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Homélie prononcée par Père Élisée le 14 mai 2006 à la crypte

Dimanche du Paralytique
IVe dimanche après Pâques.
Actes des Apôtres IX, 32-42
Évangile selon saint Jean V, 1-15

Chers frères et sœurs, Le Christ est ressuscité ! En vérité Il est ressuscité !

Le passage de l’Évangile que nous venons d’entendre s’accorde parfaitement avec le temps pascal que nous sommes en train de vivre ; outre les résonances baptismales qui y sont clairement évoquées nous assistons là à un évènement purement “résurrectionnel”.
Commentant cette péricope, saint Jean Chrysostome nous parle de la guérison liée au baptême en ces termes : « Qu’est-ce que ce mode de guérison ? Il y a là un mystère : on nous décrit comme en figure les choses de l’avenir. Le baptême, qui devait être donné plus tard, ce baptême qui lave toutes les souillures et fait revivre les morts, est évoqué par l’image de la piscine. Dieu a donné d’abord l’eau, qui lave les souillures du corps ; et dans l’ancienne Loi beaucoup de purifications se faisaient par l’eau. Pour nous faire approcher davantage du baptême, l’eau ici lave même les maladies ; et c’est un ange qui descend mettre l’eau en mouvement et lui donne la vertu de guérir, pour faire comprendre que le Seigneur des Anges pourra mieux encore guérir les maladies de l’âme. Car ce n’est pas par une vertu naturelle que cette eau guérissait ; mais elle guérissait par l’intervention de l’ange.

De même pour nous dans le baptême : l’eau enlève les péchés après qu’elle a reçu la grâce de l’Esprit. Une multitude d’infirmes gisaient là ; mais leur infirmité même les empêchait d’entrer dans l’eau pour être guéris. À présent, chacun peut approcher et nous ne pouvons plus dire ‘un autre descend avant moi’ ; car même si le monde entier venait, la grâce ne serait pas épuisée. »
Le Christ aurait pu ne pas aller à Béthesda car en ce lieu la religion était souvent mêlée de magie et l’on y vénérait autant Yahvé que le dieu grec de la guérison. Or Jésus a tenu justement à témoigner de la miséricorde de Dieu au bord de cette piscine où les malheureux, pour garder espoir, se contentaient d’un amalgame de croyances et de superstitions.

Une fois encore, c’est Jésus qui prend l’initiative de la rencontre ; non seulement l’homme ne demandait rien, mais il s’en retournera guéri sans même – dans un premier temps – avoir su le nom de son guérisseur. «

Veux-tu être guéri ? » demande le Christ ; et, comme c’est souvent le cas dans l’Évangile de saint Jean, l’homme se méprend d’abord sur ces paroles. Pour lui, “être guéri” supposerait une triple chance : D’abord que l’eau bouillonne, puis, qu’il soit présent à ce moment là et enfin qu’il trouve quelqu’un pour le plonger dans l’eau. « Guérir n’est pas pour moi » pense l’homme, et pourtant il revient depuis des années sans se résigner, sans se décourager, sans renoncer à l’espérance.

Le “Veux-tu être guéri” nous est aussi adressé par le Christ ; et nous devons comprendre par là « Veux-tu que je te guérisse, tout de suite et chaque jour ? ». Si le Christ nous guérit alors ce n’est plus une question de chance, mais c’est une question de foi, et il nous suffit d’obéir aux trois ordres donnés : “Lève-toi ! “, “Prends ton grabat ! ” et “Marche !”.

« Lève-toi ! » nous dit le Seigneur… Alors qu’il serait si facile d’entrer dans la tentation de se faire porter par nos semblables, d’imposer aux autres le poids de nos misères et de notre inertie ! Ne succombons pas à la facilité de nous installer dans nos paralysies spirituelles ! C’est pour nous tout un programme de vie : il nous faut quitter le grabat, signe de la paralysie, de l’impuissance et de la dépendance, pour accepter de vivre debout, vulnérables, certes, mais restaurés dans notre autonomie et notre dignité d’êtres libres.

« Prendre son grabat » c’est avoir la certitude de sa guérison. Tout comme le paralytique nous n’aurons plus à revenir auprès de la piscine, nous n’aurons plus à en vouloir à notre prochain de n’avoir pas été là au bon moment. Renonçons à nous faire porter, ne laissons aucune trace de notre infirmité dans notre entourage !

Et donc « marchons ! »

Mettons en œuvre la nouvelle liberté, la nouvelle santé spirituelle que le Christ nous donne. Marchons et témoignons que Dieu opère des miracles dans notre quotidien – même le jour du Sabbat ! – Lui qui non seulement nous donne la vie mais nous accueille dans la Vie Éternelle.
L’infirmité et le grabat du paralytique nous évoquent bien évidemment la Croix et le Tombeau du Christ, en tant que lieu ou objet de souffrance et d’immobilité, mais ils sont garants d’une nouvelle vie, ils sont garants de la Résurrection.

N’ayons donc pas peur quand surviendront toutes ces petites morts physiques et spirituelles qui font immanquablement partie de notre condition humaine ! Pour autant que notre cœur soit tout écoute à Dieu, elles ne seront que tremplins et occasions de rencontre avec le Seigneur, nous préparant ainsi d’ores et déjà à la communion plénière avec Lui dans un face à face éternel.

Pour être guéris par le Christ sur la route de notre propre Exode ; pour être des témoins vivants de Sa résurrection ; il nous suffit de faire, avec la force qu’Il donne à ceux qui la Lui demandent, ces trois choses toutes simples que nous avons trop tendance à croire impossibles : Nous lever à Son appel, Emporter, une bonne fois pour toutes, les tristesses de notre passé, Marcher avec la certitude d’être aimés par Celui qui s’est fait homme pour nous sauver !

Amen !
Père Élisée

Homélie prononcée à la Crypte par le Père René le 2 mai 1999

Le Paralytique de Béthesda
Quatrième dimanche après Pâques
Livre des Actes IX, 32-42
Évangile selon saint Jean V, 1-15

Le Christ est ressuscité !

Voici un Évangile dramatique.

À la suite d’un miracle accompli par Jésus, s’élève entre Lui et Ses interlocuteurs un mur d’incompréhension et de haine.
Même le miraculé guéri ne paraît manifester de reconnaissance et semble rejoindre le camp des opposants. Saint Jean conclut : « On cherchait à faire mourir Jésus parce qu’Il faisait ces choses le jour du sabbat. »

Pour nous, Chrétiens du vingtième siècle, cela paraît incompréhensible. Jésus a guéri le paralytique en disant : « Lève-toi, prends ton lit et marche. » La Parole de Jésus a sauvé l’homme de trente-huit ans d’infirmité. D’une parole, Jésus a rendu au paralysé « l’être, la vie et le mouvement. »

Les ennemis de Jésus ne voient pas la guérison miraculeuse. Ils oublient qu’Il a guéri l’infirme en disant « lève-toi, » mais Lui reprochent d’avoir ajouté « prends ton lit et marche. »

C’est que cette parole contrevenait aux préceptes du sabbat. Dans le livre de la Genèse, aucun précepte n’entoure le sabbat. Il est seulement dit qu’au septième jour, Dieu se reposa de Ses œuvres, ayant vu que la Création était belle et bonne. C’est la Loi de Moïse qui a voulu que l’homme s’associe au repos de Dieu, pour la louange de l’acte créateur et l’adoration du Seigneur. Le sabbat devait être consacré entièrement à la contemplation de l’œuvre de Dieu et à la bénédiction du Très-Haut.

