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Notice sur l’Acathiste à la Mère de Dieu

Cet acathiste fut chanté la première fois pour célébrer la protection que la Mère de Dieu offrit à la ville de Constantinople, lors de son siège en 626. La ville était assiégé par les armées arabes et musulmanes alors que l’empereur byzantin Héraclius était parti en guerre contre les Perses. Tandis que les quelques forces grecques présentes organisaient la défense de la Ville, le patriarche Serge implora la protection de la Mère de Dieu (dont l’attribut est  Hodighitria c’est-à-dire « celle qui guide ») et le peuple de Constantinople fit une procession avec son icône. La bataille fut gagnée.

« Et le peuple reconnaissant de Constantinople, rendant grâce à la Mère de Dieu, lui chanta une hymne toute la nuit, sans s’asseoir (acathiste), puisqu’elle n’avait pas cessé elle-même de veiller sur eux et qu’avec une surnaturelle puissance, elle avait remporté la victoire sur les ennemis. Depuis lors, en souvenir de ce prodige si grand et surnaturel, l’Église a pris l’habitude de consacrer cette fête à la Mère de Dieu, en ce temps de l’année où elle donna la victoire. Et on l’appelle acathiste, puisque c’est debout qu’elle fut alors célébrée par le clergé de la ville et par tout le peuple. »

En 678 et en 718, Constantinople fut à nouveau sauvée par l’intercession de la Mère de Dieu ; les citoyens de cette ville invoquèrent l’aide de la Vierge Marie à laquelle Constantinople était consacrée. En 678, la flotte du calife de Damas assiégea la ville mais dut se replier devant la résistance byzantine. Ainsi, après avoir expérimenté la protection de la Mère de Dieu, ils la remercièrent par des chants et des veilles en son nom. Debout, pendant toute la nuit, le peuple chanta l’Akathistos, la grande hymne à la Mère de Dieu, dont l’auteur est inconnu. Et lorsque Constantinople finit par tomber le 29 mai 1453, prise par les forces ottomanes conduites par Mehmet II, le patriarche Georges Scholarios s’adressa à la Mère de Dieu en disant : « Les fidèles ont cessé de vous invoquer pour sauver la ville, mais ils continuent à vous invoquer pour les garder toujours dans la foi des Pères de l’Église. »

Cette hymne adressée à la Mère de Dieu est l’une des expressions les plus hautes et les plus célèbres de la piété mariale de la tradition orthodoxe byzantine. Selon les mots du byzantiniste Louis Bréhier, « par sa forme élégante, par la profondeur du sentiment mystique et la beauté musicale des mots, l’Akathiste est unique dans la littérature byzantine ».

Il est considéré comme un chef-d’œuvre littéraire et théologique qui présente, sous la forme d’une prière, la foi commune et universelle de l’Église des premiers siècles au sujet de la Vierge Marie. Les sources qui ont inspiré cette hymne sont les Saintes Écritures, la doctrine définie par le Concile œcuménique de Nicée, ceux d’Éphèse et de Chalcédoine, ainsi que la réflexion des Pères de l’Église orientale des IVe et Ve siècles. Durant l’année liturgique, l’hymne acathiste est chantée solennellement et intégralement le cinquième samedi de Carême.

L’usage s’est établi de faire précéder cette célébration intégrale par quatre offices durant chacun desquels sont chantés successivement, lors des quatre premiers samedis du Grand Carême, chacun des quatre quarts de l’hymne (stances 1 à 6, puis 7 à 12, puis 13 à 18 et 19 à 24). Il est fréquent aussi de déplacer des matines à complies cette célébration qui est ainsi anticipée au vendredi soir tout en demeurant dans la journée liturgique du samedi.

Le chant de l’hymne est repris en de nombreuses autres occasions à l’église ou à la maison. Son usage est recommandé à la piété du clergé, des moines et des fidèles.

