet à chacun de se libérer de son attachement aux choses terrestres. Mais la grâce de Dieu est si forte, et si merveilleuse, qu’elle arrive à en vaincre la faiblesse.

C’est cette grâce qui permet à chacun de se libérer de son attachement aux choses terrestres, et de chercher à conquérir les désirs célestes de tout son cœur et de toute son âme.

Il suffit de demander à Dieu de nous accorder sa grâce, son aide et son soutien.

Le meilleur et unique enseignement que nous retiendrons de l’Évangile d’aujourd’hui, c’est le fait que nous ne pouvons nous sauver nous-mêmes, sanas la grâce de Dieu.

Si le jeune homme de l’Évangile, que nous avons entendu aujourd’hui, avait demandé l’aide du Christ, au lieu de s’en aller, son espérance et son désir de gagner la vie éternelle auraient été entendus.

Alors aurait eu lieu le miracle, qui aurait permis à un autre riche d’entrer dans la vie éternelle comme tant d’autres y sont rentrés et y rentreront après lui.

“Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu”

Amen

Homélie prononcée à la Crypte par Père Boris le 23 janvier 2005

Suivre le Christ
Première épître aux Corinthiens XV, 1-11
Évangile selon saint Mathieu XIX, 16-26.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Amen.

Père Boris BobrinskoyNous venons d’assister à une discussion comme si nous étions – je dis bien comme si nous étions – dans la foule qui entourait le Seigneur. Selon certains évangélistes, il y a là un notable, c’est-à-dire un nanti, qui jouit d’une position sociale flatteuse, qui est respecté et qui fait le bien autour de lui, ce peut être aussi, comme le rapporte un autre évangéliste, un jeune homme riche et non pas un notable. Il est d’ailleurs possible qu’à maintes reprises, ait été posée la même question au Seigneur par ceux qui, subjugués, interloqués ou scandalisés, venaient vers Lui pour recevoir ou affronter Sa parole : “Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? En définitive, que faut-il faire ?”

Tout d’abord, Jésus répond d’une façon toute simple très compréhensible par son auditoire : “Que faut-il faire ! Eh bien ! Commence déjà par ne pas m’appeler “bon”.” Comme si le Seigneur n’était pas bon… en effet s’il reprend son interlocuteur c’est que ce dernier ne donne pas le sens véritable à cette parole puisqu’il ignore que Jésus est Dieu. “Seul Dieu peut être appelé “bon”, alors pourquoi m’appelles-tu “bon”? Commence donc par ne pas employer d’adjectif flatteur qui ne correspond peut-être pas à ce que tu as dans ton propre cœur !”

Jésus poursuit : “Tu connais les commandements”. Bien sûr qu’il les connaît puisqu’il les entend tous les samedis dans la synagogue “Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne tueras pas, tu ne déroberas point, tu ne diras pas de faux témoignages, honore ton père et ta mère.”. Ceci est la lettre du commandement. Mais déjà, bien avant, Jésus avait dévoilé l’esprit de ces commandements lorsque ce sont des commandements négatifs du type “tu ne feras pas ceci, tu ne feras pas cela” car il faut réfléchir au-delà de la lettre. Jésus approfondit le sens de ces commandements et nous rappelle “Vous avez entendu ce qui a été dit aux anciens “Tu ne tueras pas, celui qui tuera mérite d’être puni”, mais moi je vous dis : quiconque se met en colère contre son frère mérite lui aussi d’être puni ou bien “Tu ne commettras point d’adultère”, mais moi je vous dis : quiconque regarde une femme pour la convoiter alors, dans son imagination, il a déjà commis l’adultère avec elle. (1)”

Par conséquent, qui de nous peut être considéré comme ayant réellement suivi les commandements de la Loi ? Mais en admettant – chose impossible – que nous ayons accompli les commandements de la Loi, non seulement selon la lettre mais dans l’esprit, pour autant l’interlocuteur n’est pas satisfait ni Jésus non plus.