Aussi le moindre acte créatif pendant le sabbat était (et reste) interdit aux hommes, et avant tout celui de porter quelque fardeau que ce soit. Le livre de Jérémie le commente sévèrement, en y introduisant une perspective messianique : « Gardez-vous bien – il y va de votre vie – de transporter un fardeau le jour du sabbat… Si vous n’introduisez pas de fardeau par les portes de Jérusalem le jour du sabbat… Alors les rois qui occupent le trône de David entreront… Et cette cité sera habitée à jamais… Mais si vous n’obéissez pas en sanctifiant le jour du sabbat, en vous abstenant de porter des fardeaux ce jour-là, Je mettrai le feu à vos portes et il dévorera les palais de Jérusalem et ne s’éteindra jamais… » (Jérémie XVII, 19-27).

Il est évident que Jésus savait tout cela parfaitement.

Dès lors sauver miraculeusement un paralysé et surtout contrevenir au sabbat étaient deux actes délibérés par lesquels Jésus manifestait Sa totale indépendance vis-à-vis des traditions, des prescriptions orales ou écrites et leur opposait Sa transcendance et Ses pouvoirs divins. Jésus ose proclamer : « Mon Père agit jusqu’à présent, moi aussi J’agis. » C’est que depuis Adam, le tohu-bohu originel continue de troubler le monde et Dieu travaille à reprendre son œuvre. Pour cela Il a envoyé le Verbe, Sa Parole, Son Fils bien-aimé parachever cette œuvre, c’est-à-dire la parfaire jusqu’à la fin, par ce qui sera le Saint et grand Sabbat, du jour de la Crucifixion à celui de la Résurrection. Aussi, dit saint Jean, on cherchait encore plus à faire mourir Jésus, « non seulement parce qu’Il violait le sabbat, mais parce qu’Il appelait Dieu son Père, se faisant lui-même égal à Dieu. »

Ainsi l’homme privilégie la lettre contre l’esprit, la règle contre la grâce, le précepte contre l’amour. Il est tellement tentant et facile d’imposer des règles. Jésus en préviendra Ses disciples : « Viendra l’heure où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Et ils agiront ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. »

Les adversaires de Jésus étaient enfermés dans leurs certitudes. Ils sont fils d’Abraham, héritiers de la Promesse, dépositaires de la Loi. Leur élection les garantit contre l’erreur. Peu importe qu’ils ne reconnaissent pas les miracles de Jésus. Peu importe qu’ils n’écoutent pas Sa parole. Ils sont justifiés par leur statut de fils de Dieu et du peuple messianique. C’est pourquoi ils sont sourds et aveugles. Ils ne peuvent comprendre le sens ni de Ses actes, ni de Sa Parole. Ils ne voient ni n’entendent que ce qui les confirme dans leurs propres convictions.

Entre Jésus et Ses adversaires, il n’y aura pas de compromis possible. Et la Croix se dressera au Golgotha. Mais en ce jour-là la Rédemption sera acquise pour tous les hommes. Le relèvement du paralytique un jour de sabbat deviendra l’annonce et la figure de la restauration de notre nature et de toute la création.

Ce sera le jour du Grand Sabbat du Samedi saint. Avant de mourir, Jésus dira : « Ils m’ont haï sans raison » ; puis sur la Croix : « Ils ne savent pas ce qu’ils font. » Ayant accompli notre salut commun, il Lui reviendra de chercher aux enfers nos ancêtres depuis Adam, pour leur apporter la lumière de la Résurrection et Sa parole de Vérité.

Le prophète Syméon l’avait annoncé. Toute la vie terrestre de Jésus se sera déroulée sous le signe de la contradiction. Il aura été pour ses contemporains une pierre de scandale. Reste à savoir s’Il ne l’est pas toujours pour nous. Combien serions-nous plus à l’aise d’accomplir quelque précepte plutôt que de suivre la loi d’amour du Seigneur. « Toute la Loi est accomplie dans une seule parole, dit saint Paul, tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Et il ajoute : « Aurais-je la connaissance des langues des anges et des hommes, le don de prophétie, la science de tous les mystères et même une foi à transporter les montagnes, donnerais-je tous mes biens aux pauvres, livrerais-je même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien. »

Les contemporains de Jésus avaient leur logique et pensaient rendre un culte à Dieu. Mais nous, nous n’avons aucune excuse. Il nous faut cesser de rester prisonniers de nous-mêmes, de notre propre justice qui est trop souvent une insulte à notre foi, une insulte à l’amour du Christ pour tous les hommes. Il nous faut avec le Christ travailler au combat de l’amour et de la grâce contre les pierres taillées de notre foi, de nos Églises même, et contre l’insensibilité de nos cœurs. Il y va du salut du monde et de la venue du Royaume.

Saint Constantin (v280-337) et sainte Hélène

Fête le 21 mai

Icône de saint Contantin et sainte Hélène

Le 21 mai, l’Église célèbre la mémoire des saints empereurs, couronnés par Dieu et Égaux-aux-Apôtres, Constantin le Grand et sa mère Hélène. Saint Constantin le Grand, le premier empereur chrétien, devenu par la grâce de Dieu “Apôtre du Seigneur parmi les rois”, était fils du brillant général Constance Chlore et de sainte Hélène.

Il naquit à Nissa (Nish) (vers 280) et grandit sur les champs de batailles, apprenant de son père non seulement l’art de la guerre, mais aussi le sage gouvernement de ses sujets et la clémence à l’égard des chrétiens.

Peu après sa proclamation (286), Dioclétien devant gouverner un empire trop grand, menacé de toutes parts par les barbares et troublé par d’incessants complots, confia à son ami Maximien le gouvernement de l’Occident et, quelques années plus tard (293), il plaça deux césars comme auxiliaires des deux augustes : Maximien Galère en Orient et Constance Chlore en Occident, avec juridiction sur la Grande-Bretagne, la Gaule et l’Espagne. Afin de s’assurer la fidélité de ce dernier, il l’obligea à répudier sainte Hélène pour épouser la fille de Maximien, et il garda de plus le jeune Constantin en otage à Nicomédie, sa capitale.
Constantin passa donc son adolescence parmi les mœurs païennes, à la cour de Dioclétien puis de Galère, où il se distingua par son allure majestueuse et sa vaillance dans les combats, mais surtout par sa droiture morale et sa bonté, qui lui attiraient la sympathie de tous ceux qui l’approchaient. Il resplendissait par les vertus vraiment royales de la chasteté et de la mansuétude, qui l’élevaient au-dessus des intrigues et des bassesses coutumières aux milieux de cour.

