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Homélie prononcée par Père René le 14 septembre 2000 à la Crypte

Que la Fête de l’Exaltation de la Croix soit la commémoration de son invention par sainte Hélène montre la volonté de l’Église de fixer dans l’Histoire et au centre de l’Histoire la Crucifixion du Christ, notre Dieu, comme le passage de l’ordre ancien de ce monde à la venue déjà en cours des Temps derniers.

À partir d’une réalité de l’Histoire, l’Église nous découvre l’immensité du plan divin de toute la Sainte Trinité, plan entièrement enté sur le salut du monde par la puissance de la Croix.

Ainsi la Croix se révèle comme l’axe du monde et de l’Histoire. Saint Hippolyte de Rome a illustré ce thème dans une fresque géniale. Tous les Pères à sa suite ont vu dans la Croix le nouvel Arbre du Paradis, d’où s’échappent éternellement comme les quatre fleuves de l’Esprit, aux rives desquels croissent des arbres dont le feuillage ne se flétrit jamais.

Mais si la Croix est axe du monde présent et du monde à venir, c’est parce qu’elle a été sanctifiée par le Sang du Fils de Dieu, du Verbe incarné, homme de douleur mis à mort à cause de nous et de nos péchés . Dans la mission du Christ, la Croix préexistait dès avant la Création, comme elle ne cesse de briller depuis, dans l’éternité du Royaume.

Dans le temps de la vie terrestre du Christ, la Croix s’est présentée à Lui dès le baptême au Jourdain. Au-delà de Sa Passion, de la Crucifixion et de la mort, elle L’a accompagné de la descente aux enfers jusqu’à Son élévation au Ciel.

C’est peu de dire que nous exaltons aujourd’hui la Croix. Nous la vénérons et la glorifions comme le lieu et le moment où, dans l’Histoire, le Christ a accompli pour nous la justice de son Père, prenant sur Lui le calice de la mort pour nous appeler tous à partager avec Lui le mystère de Sa Résurrection triomphante.

Peut-on aller jusqu’à dire qu’entre la Croix et le Christ il y aurait identification ? Certes non. Mais la Croix est l’achèvement ultime et la réalisation si parfaite de l’œuvre du Christ pour nous qu’elle est indissociable de Sa Personne. D’une certaine façon nous exaltons et vénérons aujourd’hui la Croix comme la représentation la plus parfaite du dessein de la Sainte Trinité pour nous. La Croix est l’icône de l’œuvre du Christ pour nous et pour le monde.

Cette icône exalte devant nous le prix payé par le Christ pour notre salut. Elle récapitule Ses souffrances et Sa mort. Mais par dessus tout, elle proclame le triomphe de Sa Résurrection. Elle a été pour le Sauveur un lieu de déréliction comme aucun homme ne pourra jamais connaître, et de jubilation glorieuse comme seul l’Un de la Sainte Trinité pouvait et continue de l’éprouver.

Ces deux aspects de la Croix ont été glorifiés, chacune avec son génie propre, par les Églises d’Occident et d’Orient. Croix douloureuse de la Passion ; Croix triomphante de la Résurrection. Mais en Christ, la Croix est une, totalement une. Ainsi doit-elle être également pour nous dans nos vies présentes.

Surtout, il importe que la Croix ne reste pas pour nous une image pieuse. Certes, seule la contemplation permet d’entrer dans le mystère et, à la mesure de notre intelligence et de notre foi, de le partager et de le vivre, mais le vivre pour le faire mieux passer dans nos vies.

Jésus a pris sur Lui la Croix, car seul, absolument Lui seul, pouvait et devait la prendre. Mais Son œuvre de rédemption doit s’accomplir aussi en nous. Jésus veut que nous soyons un avec Lui, jusqu’au plus profond de Son œuvre de salut : « Celui qui veut être Mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive.  » Plus nous méditons cette Parole, plus nous la plaçons au centre de notre cœur, de notre personne et mieux nous l’acceptons et la mettons en pratique, comme une exigence aussi douce qu’impérieuse.

L’Exaltation de la Croix devient le centre de nos vies et de nos personnes, la marque de notre foi, la raison de notre présence au monde, la justification de notre existence et surtout le cœur de notre espérance.