Source : Wikipedia

Commentaire de sainte Thérèse d’Avila docteur de l’Eglise romaine (XVIe siècle)

Thérèse d’Avila : ” Je crois ! Viens au secours de mon peu de foi ”

Certaines vérités concernant la grandeur de Dieu demeurent tellement imprimées dans l’âme que, quand même la foi ne serait pas là pour lui dire qui il est et l’obliger à le reconnaître pour son Dieu, elle l’adorerait comme tel. Voilà ce qu’a fait Jacob après la vision de l’échelle mystérieuse (Gn 28,12s). Il est probable que ce patriarche a compris en cet instant d’autres secrets qu’il n’a pas pu expliquer ensuite… Je ne sais pas si je m’exprime bien, car bien que j’en aie entendu parler, j’ignore si mes souvenirs sont exacts. Moïse lui non plus n’a pas pu expliquer tout ce qu’il avait vu dans le buisson, mais uniquement ce que Dieu lui a permis de révéler. Mais si Dieu n’avait pas communiqué à son âme la certitude de ces choses secrètes, s’il ne lui avait pas donné de voir et de croire que cela venait de Dieu, il n’aurait rien entrepris de ses grandes et nombreuses épreuves. Il a sûrement découvert au milieu des épines de ce buisson des vérités tellement profondes qu’elles lui ont donné le courage de faire ce qu’il a fait pour le peuple d’Israël.

Nous n’avons donc pas à chercher des raisons de comprendre les choses cachées de Dieu. Mais puisque nous croyons qu’il est tout-puissant, nous devons croire également que, dans notre grande pauvreté, nous sommes incapables de comprendre ses grandeurs. Contentons-nous de le bénir puisqu’il veut bien nous en dévoiler quelques-unes.

Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église romaine

Le Château intérieur, 6e demeure, ch. 4

Passage de la Lettre de saint Jacques

Lettre de saint Jacques : chapitre III, verset 13-18.

13 Quelqu’un, parmi vous, a-t-il la sagesse et le savoir ? Qu’il montre par sa vie exemplaire que la douceur de la sagesse inspire ses actes.

14 Mais si vous avez dans le cœur la jalousie amère et l’esprit de rivalité, ne vous en vantez pas, ne mentez pas, n’allez pas contre la vérité.

15 Cette prétendue sagesse ne vient pas d’en haut ; au contraire, elle est terrestre, purement humaine, démoniaque.

16 Car la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes.

17 Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie.

18 C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix.

Notice sur le VIIe Concile Œcuménique (Nicée II 787 )

L’Église fête chaque année le 11 octobre, les Pères du 7e Concile Œcuménique.

Plus de quatre siècles après l’assemblée fondatrice demandée par Constantin, Nicée-II fut réuni en septembre et octobre 787 sous l’impulsion de l’Impératrice Irène. Il mit fin à la première persécution iconoclaste. Celle-ci avait été imposée par un décret du pouvoir politique. Elle fut menée par le pouvoir impérial sous Léon III l’Isaurien de 726 à 741 puis sous Constantin V de 741 à 775.

Ce mouvement imposé par l’État émettait la prétention de combattre le caractère éventuellement “idolâtre”, chez certains croyants, de la vénération des saintes images.

En réalité il visait la pensée monastique et l’indépendance de l’Église.

Le mouvement iconoclaste reprit quelque temps de 813 à 820 sous le règne de Léon V l’Arménien. Il ne sera définitivement vaincu qu’en 843 grâce au patriarche l’impératrice Théodora. C’est ce dernier événement, triomphe de l’orthodoxie, que l’on commémore au deuxième dimanche du Grand Carême.

Le concile a réuni 350 pères dont 136 moines. 17 hiérarques qui avaient pactisé avec l’hérésie s’y rallièrent, après qu’eut été déposé le patriarche imposé par les iconoclastes.