Mais ces qualités suscitèrent aussi des jalousies, en particulier de l’empereur Galère, qui l’envoyait constamment dans des campagnes périlleuses, d’où Constantin sortait chaque fois victorieux et en tirait un surcroît de gloire. Après la démission de Dioclétien et de Maximien, les deux césars, Galère et Constance Chlore, furent élevés à la dignité d’auguste. Instruit des complots tramés contre son fils, Constance, malade et vieillissant, demanda que Constantin vienne le visiter.

Échappant de justesse aux hommes envoyés pour le retenir, Constantin se précipita en Grande-Bretagne, où il eut la joie de revoir son père qui lui confia la succession de l’empire d’Occident, et lui recommanda d’aider et de protéger les chrétiens violemment persécutés depuis les édits de Dioclétien. Constance Chlore trouva peu après la mort à York, et Constantin fut aussitôt proclamé empereur par l’armée (25 juillet 306).

Mais, entre-temps, Galère, qui se considérait comme le premier empereur, avait désigné deux césars : Maximin Daïa pour l’Orient et Sévère pour l’Occident, avec Rome pour capitale. À la mort de Constance Chlore, il éleva Sévère à la dignité d’auguste ; mais ce dernier fut renversé par une révolte du peuple, suscitée par la garde prétorienne, et remplacé par Maxence, le fils de Maximien, qui fit bientôt régner à Rome une tyrannie sanguinaire et pleine de débauches.

Maxence conclut un accord avec Constantin, auquel il laissait le pouvoir sur les régions les plus occidentales, avec Arles pour capitale. Constantin, respectant ces conditions, gouverna la part qui lui était échue avec justice et bonté ; il était aimé du peuple et redouté des Germains ainsi que des autres tribus barbares. Mais cette situation dura peu de temps, car Maxence entra bientôt en friction avec son père qu’il avait associé au pouvoir. Maximien se réfugia dans le royaume de Constantin et tenta aussitôt de s’emparer du pouvoir grâce à la complicité de sa fille Fausta, la seconde épouse de Constantin, femme fourbe et intrigante, qui fut par la suite la cause de bien des malheurs pour le pieux empereur. Le complot fut dévoilé et Maximien mit fin à ses jours (310).
Galère, informé des événements qui troublaient l’empire d’Occident, et avide d’accaparer tous les pouvoirs, désigna alors Licinius comme césar d’Occident et marcha vers Rome avec une puissante armée. Vaincu par Maxence, il battit en retraite et se retourna contre Constantin. Mais ce dernier lui infligea une défaite complète, et Galère périt lamentablement, après avoir promulgué un édit modérant la persécution générale qui faisait rage en Orient (311).

Maximin Daïa, païen fanatique et persécuteur acharné des chrétiens, prit alors le titre d’auguste de l’empire d’Orient, et Maxence, resté seul à Rome, entreprit une campagne contre Constantin, en vue de s’arroger la totalité de l’empire d’Occident. Appelé au secours par les Romains qui souffraient de la tyrannie de Maxence, Constantin réunit ses troupes, passa les Alpes (septembre 312) et, conquérant aisément les villes d’Italie du Nord, il parvint jusqu’aux environs de Rome, où Maxence avait concentré des forces bien plus considérables.

Monté sur une hauteur, Constantin considérait avec perplexité la supériorité de ses adversaires lorsque, en plein midi, apparut dans le ciel une immense croix, constituée d’étoiles, autour de laquelle étaient écrits ces mots en grec : “Par ce signe tu vaincras”. La nuit suivante, le Christ lui-même apparut à l’empereur, et Il lui commanda de confectionner une croix semblable à celle qu’il avait contemplée dans sa vision et de la placer comme étendard à la tête de son armée. Le signe de la victoire resplendit alors de nouveau dans le ciel, et Constantin crut de toute son âme que Jésus-Christ est le seul vrai Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui donne la victoire aux rois et guide toute chose vers la fin qu’Il a prévue avant l’origine du monde. Dès le lever du jour, il fit confectionner celabarum et donna l’ordre de le placer à la tête de ses troupes, à la place des aigles impériales, comme “signe de victoire sur la mort et trophée d’immortalité”. Il était constitué d’une longue pique dorée qui se terminait en forme de croix, et qui était surmontée d’une couronne d’or et de pierres précieuses, au centre de laquelle on distinguait le symbole du Sauveur (le chrisme constitué des deux premières lettres du nom du Christ). À la partie transversale de la croix était suspendue une étoffe de pourpre rehaussée de pierreries, qui renvoyait des éclats comme les rayons du soleil.

Lors de la bataille décisive du pont Milvius, le 28 octobre 312, ce fut la Croix qui remporta la victoire. Maxence, en prenant la fuite, s’engagea sur le pont de bateaux qu’il avait fait construire, mais ce dernier s’effondra à son passage et le tyran périt englouti, avec tous ses officiers, comme autrefois Pharaon et ses cavaliers dans la mer Rouge.

Rendant grâce à Dieu pour cette victoire qui inaugurait une nouvelle ère de l’histoire humaine, Constantin fit une entrée triomphale dans Rome, qui le saluait comme son libérateur, son sauveur et son bienfaiteur. Il fit aussitôt élever le signe de la Croix sur les principaux monuments de la ville et l’on érigea une statue de l’empereur tenant en main la croix, comme signe de victoire et emblème de son autorité reçue du Christ. Dès lors, Constantin commença à se faire instruire sur la doctrine chrétienne et s’adonna assidûment à la lecture des Livres saints Il fit restituer tous les biens confisqués par Maxence, rappela les exilés, libéra les captifs et fit rechercher les reliques des martyrs victimes de la Grande Persécution. À l’occasion de cette victoire sur Maxence, la religion chrétienne, si longtemps honnie et persécutée, pouvait désormais sortir de l’ombre et jouir de la protection du souverain. Tout en restant distincte du pouvoir politique, l’Église était désormais en mesure d’inspirer les gouvernants et de transformer en profondeur la vie des hommes et des états, pour leur inspirer les principes évangéliques.

Quelques mois après, saint Constantin rencontra Licinius à Milan (313), et les deux empereurs, qui se partageaient dès lors le monde, signèrent un Édit mettant fin à la persécution et donnant licence aux chrétiens de pratiquer librement leur religion dans tout l’Empire. Constantin fut alors proclamé auguste suprême et l’on célébra le mariage de Constantia, sa sœur, et de Licinius.
Illuminé par la grâce de Dieu, le saint empereur n’accorda pas seulement la liberté générale, mais il encouragea aussi le développement du culte chrétien. Il accorda des subventions pour construire des églises et orner dignement les tombeaux des martyrs, restitua les biens des confesseurs et des martyrs confisqués par l’État et les fit attribuer à l’Église lorsque ces derniers n’avaient pas laissé d’héritiers. Il rendait honneur aux évêques qu’il recevait à sa table et il assistait aux conciles locaux pour faire régner la paix et la concorde.