Nous aimons la Croix. C’est là que nous rencontrons le Ressuscité. C’est là que nous Lui apportons nos souffrances. C’est en elle que réside tout notre espoir, l’assurance des choses qu’on espère et la vision de celles qu’on attend . Par la Croix, le Ciel s’ouvre à nous, la Gloire du monde à venir se déverse déjà sur nous. En elle et avec elle, nos cœurs redoublent de joie et d’allégresse. Aussi, le cœur en fête, ne cessons-nous jamais de l’exalter, en Église comme en nous-mêmes : « Devant Ta Croix, nous nous prosternons, ô Maître, et Ta Sainte Résurrection, nous la chantons. »

Amen.

Père René

Homélie prononcée à la Crypte par le Père Boris le 3 avril 1994

Père Boris Bobrinskoy

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

En ce dimanche de la Croix, nous nous tenons devant le symbole suprême et le signe tangible de l’amour infini de Dieu. La Croix porte en elle à la fois l’amour infini et la haine infinie ou, plutôt, une haine qui malgré sa démesure n’atteint pas à la mesure de l’amour de Dieu. L’amour de Dieu, lui, est infini totalement.

Le Seigneur dit cette parole : ” Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi – Il indiquait par cela de quelle mort il devait mourir” (Jean XII, 32). En effet, dans les bras étendus de Jésus crucifié on contemple le mouvement de prière de Celui qui était totalement prière et entièrement tourné vers le Père et le mouvement d’amour de Celui qui tend les bras, pour attirer à Lui tous les hommes. Nous sommes tous objets et sujets de cet amour infini de Dieu qui pour chacun de nous a donné non pas seulement quelques gouttes de son sang comme le disait Pascal, mais Son être tout entier, Son sang et Son corps tout entier pour chacun de nous.

Jésus nous porte dans Son cœur et dans Sa prière, tout particulièrement avant Sa Passion et dans Son intercession céleste. La Croix est le signe de cet amour infini de Dieu, d’un amour qui par définition est toujours don de soi-même. Nous disons que le Père engendre le Fils dans le mystère indicible de la Sainte Trinité : ce sont des mots humains pour exprimer une relation d’unité totale, de transparence entière. Le Père engendre, c’est-à-dire qu’Il donne la vie, éternellement, dans un éternel présent, à Son Fils ; Il s’ouvre, se livre, se donne, se vide pour ainsi dire totalement en Lui. L’amour trinitaire est aussi, en ce sens, don de soi-même, et on peut dire oubli de soi-même dans l’autre. Et l’Esprit Saint apparaît comme le fruit de cet amour, comme son lieu et comme le lien d’amour du Père et du Fils.

Lorsque Dieu crée le monde et l’homme, Il le crée dans un débordement infini d’amour. Ce sont de nouveau des mots humains, pour dire qu’il n’y a pas d’autre motivation, d’autre raison d’être, d’autre but pour la création de l’homme et des anges, que de faire sortir du néant des êtres qui puissent infiniment et éternellement aimer Dieu et être l’objet de Son amour.

Lorsque l’homme tombe et chavire dans la désobéissance, cet amour de Dieu est blessé, blessé mais non détruit. Alors ce flot d’amour qui rencontre la résistance et le refus entre dans la souffrance. Les Pères n’hésitent pas de parler de cette souffrance du Père qui se voit rejeté par ses propres enfants. C’est là que se trouve le premier fondement de la Croix. Parce que Dieu ne désire pas que le mal et que le malin aient le dernier mot, de nouveau Il fait le même geste de don total de soi : Il envoie Son Fils unique. Rappelez-vous la Parabole des vignerons homicides dans laquelle le fils bien-aimé est envoyé comme dernier recours : ” Je vais leur envoyer mon Fils, mon bien-aimé, peut-être auront-ils respect de lui” (Luc XX, 13).

Et là, c’est une révélation pour nous : lorsque le Père envoie Son Fils, Il le fait avec l’espérance que peut-être les hommes Le respecteront.

Mais Jésus connaît le chemin qu’il doit suivre, car de toute éternité, Jésus entend la Parole du Père et il lui répond.

Il lui répond dans l’obéissance, comme le dit le Psaume 39 : ” Tu m’as formé un corps. Tu n’as agréé ni holocauste, ni sacrifice. Alors j’ai dit : voici je viens. Au rouleau du livre il m’est prescrit de faire ta volonté” (Ps 39,7-9) ; ” je viens dans le monde, Père, pour faire ta volonté.”