“Que me manque-t-il ?” dit-il. Et aujourd’hui, Jésus répond : “Une chose te manque encore – Quoi donc ? – Si tu veux être parfait… ” Eh bien ! ici nous sommes troublés par cette parole qui a été bien souvent, à travers les deux mille ans de chrétienté, entendue, comprise et suivie à la lettre : “Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, tu auras un trésor dans les cieux puis viens et suis moi”.(2)

Remarquez quel contraste infini, quel abîme existe entre d’une part l’accomplissement de tous ces commandements négatifs (ne fais pas ceci, ne fais pas cela) et d’autre part l’appel à suivre le Seigneur à condition de vendre et de donner tout ce que l’on a. Pour nous autres qui sommes immergés dans le monde et ses besoins, dans les richesses ou l’absence de richesse, dans la nostalgie du meilleur et du confort, comment comprendre cette parole du Seigneur ? Comment vivre sans être déchirés intérieurement ? – il est d’ailleurs bien d’être déchiré intérieurement – Comment vivre ce décalage entre, d’une part, l’accomplissement de ces commandements qui relèvent du domaine de la moralité “ne fais pas ceci, mais fais cela” et, d’autre part, l’appel à suivre le Seigneur qui révèle une réalité fondamentale en nous invitant à découvrir une relation personnelle avec le Seigneur : “Suis moi !”

“Suis moi !” Et ce contraste traduit le dépassement de la Loi. Comme le dira saint Paul auquel nous allons bientôt nous référer, c’est le dépassement de la Loi par la grâce. La Loi ne libère pas, la Loi est une contrainte, un fardeau et une nécessité à laquelle nous devons obéir. Mais, ayant obéi à la Loi, il nous manque encore quelque chose, nous sommes encore loin de la réalité fondamentale à savoir une relation vivante avec le Seigneur et nous devons découvrir cette relation.

Lorsque la foule entourait Jésus, elle ne pouvait manquer d’être impressionnée par l’énergie, la beauté, la splendeur de Son visage et de toute de Sa personne. Elle ne pouvait manquer de sentir la force qui émanait du Seigneur Lui-même, soit par les miracles, soit par la puissance même de Sa parole qui pouvait atteindre jusqu’au fond du cœur. Et quand cette parole du Seigneur atteignait au fond du cœur alors quelque chose pouvait véritablement se passer et l’on pouvait commencer à comprendre que, finalement, l’accomplissement de la Loi, même si l’on s’y efforce de son mieux, n’est pas tout et n’est peut-être même pas l’essentiel.

L’essentiel est beaucoup plus loin.

À cet égard, je voudrais attirer votre attention sur l’extrait de la splendide épître que le saint apôtre Paul adressait aux chrétiens de Colosse en Asie Mineure. Dans cette lettre aux Colossiens que nous venons d’entendre, saint Paul nous enseigne et nous apprend à quoi correspond et ce que signifie véritablement “suivre le Seigneur”, dans toutes les circonstances et toutes les conditions de notre existence :

Ainsi donc comme des élus de Dieu… ici chaque terme pèse. Comme des élus de Dieu : nous sommes en effet des élus de Dieu ; chacun de nous a été choisi par Lui, je peux le dire, de toute éternité, et le Seigneur connaît le nom de chacun de nous depuis toujours et pour toujours.

Comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés : avec quelle tendresse saint Paul parle ici.

Revêtez-vous d’entrailles de miséricorde : C’est une image empruntée aux Prophètes et aux Psaumes de l’Ancien Testament : c’est ce qu’on appelle un anthropomorphisme, les entrailles de miséricorde signifient que lorsque nous aimons quelqu’un, nous ne l’aimons pas seulement avec l’intelligence ou le cœur, mais aussi avec nos entrailles, avec les profondeurs de notre être, avec tout notre subconscient, avec tout notre élan intérieur, brûlant d’ardeur, qui siège dans ces entrailles de miséricorde.

Revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres : – car ce n’est pas facile de nous supporter les uns les autres – et si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement : et avant même de pardonner, commençons donc par demander pardon aussi.