Alors que la lumière de la vérité brillait ainsi en Occident, les ténèbres de l’idolâtrie et de la tyrannie continuaient d’être entretenues en Orient par Maximin Daïa qui déclara la guerre à Licinius. Celui-ci le vainquit en Thrace (30 avril 313) et, devenu maître de l’empire d’Orient, il intensifia la persécution. Il imposa des restrictions aux évêques ferma des églises, exila les chrétiens en vue et confisqua leurs biens, et il fit cruellement châtier tous ceux qui venaient en aide aux détenus. Il imposa aux dignitaires d’offrir des sacrifices et fit régner l’injustice et la violence dans tous les domaines de l’administration. Apprenant ces mesures tyranniques prises en Orient contre les chrétiens, saint Constantin leva une puissante armée, guidée par le signe de la croix victorieuse, et, à la faveur d’une campagne contre les barbares en Pannonie, il pénétra sur le territoire de Licinius (322). Après une première défaite à Andrinople, le tyran se replia à Byzance puis fut définitivement vaincu à la bataille de Chrysopolis (18 septembre 324). Constantin triomphant, au nom du Christ et de la Vérité, s’employa dès lors à offrir l’Empire romain réunifié en présent au Roi de l’univers, et tel un nouvel apôtre il fit proclamer jusqu’aux extrémités de l’Orient et de l’Occident, de la Mésopotamie à la Grande-Bretagne, la foi au Dieu unique et en son Fils incarné pour notre salut. Usant de mansuétude envers les prisonniers de l’armée ennemie, il fit aussitôt appliquer en Orient les mêmes mesures en faveur de l’Église que celles qu’il avait décrétées auparavant en Occident. Dans un édit proclamé dans tout l’Empire, il déclarait que Dieu seul devait être considéré comme la cause de ses victoires et qu’il avait été choisi par la Providence pour se mettre au service du bien et de la vérité. Il plaça de nouveaux magistrats dans les provinces, auxquels il interdit d’offrir des sacrifices païens, et envoya dans toutes les contrées soumises à son autorité des lettres condamnant l’idolâtrie et exhortant à la conversion. Il incitait tous ses sujets à suivre son exemple, mais sans contraindre personne. L’Empire, régi par un seul empereur, présentait alors une image du Royaume de Dieu déjà présent sur la terre, où tous les hommes réconciliés pouvaient jouir de la paix et élever vers Dieu de continuelles hymnes d’actions de grâces.
À ce nouvel Empire chrétien, qui devait durer mille ans, il convenait de donner une capitale, mieux placée que Rome géographiquement et exempte des souvenirs de l’idolâtrie et de la tyrannie. Inspiré par un signe divin, le pieux empereur fixa son choix sur la petite ville de Byzance, qui occupait une position charnière entre l’Orient et l’Occident. Guidé par un ange, il marqua lui-même les limites de la nouvelle ville, et donna l’ordre au maître d’œuvre, Euphrata, de n’épargner aucune dépense pour la doter de monuments et de voies publiques dépassant en gloire et magnificence toutes les autres villes du monde.

Lors de la fondation de la cité, le 8 novembre 324, Byzance reçut le nom de Constantinople et de Nouvelle Rome, et elle fut dédiée par la suite à la Mère de Dieu. Au centre du palais, on dressa une immense croix ornée de pierres précieuses, et sur le forum, on plaça au sommet d’une colonne de porphyre la statue de Constantin, dans laquelle était placée de saintes reliques, et au pied de la colonne furent déposées les corbeilles ayant servi au miracle de la multiplication des pains. Les travaux furent menés en grande hâte et, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire du règne de l’empereur (11 août 330), on célébra avec faste l’inauguration de la nouvelle capitale.

Aussitôt après sa victoire sur Licinius, le premier souci de saint Constantin fut de rétablir et de confirmer l’unité de l’Église, gravement menacée par l’hérésie d’Arius qui, d’Égypte, s’était répandue dans différentes contrées, à la faveur d’un décret de Licinius interdisant la réunion des synodes locaux. Après avoir envoyé, par l’intermédiaire d’Osius de Cordoue, des lettres d’exhortations à l’archevêque d’Alexandrie, Alexandre, et à Arius, dans lesquelles il exprimait sa souffrance devant la division, l’empereur convoqua tous les évêques de l’univers à Nicée, pour le premier grand et saint Concile Œcuménique (325). Cette première assemblée des évêques venus de toutes les extrémités du monde était une parfaite expression de la plénitude de l’Église et de l’unité de l’Empire chrétien. L’empereur y siégeait au milieu des évêques, rayonnant dans un vêtement de pierreries. Il ouvrit les sessions en adressant une action de grâces à Dieu pour cette réunion, et il exhorta les participants à la paix et à résoudre les divisions semées par le démon dans la Maison de Dieu. Il participa lui-même aux débats et, par sa douceur et sa pondération, réussit à réconcilier les opposants. On procéda alors à la condamnation d’Arius et de ses partisans, et l’on résolut de célébrer Pâques partout à la même date, en signe d’unité de la foi. Pour conclure les sessions du Concile, saint Constantin convia tous les Pères, à l’occasion du vingtième anniversaire de son règne, à un grand banquet, qui fut une somptueuse préfiguration du Royaume de Dieu, puis il les renvoya en paix dans leurs diocèses, munis de riches présents.

L’année suivante (326), l’impératrice Hélène, qui venait d’être baptisée, entreprit un pèlerinage en Palestine, au cours duquel on découvrit l’emplacement du Calvaire et, grâce à une révélation miraculeuse, la Croix du Seigneur enfouie sous terre – fête du 14 septembre.

Saint Constantin ordonna alors d’ériger à cet endroit une somptueuse basilique dédiée à la Résurrection, laquelle fut inaugurée en 335, à l’occasion du trentième anniversaire de son règne. Sainte Hélène visita aussi d’autres Lieux saints et fit construire des basiliques à Bethléem et au Mont des Oliviers elle délivra les captifs et répandit de larges aumônes dans tout l’Orient. On rapporte qu’elle nourrissait une telle admiration pour les vierges consacrées, qu’elle réunit toutes les femmes consacrées à Dieu, et qu’elle les servit à table, comme une servante, se privant elle-même de nourriture À l’issue de ce pèlerinage, elle rendit pieusement son âme à Dieu, à l’âge de quatre-vingts ans. Ses funérailles eurent lieu à Constantinople ; par la suite, son corps fut transféré à Rome. La sécurité des frontières ayant été assurée par un habile jeu d’alliances, et les barbares ayant transformé leurs glaives en instruments agricoles (cf.Isaïe 2,4), le pieux souverain put passer en paix le reste de son règne et s’occuper d’affermir les fondements et les institutions du nouvel Empire chrétien. Il encouragea par tous les moyens l’expansion du christianisme et transforma aussi en profondeur les lois romaines, en vue de les soumettre à l’esprit de charité et de mansuétude de l’Évangile. Dès son élévation au pouvoir, il avait décrété que le dimanche serait jour chômé dans tout l’Empire, il avait aboli la peine de mort par crucifixion, avait interdit les combats de gladiateurs et sévèrement châtié les rapts et les attentats à la pudeur. Par la suite, il encouragea l’institution de la famille, comme base de l’édifice social, en limitant le divorce, en condamnant l’adultère et en légiférant sur les droits d’héritage. Il fit également lever les lois jadis promulguées contre ceux qui restaient sans progéniture, afin d’encourager le monachisme qui connaissait alors un grand essor, et accorda de larges dons aux vierges consacrées, qu’il respectait jusqu’à l’adoration.