Toute la vie du Seigneur a été un accomplissement incessant, toujours renouvelé et jamais défaillant, de la volonté du Père : ” Je ne suis pas venu faire ma volonté mais la volonté de celui qui m’a envoyé” (Jn 6, 38) et encore  : ” Père, si c’est possible, que ce calice s’éloigne de moi, mais que ta volonté se fasse et non pas la mienne” (Lc 22, 42). C’est la prière incessante du Fils en face de la révolte de la chair, de la révolte humaine devant la souffrance et la mort, qu’Il a prises sur Lui et qui Le font ployer et verser des gouttes de sang. Je disais bien que la Croix est symbole de l’amour infini de Dieu. Mais il fallait justement que cet amour se heurte à la résistance, au mal et à la haine pour que cette haine soit pour ainsi dire dévitalisée au cœur d’elle-même. C’est pour cela que la Croix est aussi le signe de la haine suprême de ceux qui rejettent le Christ et Le crucifient. Et nous autres, dans la mesure de notre propre péché et de nos infidélités quotidiennes, nous sommes les fauteurs, il faut le dire, de cette crucifixion du Seigneur, du Fils de Dieu devenu Fils de l’Homme par amour infini. Nous y participons et nous ne devons pas penser que nous sommes meilleurs que les autres. Par conséquent nous devons porter profondément en nous le sentiment que nous partageons avec les contemporains du Christ la responsabilité de L’avoir crucifié ou de L’avoir abandonné. Le Seigneur a été finalement seul à porter Sa croix, accompagné par Sa sainte Mère et l’apôtre Jean. Allant jusqu’au bout de cette obéissance filiale exprimée sur la croix par les mots : ” Tout est terminé” (Jn 10, 30) et ” Père je remets mon esprit entre tes mains” (Lc 23, 46), allant jusqu’au bout de cette obéissance, il dévitalise la haine, et la Croix, désormais, trouve par la mort et l’amour du Christ une puissance nouvelle de vie et de grâce.

Cette croix devient vivifiante, cette croix devient lumineuse, cette croix devient déjà le symbole de la Résurrection, — de même que le tombeau vide est déjà le lieu de la Résurrection.

C’est pourquoi nous la vénérons non seulement comme un signe, mais comme le lieu de la Présence du Christ crucifié et ressuscité, comme le lieu de la grâce de l’Esprit Saint, comme le lieu dans lequel les énergies mêmes de Dieu se manifestent pour que nous y communiions. C’est pourquoi nous embrassons la croix, icône du Christ mort et ressuscité. C’est pourquoi nous gravons de toutes nos forces le signe de la croix sur notre corps et nous bénissons nos proches par ce même signe de la Croix. Le prêtre n’est pas le seul à pouvoir bénir avec le signe de la Croix : chacun de nous peut bénir son proche, intérieurement ou extérieurement, maternellement et paternellement. Le signe de la Croix que nous posons sur nous-mêmes et sur nos proches est une très grande grâce que Dieu nous donne, car il est porteur de la puissance divine contre les démons et contre les tentations. Voilà pourquoi il ne doit pas être tracé machinalement comme cela souvent se fait ; il doit être fait avec attention, avec vénération, avec la pleine conscience d’accomplir un geste fondamental qui nous fait participer à la mort et à la Résurrection du Christ.

Puisse alors cette Croix que nous vénérons aujourd’hui, au milieu du grand carême, nous conduire comme un phare qui indique le chemin de l’oubli de soi-même, le chemin qui aboutit au mystère de la Sainte Passion du Christ. Puisse la Croix nous aider à participer du plus profond de notre cœur à cette Passion, aux souffrances du Christ, pour être introduis par le Seigneur, à travers notre purification et notre pardon, dans l’espace nouveau de la grâce de la Résurrection inauguré ici et maintenant.

Amen.

Père Boris

Homélie patristique de saint Germain de Constantinople (v640-733) “Le Trône de la Croix”

Exaltation de la Croix “Le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur les habitants du sombre pays une lumière a resplendi” (Is 9,1) : la lumière de la rédemption. En voyant la mort qui le tyrannisait blessée à mort, ce peuple revient des ténèbres à la lumière ; de la mort, il passe à la vie.

Le bois de la croix porte celui qui a fait l’univers. Subissant la mort pour ma vie, celui qui porte l’univers est fixé au bois comme un mort ; celui qui insuffle la vie aux morts rend le souffle sur le bois. La croix ne lui fait point honte, mais comme un trophée, elle atteste sa victoire totale. Il siège en juste juge sur le trône de la croix. La couronne d’épines qu’il porte sur le front confirme sa victoire : ” Ayez confiance, j’ai vaincu le monde et le prince de ce monde, en portant le péché du monde. ” (Jn 16,33; 1,29)

Que la croix soit un triomphe, les pierres elles-mêmes le crient (cf Lc 19,40),

ces pierres du Calvaire où Adam, notre premier père, a été enterré, selon une vieille tradition des pères.