On doit souligner que les défenseurs des images représentaient l’humanisme chrétien et de la culture face à des esprits totalitaires qui allaient jusqu’à définir la peinture comme un “art maudit”, à l’instar des musulmans.

Le bastion de la résistance orthodoxe était représenté par le monastère du Stoudion et par l’Université de Constantinople. Leur victoire donna le signal d’un essor considérable de la civilisation byzantine, qui rayonnera de la sorte dans tous les domaines, tant spirituels que matériels du IXe au XIIIe siècle, tenant tête à l’islam, évangélisant les Slaves, etc jusqu’au pillage de la Ville dont s’était emparée traîtreusement la Quatrième “Croisade” en 1204.

À noter parmi les défenseurs de l’orthodoxie saint Jean Damascène (676-749), le patriarche martyr saint Germain de Constantinople (675-733), et plus tard Théodore Stoudite (759-826).

Deux constitutions conciliaires très importantes fixent alors la Foi orthodoxe dans sa pureté.

1° Définition concernant les saintes images

“Plus on les voit, grâce à leur représentation par l’image, plus en contemplant leurs images on est amené à se rappeler et à aimer les modèles originaux et à leur donner salutations et respectueuse vénération – non pas l’adoration véritable propre à notre foi, qui convient à la nature divine seule”.

Les pères citent Basile de Césarée : “l’honneur rendu à l’image s’en va au modèle original” car celui qui vénère l’image vénère en elle la personne de celui qu’elle représente.

S’appuyant sur “la tradition de l’Église, sur saint Paul [2 Co 2,17 et 2 Th 2,15] ainsi nous chantons prophétiquement les hymnes célébrant la victoire de l’Église”

le concile conclut donc avec la prophétie :

“Réjouis-toi, fille de Sion, élève la voix, fille de Jérusalem, réjouis-toi et jubile de tout ton cœur le Seigneur a fait disparaître autour de toi les injustices de tes adversaires, tu es délivrée de la main de tes ennemis ; le Seigneur est roi au milieu de toi; tu ne verras plus le malheur» et la paix sera sur toi pour toujours” [So 3,14 selon la Septante]

et il décrète :

“Ceux qui osent penser ou enseigner autrement, ou à la suite des hérétiques maudits mépriser les traditions de l’Église

et imaginer quelque nouveauté, ou rejeter un des objets consacrés offerts à l’Église, évangiles, représentations de la

croix, tableau ou saintes reliques d’un martyr ou imaginer de tortueuses et fourbes manœuvres pour renverser quelque

chose dans les légitimes traditions de l’Église universelle ou encore faire servir à des usages profanes les objets sacrés

ou les saints monastères tous ceux-là, s’ils sont évêques ou clercs, nous ordonnons de les déposer s’ils sont moines ou, s’ils sont laïcs, de les exclure de la communion.”

2° Une deuxième disposition, non moins capitale, fut arrêtée par Nicée-II.

Tenant compte de l’expérience douloureuse de l’immixtion du pouvoir d’État [ce qu’on a appelé le “césaropapisme”] le concile réitère l’Évangile bien connu “Rendez à César ce qui est à César, rendez à Dieu ce qui est à Dieu”, Nicée-II proclame :

“Toute élection d’un évêque, d’un prêtre ou d’un diacre faite par des princes demeure nulle, selon le canon [Canon des apôtres 30] qui dit “si un évêque recourant à des princes séculiers entre par eux en possession d’une église, qu’il soit déposé, et que soient excommuniés tous ceux qui acceptent sa communion.”

Notice sur le Dimanche de l’Orthodoxie

Premier dimanche du Grand Carême

L’orthodoxie fête, ce jour, une grande date, celle du 11 mars 843, qui instituait le “rétablissement des icônes” après plus d’un siècle d’hérésies, de doutes, de discussions théologiques et même de persécutions. En effet la dernière hérésie qui ravagea l’Église d’Orient fut l’iconoclasme.