Lorsque le siège de l’administration fut définitivement transféré à Constantinople (330), l’empereur y interdit la célébration des fêtes païennes, dépouilla les temples de leurs trésors pour en orner les églises, réprima sévèrement la pratique de la magie et des cultes immoraux et il favorisa l’accès des chrétiens aux plus hautes charges de l’État.

Se considérant comme “l’évêque des choses extérieures”, il apparaissait dans tout son gouvernement comme une image vivante de Dieu, qui répand généreusement ses bienfaits sur tous. Il distribuait abondamment les aumônes à tous ceux qui étaient dans le besoin, chrétiens ou non, soutenait les veuves et se faisait le père des orphelins. Il protégeait les pauvres contre les exactions des puissants, et il favorisa la prospérité de ses sujets en allégeant d’un quart l’impôt annuel et en faisant réviser l’évaluation des propriétés pour la répartition des charges fiscales. Calme, paisible et maître des passions qui tourmentent en général les puissants, il s’était fait représenter sur les monnaies debout, le regard tourné vers le ciel, affirmant ainsi que le souverain doit être un homme de prière et un intercesseur pour la paix et la concorde de son royaume. Dans son palais, il s’était réservé une salle, où chaque jour il s’isolait pour prier et méditer les saintes Écritures, et il passait souvent ses nuits à rédiger des discours, dans lesquels il exhortait le peuple à l’amour de la vérité et de la vertu. Apprenant un jour que quelqu’un avait jeté une pierre sur une de ses effigies, l’empereur, à qui on avait demandé de châtier le coupable, se passa la main sur le visage en souriant et dit : “Je ne sens aucune plaie et suis en pleine santé”, et il laissa l’homme repartir librement. Quiconque l’approchait pour obtenir une grâce était sûr d’être satisfait, de sorte que l’on pouvait croire en ces temps, que Dieu régnait véritablement parmi les hommes. Peu après le trentième anniversaire du règne, célébré par des fêtes grandioses (335), le roi de Perse, Sapor (Shâpûr) II, déclencha une persécution contre les chrétiens de son royaume, puis, rompant son alliance avec Constantin, il envahit l’Arménie. Le pieux empereur leva alors une puissante armée pour partir à la défense des chrétiens, et décida de participer en personne à la campagne. Mais il tomba malade à Hélénopolis et fut transporté en hâte jusqu’aux environs de Nicomédie, où il reçut le saint baptême que, par respect, il avait retardé depuis tant d’années. Refusant de revêtir de nouveau la pourpre impériale, il rendit son âme au Roi du ciel et de la terre, le jour de la Pentecôte 337, encore vêtu de la tunique blanche des néophytes.
Après avoir prononcé une prière d’action de grâces, ses derniers mots furent “Maintenant je sais que je suis vraiment bienheureux, maintenant je sais que je suis devenu digne de la vie éternelle, maintenant je sais que je participe à la Lumière divine”13. Son corps fut aussitôt transporté à Constantinople, où après de somptueuses funérailles en présence de tout le peuple, il fut déposé dans l’église des Saints Apôtres, au milieu des sarcophages vides des douze Disciples du Seigneur.
Celui qui, converti par une révélation semblable à celle de saint Paul, Apôtre des Nations, avait soumis par son œuvre colossale l’Empire romain à la doctrine du Christ, fut ainsi glorifié au-delà de tous les autres empereurs et c’est à juste titre qu’il est vénéré depuis comme Égal-aux-Apôtres.

NOTE
Cette importante notice de saint Constantin offre au Père Macaire, auteur du synaxaire auquel nous nous nous référons, l’occasion de rappeler que le Synaxaire se place sur un autre plan que celui de l’histoire politique. La vénération de saint Constantin le Grand, comme tous les éléments “constantiniens” qui ont été préservés dans le culte orthodoxe, visent à l’édification de l’Église et à la confirmation de sa dimension eschatologique. La gloire de l’Empire n’est autre que le symbole et l’anticipation de la gloire du Royaume de Dieu. C’est ainsi, et non comme une nostalgie impériale, que les fidèles vénèrent les saints Empereurs et prient encore aujourd’hui, à l’époque des démocraties laïcisées, pour la confirmation de “l’Empire”.

Répondant aux objections courantes sur la canonisation de saint Constantin, Christos Yannaras écrit : “L’Église n’a pas reconnu sa sainteté en utilisant un étalon de perfection morale individuelle … Seul le lien de la sainteté avec la vérité de l’Église (comme prémices du Royaume de Dieu), et non avec les vertus individuelles, peut nous conduire à apprécier correctement le fait de la canonisation de Constantin le Grand. De même que l’Église a vu dans la personne des Apôtres les fondements de l’édifice divin, dont la Pierre d’angle est le Christ, en la personne de Constantin elle a vu l’Égal-aux-Apôtres, le fondateur de l’universalité et de la mondialité visibles de l’Église … Dans la personne de Constantin le Grand, l’Église comprit que la vérité de sa nature universelle : assumer le monde entier, le transfigurer en Royaume de Dieu, prenait des dimensions historiques concrètes.” (Vérité et unité de l’Église, éd. Axios, 1990)

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos et site Orthodoxos Synaxaristis

Commentaire patristique extrait des Odes de Salomon

L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle (Jn 4,14)

Le Seigneur s’est fait mieux connaître. Il s’emploie à faire mieux connaître les dons reçus de sa grâce. Il nous a donné de louer son nom ; nos esprits chantent son Esprit Saint. Car un ruisseau a jailli ; il est devenu un torrent large et puissant (Ez 47,1s). Il a inondé et brisé l’univers et l’a emporté vers le Temple. Les obstacles des hommes n’ont pu l’arrêter, pas même l’artifice de ceux qui endiguent l’eau. Car il est venu sur toute la terre et l’a remplie entièrement.

Ils ont bu, tous les assoiffés de la terre ; leur soif a été étanchée, car le Très Haut a désaltéré les siens. Heureux les serviteurs à qui il a confié ses eaux ; ils ont pu y calmer leurs lèvres desséchées et redresser leur volonté paralysée. Les âmes mourantes ont été arrachées à la mort ; les membres épuisés ont été redressés et sont debout. Ils ont donné la force à leurs démarches et la lumière à leurs yeux. Tous les ont connus dans le Seigneur ; ils vivent par l’eau vivante pour l’éternité.

extrait des Odes de Salomon de Salomon texte chrétien hébraïque du début du IIe siècle N°6 tr. Hamman, coll. Ichtus 1957 I, p. 26 ; DDB 1981, p.2

Commentaire patristique par saint Jean-Chrysostome

La richesse spirituelle échappe à tous les périls

Quand nous avons dernièrement parlé du paralytique qui gisait dans son lit auprès de la piscine, nous avons trouvé un grand et magnifique trésor, non en creusant la terre, mais en examinant les sentiments de ce malade ; nous avons trouvé un trésor, non d’or, d’argent et de pierres précieuses, mais de force, de sagesse, de patience, d’espoir en Dieu : ce qui vaut mieux que l’or et la richesse.