” Adam où es-tu ? ” (Gn 3,9),

crie à nouveau le Christ en croix. ” Je suis venu là à ta recherche et, pour pouvoir te trouver, j’ai tendu les mains sur la croix. Les mains tendues, je me tourne vers le Père pour rendre grâce de t’avoir trouvé, puis je les tourne aussi vers toi pour t’embrasser. Je ne suis pas venu pour juger ton péché, mais pour te sauver par mon amour des hommes (cf Jn 3,17).

Je ne suis pas venu te maudire pour ta désobéissance, mais te bénir par mon obéissance.

Je te couvrirai de mes ailes, tu trouveras à mon ombre; un refuge, ma fidélité te couvrira du bouclier de la croix et tu ne craindras pas la terreur des nuits (Ps 90,1-5),

car tu connaîtras le jour sans déclin (Sg 7,10).

Je chercherai ta vie, cachée dans les ténèbres et à l’ombre de la mort (Lc 1,79).

Je n’aurai de repos, jusqu’à ce que, humilié et descendu jusqu’aux enfers pour t’y chercher, je t’aie reconduit dans le ciel.

Saint Germain de Constantinople (†733)

In Domini corporis supulturam ;PG 98, 251-260

trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 182 rev.)

Commentaire de saint Jean-Chrysostome : Jésus grand prêtre

Épître aux Hébreux, chapitre IV versets 14 à 16 et chapitre V versets 1 à 6

Saint Jean Chrysostome commente ici un passage de l’Épître aux Hébreux, Chapitre IV versets 14 à 16 et chapitre V versets 1 à 6  : ” 4, 14 Ayant donc un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de foi.

15 Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché.

16 Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour une aide opportune.

5,1 Tout grand prêtre, en effet, pris d’entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir dons et sacrifices pour les péchés.

2 Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés, puisqu’il est lui-même également enveloppé de faiblesse,

3 et qu’à cause d’elle, il doit offrir pour lui-même des sacrifices pour le péché, comme il le fait pour le peuple.

4 Nul ne s’arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron.

5 De même ce n’est pas le Christ qui s’est attribué à soi-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l’a reçue de celui qui lui a dit : Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ;

6 comme il dit encore ailleurs : Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech.”

Extraits des Homélies VII et VIII sur l’épître aux Hébreux

Oui : la parole de Dieu est le mieux affilé de tous les glaives ; elle perce les âmes ; elle leur porte des coups mortels et leur fait de mortelles blessures. Ce qu’il dit là, il n’est pas nécessaire qu’il le démontre, qu’il le prouve et qu’il l’établisse ; l’exemple qu’il cite en dit assez. À quelle guerre en effet, sous quel glaive ont-ils succombé ? Ne sont-ils pas tombés d’eux-mêmes ? Si nous n’avons pas souffert autant qu’eux, ne soyons pas exempts de crainte : tant que nous pouvons dire “aujourd’hui”, relevons-nous et réparons nos forces.

Après avoir ainsi parlé, de peur que ses auditeurs, en apprenant ces châtiments de l’âme, ne restent froids et languissants, il ajoute à ces châtiments des peines corporelles, en faisant entendre que Dieu, armé du glaive spirituel de sa parole, fait comme un souverain qui punit ses officiers coupables de quelque grande faute. Il leur ôte le droit de servir dans ses armées, il leur ôte leur ceinturon et leur grade, et les condamne à une peine proclamée par la voix du crieur public.

Puis, à propos du Fils, il laisse tomber ces mots terribles : “celui auquel nous parlons” : c’est-à-dire, celui auquel nous devons rendre compte. Ainsi ne nous laissons pas abattre, ne nous décourageons pas.

Ce qu’il a dit suffisait bien pour nous instruire ; mais pour lui, ce n’est point assez et il ajoute :

Verset 14 Ayant donc un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de foi.

Il veut par là soutenir notre courage et voilà pourquoi il ajoute : “nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses.”