Dès 726, l’Empereur Léon III signait le premier décret contre les icônes, suivi de bien d’autres, jusqu’en 786/787 où le Concile œcuménique de Nicée proclama la légitimité du culte des saintes images, en ce sens que la vénération dont elles sont l’objet s’adresse à Dieu qui est ainsi adoré, ou aux Saints qu’elles représentent. Toutefois la querelle des images avait mis l’Empire à feu et à sang, occasionnant même deux schismes avec l’Église de Rome d’une durée de 70 ans.

C’est donc ainsi, sous le règne de l’Impératrice Théodora décidée à rétablir l’ Orthodoxie, que prit fin en 843 la lutte des iconoclastes. L’enjeu de ce conflit concernait l’affirmation des deux natures du Christ, “sans mélange ni confusion” : Dieu et Homme. L’icône (image) est possible car Dieu s’est fait Homme, s’est incarné.(1)

Plus tard et par extension, l’objet de la fête fut élargi à la célébration le 1er dimanche de Carême de toutes les affirmations dogmatiques orthodoxes.

Ainsi sont proclamées les sentences contre les hérésies nouvelles ou anciennes, si bien que les noms des hérétiques sont suivis d’un triple anathème tandis qu’on acclame, avec une triple bénédiction, les noms des défenseurs de la foi.

De nos jours, le Dimanche de l’Orthodoxie est la fête de la manifestation de l’unité et de la catholicité de l’Orthodoxie, dans tous les pays où elle existe. C’est en ce sens qu’elle est la fête du triomphe de l’Orthodoxie, le témoignage de sa présence universelle dans le monde, confessant une même foi, vivant un même dogme, unie dans une même spiritualité, transmise par le Christ et les Apôtres.

Extrait de “Synaxe”, n°19 “Le triode du Grand Carême” présentation pastorale

Via le site de la Paroisse Saint-Hermogène

Aphraate, Les Exposés, n°22 ; SC 359

Aphraate (?-v. 345), moine et évêque près de Mossoul

Les Exposés, n°22 ; SC 359 (trad. SC p. 841s)

Nos défunts vivent pour lui

Aphraat Le Sage Persan

Les gens pieux, sages et bons ne sont pas effrayés par la mort, à cause de la grande espérance qu’ils ont devant eux. Ils pensent tous les jours à la mort comme à un exode, et au dernier jour où seront enfantés les fils d’Adam. L’apôtre Paul dit : « La mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même en ceux qui n’ont pas péché, ainsi est-elle passée en tous les fils d’Adam » (Rm 5,14.12)… Elle est passée aussi en tous les hommes de Moïse à la fin du monde. Cependant Moïse a proclamé que son règne serait aboli ; la mort pensait emprisonner tous les hommes et régner sur eux pour toujours…, mais quand le Très Saint a appelé Moïse du sein du buisson, il lui a dit : « Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » (Ex 3,6). Entendant ces paroles, la mort a été ébranlée, a tremblé de crainte et a compris…que Dieu est le roi des morts et des vivants et qu’il viendrait un temps où les hommes échapperaient à ses ténèbres. Et voici que Jésus notre Sauveur a répété cette parole aux saducéens et leur a dit : « Il n’est pas un Dieu des morts ; tous vivent pour lui » (Lc 20,38)… 


      Car Jésus est venu, le meurtrier de la mort ; il a revêtu un corps de la descendance d’Adam, a été fixé à la croix et a goûté la mort. Elle a compris qu’il allait descendre chez elle. Toute troublée, elle a verrouillé ses portes, mais lui a brisé ses portes, est entré chez elle et a commencé à lui arracher ceux qu’elle détenait. Les morts, voyant la lumière dans les ténèbres, ont levé la tête hors de leur prison et ont vu la splendeur du Roi Messie… Et la mort, voyant les ténèbres commencer à se dissiper et des justes ressusciter, a appris qu’à l’achèvement du temps il ferait sortir de son pouvoir tous les captifs.

 

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