La richesse matérielle vous expose aux embûches des voleurs, à la langue des calomniateurs, aux attaques des brigands, aux crimes de vos propres esclaves, et si vous évitez tout cela, elle ne vous en causera pas moins les plus grands malheurs en attirant sur vous les regards de l’envie et vous suscitant mille tempêtes.

La richesse spirituelle échappe à tous ces périls, nul accident ne peut l’atteindre dans la haute région où elle est placée, elle se rit des voleurs, des brigands, des envieux, des calomniateurs, et même de la mort.

La mort ne la sépare pas de celui qui la possède; au contraire, c’est après la mort surtout qu’elle lui est assurée, qu’elle le suit, qu’elle habité avec lui dans la vie future, qu’elle plaide puissamment en sa faveur et lui rend le juge propice.

saint Jean Chrysostome explique Les Miracles de Pierre en Judée

Actes des Apôtres
Chapitre IX versets 32 à 42
Saint Jean Chrysostome explique ici un passage du livre des Actes des Apôtres Chapitre IX versets 32 à 42.

Le verset 31 nous avait indiqué le contexte : Pierre visite l’Église de Judée. Dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, l’Église jouissait alors de la paix. Elle grandissait dans la foi, vivait dans l’obéissance au Seigneur, et s’accroissait en nombre, grâce au soutien du Saint-Esprit. Avez-vous bien compris comment la paix succède à la guerre, ou plutôt avez-vous bien compris le résultat de cette guerre ? Elle a dispersé les auteurs de la paix. Dans la Samarie, Simon fut couvert de honte ; dans la Judée, arriva l’histoire de Sapphire ; donc, quoique la paix régnât, il n’y avait pas lieu de se relâcher, c’était une paix qui avait besoin de consolation.

Verset 32 “Pierre, qui parcourait tout le pays, passa aussi chez ceux qui, à Lydda, appartenaient à Dieu.” C’était comme un général qui passe la revue pour voir ce qui est bien aligné, ce qui est dans l’ordre, en quel lieu sa présence est nécessaire. Voyez-le courant de tous les côtés, et se trouvant partout le premier. S’agit-il de choisir un apôtre ? il est le premier ; s’agit-il de répondre aux Juifs accusant les apôtres d’être ivres, s’agit-il de guérir un boiteux, s’agit-il de haranguer les peuples ? on le voit avant tous les autres. Faut-il, parler aux magistrats ? c’est lui qui se montre. Quand il faut punir Ananie, opérer des guérisons par son ombre, c’est toujours lui. On le trouve partout où il y a du danger, et partout où il y a quelque chose à administrer. Quand les choses vont d’elles-mêmes, tous agissent en commun ; Pierre ne recherche pas de prérogatives d’honneur. Mais maintenant, quand il faut opérer un miracle, c’est lui qui s’élance ; et ici, c’est lui encore qui se, charge d’un travail, et qui fait un voyage.

Verset 33 “Il y trouva un homme du nom d’Énée qui n’avait pas quitté son lit depuis huit ans parce qu’il était paralysé.”

Verset 34 “”— Énée, lui dit Pierre, Jésus-Christ te guérit, lève-toi et fais ton lit ! Il se leva aussitôt.” Et pourquoi n’attendit-il pas que l’homme lui montrât sa foi ? pourquoi ne lui demanda-t-il pas s’il voulait être guéri ? Assurément c’est parce qu’il fallait produire un grand effet sur la foule, que ce miracle s’opéra. Aussi combien l’utilité en fut grande ! Écoutez ce que le texte ajoute :

Verset 35 “Tous ceux qui habitaient le village de Lydda et la plaine de Saron le virent et se convertirent au Seigneur.” Pierre a donc eu raison de parler ainsi. C’était un homme connu de tout le monde, et, pour prouver la vérité du miracle, l’apôtre lui ordonne d’emporter son grabat. En effet, les apôtres ne se bornaient pas à guérir ; mais, avec la santé, ils rendaient aussi la force. D’ailleurs, ils n’avaient pas encore donné de preuves de leur puissance ; il n’est pas étonnant que le paralytique ne fût pas tenu de croire, puisque le boiteux n’avait pas dû manifester sa foi. De même que le Christ, lorsqu’il commença d’opérer des miracles, n’exigeait pas la foi, de même firent les apôtres. À Jérusalem, on exigeait la foi ; de là vient qu’à cause de leur foi tous les malades étaient exposés dans les rues, afin que l’ombre de Pierre, venant à passer, s’étendît au moins sur quelqu’un d’entre eux. À Jérusalem, en effet, il y avait eu beaucoup de miracles ; mais c’était pour la première fois qu’on en voyait à Lydda. Parmi les miracles, les uns avaient pour but d’attirer les infidèles, les autres de consoler ceux qui partageaient la foi.

Versets 36 à 38 “A Jaffa vivait une femme, disciple du Seigneur, nommée Dorcas. Elle faisait beaucoup de bien autour d’elle et venait en aide aux pauvres. À cette époque, elle tomba malade et mourut. Après avoir fait sa toilette funèbre, on la déposa dans la chambre, au premier étage de sa maison. 38″Or Jaffa est tout près de Lydda, et les disciples avaient appris que Pierre se trouvait là ; ils lui envoyèrent donc deux hommes pour l’inviter en lui disant : — Dépêche-toi de venir chez nous.” Pourquoi les disciples attendirent-ils qu’elle mourût ? Pourquoi ne se pressèrent-ils pas d’importuner Pierre ? C’est que, dans leur sagesse, ils regardaient comme inconvenant d’importuner les apôtres pour de telles choses, et de les arracher à la prédication. Et si le texte dit que Jaffa était près de Lydda, c’est pour montrer que, vu la proximité, les disciples demandaient ce qui pouvait se faire sans dérangement (cette femme faisait partie des disciples) ; et qu’ils n’y attachaient pas une extrême importance.

Verset 39 “Pierre les suivit aussitôt.” Ils ne lui demandent rien, ils s’en rapportent à lui, pour la rendre à la vie, si c’est sa volonté ; et ainsi se trouve accomplie cette parole : “L’aumône délivre de la mort.” (Livre de Tob chapitre XII, verset 9) Suite du verset 39 “A son arrivée, on le conduisit dans la chambre. Toutes les veuves l’accueillirent en pleurant et lui montrèrent les robes et autres vêtements que Dorcas avait confectionnés quand elle était encore des leurs.” C’est dans la chambre où cette morte était exposée qu’ils conduisent Pierre, avec la pensée peut-être que ce spectacle serait pour lui une occasion de manifester la sagesse chrétienne. Voyez-vous tout ce que cette conduite dénote de progrès dans la sagesse ? Et le nom de cette femme n’est pas rappelé au hasard, il montre la conformité de son nom et de sa vie : une femme vigilante, alerte, comme une chèvre, Dorcas ; car il y a beaucoup de noms qui portent en eux-mêmes leur raison ; nous vous l’avons souvent dit. “Elle faisait beaucoup de bien autour d’elle et venait en aide aux pauvres”, dit le texte. Grand éloge pour cette femme, d’avoir fait ses bonnes œuvres et ses aumônes, de manière à en être remplie. Or, il est manifeste qu’elle s’appliquait d’abord aux bonnes œuvres, ensuite aux aumônes, qu’elle faisait, dit le texte. Grande humilité. Ce n’est pas ce qu’on voit chez nous ; tous alors attachaient une grande importance à l’aumône.