C’est encore pour cela qu’il disait plus haut : “lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché.”, il est à même de secourir ceux qui sont éprouvés. Vous voyez qu’il a toujours le même but. Ce qu’il dit là revient à dire : la voie dans laquelle il était entré était encore plus rude que la nôtre ; car il a fait l’expérience de toutes les misères humaines. Il avait dit : “Nulle créature ne lui est cachée”, pour faire allusion à sa divinité. Mais, lorsqu’il arrive à l’Incarnation, il prend un langage plus modeste et plus humble. Nous avons, dit-il, “un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux” et il montre sa sollicitude pour défendre et protéger les siens, pour les préserver de toute chute.

Moïse, dit-il, n’est pas entré dans le repos de Dieu ; mais lui, il y est entré, et comment ? Je vais vous le dire. Que l’apôtre n’ait tenu hautement dans aucun passage, le langage que je lui prête, il n’y a rien d’étonnant à cela. C’est pour qu’ils ne croient pas avoir trouvé dans l’exemple de Moïse un moyen de défense, qu’il attaque indirectement Moïse lui-même ; c’est pour ne pas avoir l’air de l’accuser, qu’il ne dit pas tout cela ouvertement. Car si, malgré sa discrétion, ils lui reprochaient de parler contre Moïse et contre la Loi, ils se seraient récriés bien davantage, s’il avait dit : le lieu de repos dont je parle ce n’est pas la Palestine, c’est le ciel. Mais il ne se repose pas entièrement du soin de notre salut sur le grand prêtre ; il veut aussi que nous agissions de notre côté : il veut que nous demeurions fermes dans la foi dont nous avons fait profession.

Verset 15 “Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché.”

Qu’entend-il par-là ? Il veut dire que nous devons croire fermement à la résurrection, à la rémunération, aux biens innombrables que Dieu nous promet, à la divinité du Christ, à la vérité de notre foi : voilà les croyances dans lesquelles nous devons rester fermes. Ce qui prouve d’une manière évidente que la vérité est là ; c’est le caractère de notre grand prêtre.

Nous ne sommes pas encore tombés ; restons fermes dans notre foi quand les événements prédits ne seraient pas encore arrivés, restons fermes dans nos croyances : s’ils étaient déjà arrivés, ce serait un démenti donné aux livres saints. S’ils tardent à s’accomplir, cela prouve encore que les livres saints disent la vérité. Car notre pontife est grand.

— “nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses”. Il ne peut pas ignorer notre situation, comme tant de pontifes qui ne savent pas quels sont ceux qui sont dans l’affliction, qui ne savent pas ce que c’est que l’affliction. Car chez nous autres hommes, il est impossible que l’on connaisse les tribulations de celui qui est persécuté, si l’on n’a pas fait soi-même l’épreuve du malheur, si l’on n’a pas souffert. Notre pontife à nous a tout souffert. Il a souffert, il est monté aux cieux ; pour compatir à nos douleurs :

Il “a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché.”

Voyez comme il revient sur ce mot “comme nous” ; c’est-à-dire qu’il a été persécuté, conspué, accusé, tourné en ridicule, attaqué par la calomnie, chassé et enfin crucifié.

– “Il a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché.”. Il y a encore ici une chose qu’il fait entendre, c’est que les souffrances ne sont pas incompatibles avec l’innocence, et que sans péché on peut souffrir.

C’est pourquoi quand il dit “en prenant un corps semblable au nôtre”, l’apôtre ne veut pas dire que cette ressemblance fut absolue, il a voulu seulement parler de l’Incarnation. Pourquoi donc ces mots : “Comme nous ?” Il a voulu faire allusion à la faiblesse de la chair, il s’était fait homme “comme nous”, matériellement par là ; mais, en ce qui concerne le péché, sa nature n’était pas la nôtre.

Verset 16 “Approchons donc avec confiance pour recevoir cette miséricorde que nous demandons”.

Quelle est cette miséricorde, ce trône de la grâce ? C’est ce trône royal dont il est dit : “Le Seigneur a dit, à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu’à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marchepied(1)”. C’est comme s’il disait : Marchons avec confiance, puisque nous avons un pontife exempt de péché, qui a vaincu le monde. “Ayez confiance”, dit-il, “j’ai vaincu le monde (2)” ; ce qui veut dire qu’il a connu toutes les souffrances, sans connaître le péché. Mais si nous sommes soumis au péché et s’il en est affranchi, comment ferons-nous pour nous présenter avec confiance ? C’est qu’il s’agit ici du trône de la grâce et non du tribunal suprême.

Verset 16 “Approchons, donc avec confiance”, dit-il, “pour recevoir cette miséricorde que nous demandons”.