De même que le Christ nous a pardonnés, pardonnez vous aussi, mais par-dessus toutes ces choses, revêtez vous de l’amour (de la charité) qui est le lien, – le lien, c’est-à-dire le sommet – de la perfection : En cette charité se rassemblent toutes les autres vertus, toutes celles dont saint Paul et les évangiles nous parlent, tout cela trouve son sommet, sa synthèse (3), on peut le dire, son unité dans la charité, dans l’amour. Pourquoi ? Parce que Dieu est Amour. Et lorsque l’on dit que Dieu est Amour, on discerne dans l’amour de Dieu toute cette plénitude des temps que Dieu nous donne.

Et que la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps règne dans vos cœurs et soyez reconnaissants. La paix du Christ : on peut bien sûr rappeler ici cette parole de Saint Séraphin de Sarov qui disait “Acquiers un esprit de paix – l’Esprit Saint par conséquent – et des milliers trouveront le salut autour de toi.” Celui dans le cœur duquel la paix règne devient comme un aimant, comme une lumière, comme un feu, comme un arôme aussi, comme un lieu de beauté qui séduit, attire, unifie et apaise, parce que la paix se transmet comme le feu de l’Esprit dans un embrasement de nos cœurs.

Et saint Paul poursuit et il n’est pas inutile que nous puissions relire ensemble cette exhortation : Que la parole du Christ habite parmi vous abondamment. La parole du Christ habite en nous comme une semence, comme une graine qui pénètre dans nos cœurs, qui meurt dans nos cœurs et qui revit comme notre propre parole. Il y a ici une osmose entre la parole du Christ et notre propre intelligence qui descend dans le cœur.

Instruisez vous, exhortez vous les uns des autres en toute sagesse par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la Grâce. Pour chanter dans nos cœurs il faut déjà être drapes dans la joie, dans cette exultation spirituelle que l’Esprit Saint nous prodigue. Alors on a envie de chanter, de courir, de rire, et c’est cela cette joie nouvelle que le Seigneur nous confère dans l’Esprit Saint.

Et dans sa conclusion, saint Paul nous ramène à l’entretien de l’Évangile d’aujourd’hui : Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au Nom du Seigneur Jésus, en rendant par Lui des actions de grâces à Dieu le Père.

Faites tout au Nom de Jésus, rappelons ici que parler du Nom de Jésus c’est parler du Seigneur Lui-même. Par conséquent, en tout agissez au Nom de Jésus, en vous tournant vers Lui, en vous adressant à Lui et en recevant de Lui toute la plénitude de la grâce dont nous avons besoin pour vivre.

Et ainsi, dans l’existence même de chacun de nous, se dévoile le sens de cette parole “une chose te manque encore, vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et viens et suis Moi.” C’est dans notre existence, c’est dans la vie de chacun de nous que nous devons découvrir ce que peut signifier ce “vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres”. Il s’agit de toujours offrir cette place au pauvre dans lequel nous découvrons le visage du Christ. C’est en particulier dans le plus petit, dans le plus délaissé, dans le plus abandonné, que nous découvrons le visage du Christ et, alors, donner c’est exactement donner au Seigneur Lui-même. Et alors nous découvrons que notre vie tout entière est tracée par ce “suivre le Christ” car “suivre le Christ” donne un sens à notre vie et nous entraîne vers le Père.

Amen.

Père Boris

Notes
(1) Évangile selon saint Matthieu V, 22-28.
(2) Évangile selon saint Matthieu XIX, 21.
(3) Remarquons que le mot grec employé ici par saint Paul pour lien est syndesmos.

Homélie de Saint Clément d’Alexandrie Quel riche peut être sauvé ?

Ce jeune homme sent bien que si rien ne manque à sa vertu, la vie lui fait encore défaut. C’est pourquoi il vient la demander à celui-là seul qui peut l’accorder. Il est sûr d’être en règle avec la Loi ; cependant il implore le Fils de Dieu. D’une foi il passe à une autre foi. Les amarres de la Loi le défendaient mal du roulis ; inquiet, il quitte ce mouillage dangereux et vient jeter l’ancre au port du Sauveur.