Alors verset 40 : “Pierre fit sortir tout le monde, se mit à genoux et pria. Puis, se tournant vers le corps, il dit : — Dorcas, lève-toi ! Elle ouvrit les yeux, elle aperçut Pierre et elle s’assit.” Pourquoi faire sortir tout le monde ? pour éviter l’émotion, le trouble causé par les larmes.

Verset 41 : “Celui-ci lui donna la main et l’aida à se lever ; puis il rappela les croyants et les veuves et la leur présenta vivante.” Ici, le texte montre successivement la vie, ensuite la force communiquée, l’une par la parole, l’autre par la main. “Il la leur présenta vivante.” C’était, pour les uns, une consolation ; ils revoyaient leur soeur ; ils contemplaient un miracle ; pour les veuves, c’était une protection qu’elles retrouvaient.

Verset 42 : “La nouvelle eut vite fait le tour de la ville et beaucoup crurent au Seigneur.” Voyez la modestie et la douceur de Pierre : il ne reste pas auprès de cette femme, auprès de quelqu’autre personnage marquant, mais chez un corroyeur ; par tous les moyens, il enseigne l’humilité. Il ne veut pas que les humbles rougissent, que les grands s’élèvent. S’il fit son voyage, c’est qu’il pensait que les fidèles avaient besoin de sa doctrine.

Puis le verset 43 nous dit” : “Pierre resta quelque temps encore à Jaffa ; il logeait chez un tanneur nommé Simon .” Il cherchait à se joindre aux disciples. Il ne les aborde pas effrontément , mais avec humilité. L’Ecriture ici donne le nom de disciple même à ceux qui ne faisaient pas partie des douze ; c’est que tous méritaient alors ce nom de disciples, par l’excellence de leurs vertus. Leur vie était conforme à un modèle illustre. L’Église, dit le texte, était en paix, et elle s’établissait, marchant dans la crainte du Seigneur, et elle était remplie de la consolation du Saint-Esprit, c’est-à-dire, elle croissait, elle portait la paix dans son sein, la véritable paix ; et il était bon qu’il en fût ainsi, car la guerre extérieure lui avait fait beaucoup de mal. L’Esprit-Saint les consolait, et par les prodiges, et par les oeuvres. En outre, il résidait dans chacun des apôtres en particulier. “Pierre, qui parcourait tout le pays, passa aussi chez ceux qui, à Lydda, appartenaient à Dieu. Il y trouva un homme du nom d’Énée qui n’avait pas quitté son lit depuis huit ans parce qu’il était paralysé. — Énée, lui dit Pierre, Jésus-Christ te guérit, lève-toi et fais ton lit !”
Parole, non d’ostentation, mais de confiance. Quant à moi, je suis tout à fait porté à croire que le malade a ajouté foi à la parole, et que c’est là ce qui l’a guéri. Que le miracle ait été fait sans ostentation, c’est ce qui résulte de ce qui suit. En effet, Pierre ne dit pas : Au nom de Jésus-Christ, mais il semble annoncer un miracle plutôt que l’opérer. “Tous ceux qui habitaient le village de Lydda et la plaine de Saron le virent et se convertirent au Seigneur.” On a donc quelque raison de dire que les miracles avaient pour but à la fois la persuasion et la consolation. Les apôtres se tenaient dans une pièce aménagée sur le toit en terrasse, comme dans toutes les maisons palestiniennes.

Commentaire patristique par Saint Ephrem

La piscine du baptême nous donne la guérison

Descendez, frères, et dans les eaux du baptême revêtez l’Esprit Saint ; unissez-vous aux êtres spirituels qui servent notre Dieu. Béni soit Celui qui a institué le baptême pour le pardon des enfants d’Adam ! Cette eau est le feu secret qui marque son troupeau d’un signe, avec les trois noms spirituels qui épouvantent le Mauvais (cf. Ap 3,12)…

Jean attesta de notre Sauveur : “Il vous baptisera dans l’Esprit saint et le feu” (Mt 3,11). Voici ce feu et l’Esprit, mes frères, dans le baptême véritable. Car le baptême est plus puissant que le Jourdain, ce petit ruisseau ; il lave en ses flots d’eau et d’huile les péchés de tous les humains. Élisée, s’y prenant sept fois, avait purifié Naaman de sa lèpre (2R 5,10) ; le baptême, lui, nous purifie des péchés cachés en l’âme.

Moïse avait baptisé le peuple dans la mer (1Co 10,2), sans pouvoir pourtant laver son cœur au-dedans, souillé qu’il était par le péché. Maintenant voici un prêtre, semblable à Moïse, lavant l’âme de ses taches, et avec l’huile il marque d’un sceau les agneaux nouveaux pour le Royaume…

Par l’eau qui a coulé du rocher la soif du peuple a été calmée (Ex 17,15) ; voici, par le Christ et par sa fontaine, la soif des nations étanchée… Voici que du côté du Christ coule une source qui donne la vie (Jn 19,34) ; les peuples assoiffés y ont bu et en ont oublié leur peine. Verse ta rosée sur ma faiblesse, Seigneur ; par ton sang pardonne mes péchés. Que je sois ajouté au nombre de tes saints, à ta droite. Saint Ephrem (vers 306-373) 5e hymne pour l’Épiphanie (trad. cf. coll. Spiritualité Orientale 70, Bellefontaine 1997, p. 49)

Homélie sur le Paralytique par saint Cyrille de Turov

Dimanche du Paralytique
IVe dimanche après Pâques.
Actes des Apôtres IX, 32-42
Évangile selon saint Jean V, 1-15

Icône de saint Cyrille de Turov

Je n’ai pas d’homme… Lorsque Jésus vint, dans un grand concours de peuple, au bassin de Salomon que l’on nomme Bethseda, c’est-à-dire la piscine des brebis, il vit un homme paralysé, gisant depuis longtemps sur une civière dans son infirmité, et il l’interrogea en ces termes : “Veux-tu recouvrer la santé ?” – “Certes, Seigneur, répondit-il, je le voudrais bien, mais je n’ai pas d’homme pour me jeter dans la piscine après que l’ange l’a agitée ; je gémis en pleurant, accablé par les souffrances de mon infirmité, et personne ne vient me visiter, j’endure seul mon mal, personne ne me voit”.