Cette miséricorde est de la munificence ; c’est un don royal : “Et afin d’y trouver le secours de sa grâce, quand nous le demanderons à propos”. Il a raison de dire : “Quand nous le demanderons à propos”. Approchez-vous de lui maintenant ; il vous fera grâce et miséricorde, parce que vous arriverez à temps. Mais si, vous vous présentez aujourd’hui, c’est inutilement ; votre arrivée est inopportune ; vous ne pouvez plus vous présenter devant le trône de la grâce. Vous pouvez comparaître devant ce trône, tant qu’il est occupé par le souverain dispensateur des grâces, mais une fois que les temps sont accomplis, voilà votre juge qui se dresse devant vous !

“Levez-vous, mon Dieu”, dit le Psalmiste, “et venez juger la terre (3)”.

Disons encore avec l’apôtre : “Approchons-nous avec confiance”, c’est-à-dire, sans avoir de reproche à nous faire, sans hésitation ; car celui qui a quelque chose à se reprocher, ne peut pas se présenter avec confiance. C’est pourquoi il est dit ailleurs :

“J’ai exaucé votre prière faite en temps opportun, et je vous ai secouru au jour du salut(4)”. En effet, si ceux qui pèchent, après avoir reçu le baptême, ont la ressource de la pénitence, c’est là un don de la grâce : ne croyez point, parce que vous avez entendu dire que Jésus est un pontife, qu’il reste debout ; saint Paul dit qu’il est assis, quoique le prêtre ordinairement ne soit pas assis, mais se tienne debout. Vous voyez que, s’il a été fait pontife, ce n’est pas là un don de la nature, mais un don de la grâce, un effet de son abaissement volontaire et de son humilité.

Disons, il en est temps encore : Approchons-nous de lui avec confiance et demandons. Nous n’avons qu’à lui offrir notre foi ; il nous accordera tout. Voici le moment des libéralités ; qu’on ne désespère pas de soi-même. Il sera temps de désespérer, quand la salle sera fermée, quand le roi sera entré pour voir ceux qui sont assis au festin, quand les patriarches auront reçu dans leur sein ceux qui en sont dignes. Mais aujourd’hui ce n’est pas l’heure du désespoir. Le théâtre est encore là ; c’est encore le moment du combat la palme est encore incertaine.

Hâtons-nous donc. C’est Paul qui nous le dit : “Pour moi, je ne cours pas au hasard (5)” Il faut courir et courir, avec ardeur.

Saint Paul s’attache maintenant à démontrer combien le Nouveau Testament est préférable à l’Ancien, combien il lui est supérieur, et il commence par exposer les raisons sur lesquelles il se fonde. Sous la loi nouvelle, rien ne parle aux sens, il n’y a pas de représentation matérielle, point de temple, point de saint des saints, point de prêtre revêtu de l’appareil sacerdotal, point de cérémonies légales ; tout est plus élevé, tout est plus parfait. Rien pour le corps ; tout pour l’esprit. Or, ce qui est du ressort de l’esprit ne frappe pas les âmes faibles comme ce qui parle aux sens ; voilà pourquoi l’apôtre tourne et retourne son sujet de mille manières. Voyez combien il est habile. Il nous représente d’abord le Christ comme prêtre, il ne cesse de lui donner le nom de pontife ; et il part de là pour nous montrer combien il diffère des autres pontifes.

Il donne la définition du prêtre, il nous montre les caractères et les symboles du sacerdoce réunis dans la personne du Christ. Ce qu’on pouvait lui objecter, ce qui lui faisait obstacle, c’est qu’il n’était ni d’une haute naissance, ni d’une tribu sacerdotale, ni revêtu d’un sacerdoce terrestre. On pouvait donc craindre d’entendre sortir de quelques bouches cette question : Comment se fait-il qu’il soit prêtre ? Eh bien ! Paul procède ici comme dans l’épître aux Romains(6). Il s’était chargé de soutenir une thèse difficile ; il fallait prouver que la foi opère des effets que n’ont pu opérer la loi, ni toutes les peines et tous les travaux qu’elle imposait. Pour montrer que cet effet s’est produit et qu’il pouvait se produire, il a recours à l’exemple des patriarches et il remonte aux temps anciens. C’est ainsi qu’il entre dans la seconde voie suivie par le sacerdoce, en citant d’abord les anciens pontifes. De même qu’à propos des peines infligées aux méchants, Il a cité à ses auditeurs non seulement la géhenne, mais encore l’exemple de leurs pères ; de même ici il commence par leur rappeler les faits présents à leur mémoire. Au lieu de leur montrer le ciel, pour les faire croire aux choses terrestres, il fait le contraire, en considération de leur faiblesse. Il expose d’abord les points de contact que le Christ peut avoir avec les autres pontifes, pour montrer ensuite la supériorité qu’il a sur eux. La comparaison est donc à l’avantage du Christ ; puisque sous certains rapports, il y a ressemblance et affinité entre eux et lui, tandis que sous d’autres points de vue, il leur est supérieur. Autrement, à quoi aboutirait cette comparaison ?