Jésus ne lui reproche pas d’avoir manqué à quelque article de la Loi, mais il se met à l’aimer (Mc 10,21), ému par cette application de bon élève. Toutefois il le déclare encore imparfait… : il est bon ouvrier de la Loi, mais paresseux pour la vie éternelle. C’est déjà bien, sans aucun doute ; « la sainte Loi » est comme un pédagogue (Rm 7,12; Ga 3,24) qui instruit par la crainte et achemine vers les commandements sublimes de Jésus et vers sa grâce. « Jésus est la plénitude de la Loi pour justifier tous ceux qui croient en lui » (Rm 10,4). Il n’est pas un esclave fabriquant d’esclaves, mais il donne la qualité de fils, frères, cohéritiers, à tous ceux qui accomplissent la volonté du Père (Rm 8,17; Mt 12,50)…

Ce mot « si tu veux » montre admirablement la liberté du jeune homme ; il ne tient qu’à lui de choisir, il est maître de sa décision. Mais c’est Dieu qui donne, parce qu’il est le Seigneur. Il donne à tous ceux qui désirent et y emploient toute leur ardeur et prient, afin que le salut soit leur propre choix. Ennemi de la violence, Dieu ne contraint personne, mais il tend la grâce à ceux qui la cherchent, l’offre à ceux qui la demandent, ouvre à ceux qui frappent (Mt 7,7).

Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215),
8-9 ; PG 9,603 (trad. coll. Ichtus, t. 6, p. 29 rev.)

Commentaire patristique par saint Chromace d’Aquilée – Le Sermon sur la Montagne

“Après la loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ” (Jn 1,17)

Il est bien que la nouvelle loi soit proclamée sur une montagne puisque la loi de Moïse a été donnée sur une montagne. L’une consiste en dix commandements destinés à former les hommes en vue de la conduite de la vie présente, l’autre en huit béatitudes, car elle conduit ceux qui la suivent à la vie éternelle et à la patrie céleste.

“Bienheureux les doux car ils posséderont la terre.” Il faut donc être des doux, paisibles d’âme et sincères de cœur ; le Seigneur montre clairement que leur mérite n’est pas petit, en disant : “Ils posséderont la terre”. Il s’agit sans aucun doute de cette terre dont il est écrit : “Je suis sûr, je verrai la bonté du Seigneur sur la terre des vivants” (Ps 26,13).

L’héritage de cette terre-là, c’est l’immortalité du corps et la gloire de la résurrection éternelle. Car la douceur ignore l’orgueil, elle ne connaît pas la vantardise, elle ne connaît pas l’ambition. Aussi, ce n’est pas sans raison que le Seigneur exhorte ailleurs ses disciples en disant : “Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos pour vos âmes” (Mt 11,29).

“Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.” Non pas ceux qui pleurent la perte de ce qui leur est cher, mais qui pleurent leurs péchés, qui se lavent de leurs fautes par des larmes, et sans doute ceux qui pleurent l’iniquité de ce monde, ou déplorent les fautes des autres.

Chromace évêque d’Aquilée (†407)
Sermon 39 CCL 9A, 169-170
Sur saint Chromace d’Aquilée : retrouver l’audience de Benoît XVI pape de Rome en 2007

Évangile des Béatitudes pour la fête de saint Euthyme

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc
Chapitre versets 17 à 23 (Mt 5, 1-12)
Les Béatitudes

17 Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon,

18 Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé.

19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.

20 Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : “Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.

21 “Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. »

22 “Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme.”

23 “Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.”

Épître pour la fête de saint Euthyme

Lettre aux Hébreux – Vos Pasteurs veillent sur vos âmes

Chapitre XIII versets 17 à 21

Épître de la Saint Nicolas

17 Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui vous ne serait d’aucun avantage.

18 Priez pour nous ; car nous croyons avoir une bonne conscience, voulant en toutes choses nous bien conduire.

19 C’est avec instance que je vous demande de le faire, afin que je vous sois rendu plus tôt.

20 Que le Dieu de paix, qui a ramené (1) d’entre les morts le grand Berger des brebis (2), par le sang d’une alliance éternelle (1), notre Seigneur Jésus,

21 vous rende capables de toute bonne œuvre pour l’accomplissement de sa volonté, et fasse en vous ce qui lui est agréable, par Jésus Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen

(1) cf. Is 55,3 ; 63,11 ; Ez 37,26 ; Zach 9,11.