Lorsqu’il eut entendu cela, notre bon médecin, le Seigneur Jésus-Christ lui dit : “Comment peux-tu dire : je n’ai pas d’homme ? Pour l’amour de toi, je me suis fait homme, moi, généreux et miséricordieux, je n’ai point trahi la promesse de mon incarnation. Tu as bien entendu la parole du prophète : ‘Un enfant nous est né, le fils du Très-Haut ; il nous a été donné, et c’est lui qui portera nos souffrances et nos maladies’. Pour l’amour de toi, j’ai laissé le sceptre du royaume d’en haut, et je passe, servant ceux d’en bas : car je ne suis pas venu pour qu’on me serve, mais pour servir. Pour l’amour de toi, moi qui n’étais pas charnel, j’ai revêtu la chair, afin de guérir toutes les maladies corporelles et spirituelles. Pour l’amour de toi, invisible aux forces angéliques, je me suis montré à tous les hommes. Car je ne saurais mépriser mon image qui gît dans la boue ; je veux au contraire la sauver et la conduire à l’intelligence véritable.

“Et tu dis : ‘Je n’ai pas d’homme’ ? Je suis devenu homme pour faire de l’homme un Dieu, car j’ai dit : Ils seront tous des dieux et les fils du Très-Haut”. Et qui d’autre te sert plus fidèlement que moi ? Pour toi, j’ai mis à l’œuvre toute la création : le ciel et la terre t’offrent leurs services, celui-là de ses eaux, celle-ci de ses fruits. Pour l’amour de toi, le soleil t’assiste de sa lumière et de sa chaleur, et la lune avec les étoiles fait blanchir la nuit. Pour toi les nuages abreuvent de pluie la terre, et la terre fait pousser pour ton service toute herbe portant semence et tout arbre fruitier. Pour l’amour de toi, les rivières portent les esquifs, le désert nourrit les bêtes. Et tu dis : ‘Je n’ai pas d’homme’ !
“Qui, plus que moi, est véritablement un homme ? Car je n’ai pas trahi la promesse de mon incarnation ; j’ai fait à Abraham ce serment : ‘En ta postérité seront bénies les nations ; tu auras en Isaac une descendance, je prendrai chair en elle et j’abrogerai la circoncision ; je féconderai l’eau qui engendrera de nombreux enfants par le baptême ; et c’est d’elle que parle Isaïe : ‘L’eau a jailli dans le désert ; vous qui êtes altérés d’eau vive, venez’. Je suis le lac vivifiant et voici que, de mes lèvres, je fais couler pour toi la source paradisiaque, alors que tu voulais boire à cette source des brebis qui sera bientôt à sec !”

Lève-toi, prends ton grabat, afin qu’Adam m’entende et qu’il soit aujourd’hui régénéré avec toi de la corruption. En toi je guéris la malédiction encourue par Ève pour la transgression première. Lazare se corrompait déjà au tombeau parmi les morts depuis quatre jours ; par ma parole, je l’ai rendu vivant. À toi aussi, aujourd’hui je dis : ‘Lève-toi, prends ton grabat, et va dans ta maison’.
Et aussitôt le paralytique bondit de son grabat, sain dans tous les membres de son corps et plein de vigueur ; et saisissant la civière qui l’avait porté, il marchait au milieu de la foule.

Saint Cyrille de Turov (1130-1182)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean – Jésus guérit un malade le jour du sabbat

Chapitre V versets 1 à 15

5,1 Après cela, il y eut une fête des Juifs et Jésus monta à Jérusalem.
2 Or il existe à Jérusalem, près de la Probatique, une piscine qui s’appelle en hébreu Bethesda et qui a cinq portiques.
3 Sous ces portiques gisaient une multitude d’infirmes, aveugles, boiteux, impotents, qui attendaient le bouillonnement de l’eau.
4 Car l’ange du Seigneur descendait par moments dans la piscine et agitait l’eau : le premier alors à y entrer, après que l’eau avait été agitée, se trouvait guéri, quel que fût son mal.
5 Il y avait là un homme qui était infirme depuis 38 ans.
6 Jésus, le voyant étendu et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps déjà, lui dit : “Veux-tu guérir ?”
7 L’infirme lui répondit : “Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans la piscine, quand l’eau vient à être agitée ; et, le temps que j’y aille, un autre descend avant moi.”
8 Jésus lui dit : “Lève-toi, prends ton grabat et marche.”
9 Et aussitôt l’homme fut guéri ; il prit son grabat et il marchait. Or c’était le sabbat, ce jour-là.
10 Les Juifs dirent donc à celui qui venait d’être guéri : “C’est le sabbat. Il ne t’est pas permis de porter ton grabat.”
11 Il leur répondit : “Celui qui m’a guéri m’a dit : Prends ton grabat et marche.”
12 Ils lui demandèrent : “Quel est l’homme qui t’a dit : Prends ton grabat et marche ?”
13 Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c’était ; Jésus en effet avait disparu, car il y avait foule en ce lieu.
14 Après cela, Jésus le rencontre dans le Temple et lui dit : “Te voilà guéri ; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive pire encore.”
15 L’homme s’en fut révéler aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.

Lecture du livre des Actes des Apôtres – Miracles de Pierre en Judée

Chapitre IX Verset 32 à 42

32 Pierre, qui parcourait tout le pays, passa aussi chez ceux qui, à Lydda,(1) appartenaient à Dieu.
33 Il y trouva un homme du nom d’Énée qui n’avait pas quitté son lit depuis huit ans parce qu’il était paralysé.
34 — Énée, lui dit Pierre, Jésus-Christ te guérit, lève-toi et fais ton lit ! Il se leva aussitôt.
35 Tous ceux qui habitaient le village de Lydda et la plaine de Saron le virent et se convertirent au Seigneur.
36 À Jaffa vivait une femme, disciple du Seigneur, nommée Dorkas.(2) Elle faisait beaucoup de bien autour d’elle et venait en aide aux pauvres.
37 À cette époque, elle tomba malade et mourut. Après avoir fait sa toilette funèbre, on la déposa dans la chambre, au premier étage de sa maison.(3)
38 Or Jaffa est tout près de Lydda, et les disciples avaient appris que Pierre se trouvait là ; ils lui envoyèrent donc deux hommes pour l’inviter en lui disant : — Dépêche-toi de venir chez nous.
39 Pierre les suivit aussitôt. À son arrivée, on le conduisit dans la chambre. Toutes les veuves l’accueillirent en pleurant et lui montrèrent les robes et autres vêtements que Dorkas avait confectionnés quand elle était encore des leurs.
40 Pierre fit sortir tout le monde, se mit à genoux et pria. Puis, se tournant vers le corps, il dit : — Dorkas, lève-toi ! Elle ouvrit les yeux, aperçut Pierre et s’assit.
41 Celui-ci lui donna la main et l’aida à se lever ; puis il rappela les croyants et les veuves et la leur présenta vivante.
42 La nouvelle eut vite fait le tour de la ville et beaucoup crurent au Seigneur.

Notes (1) Lydda : Aujourd’hui Lod, à une vingtaine de kilomètres de Jaffa.
(2) Son nom hébreu : Tabitha
(3) Les apôtres se tenaient dans une pièce aménagée sur le toit en terrasse, comme dans toutes les maisons palestiniennes

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