Chapitre V verset 1 “Tout grand prêtre, en effet, pris d’entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir dons et sacrifices pour les péchés.

Voilà une condition qui se rencontre dans le Christ, comme dans les autres. “Est établi pour les hommes, en ce qui tient au culte de Dieu”. Même observation. “Afin qu’il offre des dons et des sacrifices pour le peuple”. Cela est encore ; jusqu’à un certain point, commun au Christ et aux autres.

Mais il n’en est pas ainsi du reste :

Verset 2 “Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés, puisqu’il est lui-même également enveloppé de faiblesse”.

Voilà déjà un avantage que le Christ a sur les autres pontifes.

“Comme étant lui-même environné de faiblesse, et

Verset 3 à cause de cette ignorance, “il doit offrir pour lui-même des sacrifices pour le péché, comme il le fait pour le peuple.

Puis il ajoute : Il a reçu le pontificat, mais-il ne s’est pas fait lui-même pontife. Il a encore cela de Commun avec les autrespontifes.

Verset 4 “Nul ne s’arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron.”

Ici c’est autre chose qu’il s’applique à démontrer, il fait voir que le Christ est l’envoyé de Dieu. C’est ce que le Christ ne cessait de dire, en conversant avec les juifs : “Celui qui m’a envoyé est plus grand que, moi(7)”.

Et ailleurs : “Je ne suis pas venu de moi-même”. Selon moi, ces paroles font allusion aux pontifes juifs qui envahissaient le sacerdoce au mépris de la loi.

Verset 5 “De même ce n’est pas le Christ qui s’est attribué à soi-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l’a reçue de celui qui lui a dit : Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”

Quand donc a-t-il été institué et ordonné pontife ? Aaron, .en effet, a été souvent institué et ordonné pontife, par la verge, par le feu du ciel, qui consuma ceux qui voulaient lui ravir le sacerdoce. ici, rien de pareil : non seulement il n’est pas arrivé malheur aux faux pontifes, mais ils sont en bonne odeur. Comment donc saint Paul. prouve-t-il l’ordination de Jésus-Christ ? Par les prophéties. Son pontificat n’a rien de matériel et ne tombe pas sous les sens. Ce qui prouve sa dignité de pontife, ce sont les prophéties, la prédiction de ce qui devait arriver, “c’est celui qui lui a dit : Vous êtes mon Fils, je vous ai engendré aujourd’hui”. Ces paroles se rapportent-elles au Fils de Dieu ? Sans doute, c’est de lui qu’il s’agit ici. Mais quel rapport ces paroles ont-elles avec la question qui nous occupe ? Elles en ont un très-grand. C’est la démonstration anticipée qu’il a été institué et ordonné pontife par Dieu même.

Verset 6 “comme il dit encore ailleurs : Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech.”

A qui s’appliquent ces paroles ? Quel est ce pontife qui est selon l’ordre de Melchisédech ? Nul autre que le Christ. Tous en effet étaient soumis à là loi ; tous observaient le sabbat ; tous étaient circoncis. Il ne peut être ici question que du Christ.

Ne voyez-vous pas qu’il s’agit ici de l’incarnation réelle ? Ce qu’il dit là le fait assez entendre. Dites-moi : ne demandait-il point à son Père d’être préservé de la mort ; n’était-il pas attristé par cette perspective de la mort ? Ne disait-il pas : “Que ce calice, s’il est possible, s’éloigne de mes lèvres ?” Mais, pour ce qui est de la résurrection, il n’a jamais prié son Père ; au contraire, il dit lui-même tout haut : “Renversez ce temple, et dans trois jours, je le relèverai”.

Et il dit encore : “Je puis déposer la vie et la reprendre ; personne ne me l’ôte ; c’est moi-même qui la déposé (8)”.

Qu’est-ce donc et pourquoi priait-il?