(2) voir Jn 10,11-18

Évangile du 34e Dimanche après la Pentecôte : Viens et suis-moi !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc – Évangile du jeune homme riche
Viens et suis-moi !

Chapitre XVIII versets 18 à 27 (Mt 19,16-22 ; Mc 10,13-16 )

18 Un chef (1) l’interrogea en disant : “Bon maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?”

19 Jésus lui dit : “Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon que Dieu seul.

20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d’adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère”. (2)

21 “Tout cela, dit-il, je l’ai observé depuis ma jeunesse.”

22 Entendant cela, (3) Jésus lui dit : “Une chose encore te fait défaut : Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi.”

23 Mais lui, entendant cela, devint tout triste, car il avait de grands biens.

24 En le voyant, Jésus dit : “Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu !

25 Oui, il est plus facile à un chameau (4) de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu !”

26 Ceux qui entendaient dirent : “Et qui peut être sauvé ?”

27 Il dit : “Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu.”.

Notes
(1) Mt dit : « un jeune homme”, Marc : “quelqu’un”
(2) Ex 20,12-16 ; Dt 5,16-20
(3) Mc ajoute : “Jésus en le regardant se prit à l’aimer.”
(4) Le chameau est “le plus gros animal connu des juifs palestiniens.» (Osty).

Épître du 34e Dimanche après la Pentecôte

Lettre de l’apôtre Paul aux Colossiens – Que la Parole du Christ fasse sa demeure en vous

Chapitre III versets 12 à 16

12 Revêtez donc, vous les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, des sentiments de tendre compassion (1) , de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience ;

13 supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l’un a contre l’autre quelque sujet de plainte ; le Seigneur vous a pardonné, faites de même à votre tour.

14 Et puis, par-dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection.

15 Avec cela, que la paix du Christ règne dans vos coeurs : tel est bien le terme de l’appel qui vous a rassemblés en un même Corps. Enfin vivez dans l’action de grâces !

16 Que la Parole du Christ fasse sa demeure en vous abondamment : instruisez-vous en toute sagesse par des admonitions réciproques. Chantez à Dieu de tout votre coeur avec reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés.

(1) Littéralement : des entrailles de compasion.

Saint Jacques, évêque de Nisibe

Le 13 janvier l’Église orthodoxe célèbre la Mémoire de notre vénérable Père Jacques, évêque de Nisibe.

Saint Jacques embrassa d’abord la vie solitaire dans les montagnes proches de Nisibe (Perse). Il ne se nourrissait que de ce que la terre produisait, sans faire usage du feu ou de vêtements de laine. Sa seule activité était de purifier sans relâche son âme, afin de laisser le Saint-Esprit resplendir en elle et aussi dans son corps. La grâce habitait en effet en lui avec une telle abondance qu’il accomplissait de nombreux miracles pour le soutien des fidèles, et le châtiment des méchants et des idolâtres. Devenu ainsi fort célèbre, il fut choisi comme premier évêque de Nisibe (308), mais il ne changea en rien sa manière de vivre en passant du désert au tumulte de la ville. À son ascèse habituelle, il ajoutait la sollicitude pour les pauvres, pour les veuves et les orphelins, et la défense des opprimés. Lorsque saint Constantin le Grand réunit le saint et grand Concile Œcuménique de Nicée, il siégea parmi les saints Pères et s’illustra grandement dans la défense de l’orthodoxie. À son retour à Nisibe, il fonda une école exégétique, bientôt rendue célèbre par l’enseignement de saint Ephrem.

Quand Sapor, le roi des Perses, assiégea la ville avec son armée (338), saint Jacques encouragea le peuple a la défense, fit redresser en une seule nuit la muraille renversée par une inondation et, au moment de l’assaut décisif, Dieu envoya, a sa prière, une nuée immense de moustiques qui semèrent la panique parmi les hommes et leurs montures, et mirent en déroute l’armée perse. La paix revenue, saint Jacques continua de gouverner son Église, en s’avançant jour après jour dans la contemplation de Dieu, et c’est comblé de gloire qu’il passa dans la demeure des bienheureux.

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