Et il disait aussi : “Nous allons à Jérusalem, et le Fils de Dieu sera livré aux princes des prêtres et. aux scribes qui le condamneront à mort et le livreront aux gentils ; afin qu’ils le tournent en dérision, qu’ils le fouettent et le crucifient ; et il ressuscitera le troisième jour(9)”. Il n’a pas dit : Mon Père me fera ressusciter. Comment donc peut-on dire qu’il le priât pour le faire ressusciter ? Mais pour qui priait-il ? Pour ceux qui avaient cru en lui. Ce que dit l’apôtre revient à ceci : Il n’a pas de peine à se faire exaucer. Comme ses auditeurs ne se faisaient pas une juste idée du Christ, il dit qu’il a été exaucé, en tenant le langage que le Christ tenait lui-même, pour consoler ses disciples : “Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez, parce que je vais trouver mon Père qui est plus grand que moi (10)”. Comment donc ne s’est-il pas glorifié lui-même, ce Dieu qui a été assez dévoué pour s’annihiler, pour se livrer lui-même ? “Il s’est sacrifié pour nos péchés(11)”, dit l’apôtre. Et ailleurs : “C’est lui qui s’est livré, pour nous racheter tous (12)” Qu’est-ce donc ? Ne voyez-vous pas que c’est le Dieu fait chair qui s’humilie ? Aussi, quoiqu’il fût le Fils de Dieu, a-t-il été exaucé, en considération de son respect pour son Père. Il veut montrer, en effet, que l’œuvre qui s’est accomplie a été opérée par lui plutôt que par la grâce de Dieu. Tel était son respect filial et sa piété, dit l’apôtre, que Dieu son Père le respectait. Il a appris à obéir à Dieu. Il montre encore quels sont les fruits de la souffrance. “Et étant entré dans la consommation de sa gloire, il est devenu l’auteur du salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent”. Or, si lui qui était le Fils de Dieu a profité de ses souffrances. pour apprendre à obéir, à plus forte raison nous autres devons-nous mettre à profit un semblable. apprentissage. Voyez-vous comme il s’étend sur l’obéissance, afin de parvenir à les persuader ? Ils m’ont tous l’air en effet d’être fort disposés à secouer le frein et à se révolter. C’est ce que saint Paul fait entendre par ces mots : “Votre attention s’est refroidie” : ses souffrances, dit-il, lui ont appris à obéir à Dieu. Et il est entré dans la consommation de sa gloire par la souffrance. C’est donc là ce qui parfait l’homme, et la souffrance est le chemin de la perfection. Non seulement il s’est sauvé lui-même, mais il a sauvé les autres.

Verset 11 “Étant entré dans la consommation de sa gloire, il est devenu l’auteur du salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent, Dieu l’ayant déclaré pontife ; selon l’ordre, de Melchisédech ; sur quoi nous aurions beaucoup de choses à dire, qui sont difficiles à expliquer, à cause de votre lenteur et de votre peu d’application pour les entendre”.

Avant d’en venir aux deux espèces de sacerdoce, il reprend ses auditeurs en leur montrant qu’il abaisse son style pour descendre jusqu’à eux, et qu’il les traite comme des enfants à la mamelle ; par conséquent il prend un ton plus humble, approprié aux choses de la chair et il parle du Christ, comme on parlerait d’un homme juste.

Et nous aussi, instruisons-nous. En apprenant que cet homme n’est ni gentil, ni juif, n’allez pas en conclure qu’il est chrétien. Car les manichéens et les hérétiques de toutes sortes ont pris le masque du christianisme pour tromper les âmes simples. Mais, si nous sommes exercés à distinguer le bien du mal, nous pourrons appliquer ici notre discernement. Or quels moyens avons-nous de nous exercer ? Nous n’avons qu’à écouter sans cesse la parole de Dieu, et qu’à nous fortifier dans la connaissance de l’Ecriture sainte.

Car, lorsqu’on recherche les choses de Dieu ; on obtient aussi nécessairement les biens terrestres, s’il faut en croire la vérité éternelle dont ce sont là les paroles. Recherchons donc les choses de Dieu, pour ne pas tout perdre.

Dieu peut nous toucher et nous rendre meilleurs, par la grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Amen

Notes

(1) cf Psaume 110-109 verset

(2) cf Évangile selon saint Jean, chapitre XVI, verset 33

(3) cf Psaume 82-81 verset 8

(4) cf Livre d’Isaïe chapitre XLIX verset 8

(5) cf Première Épître aux Corinthiens chapitre IX, verset 26

(6) cf Épître aux Romains chapitre IV

(7) cf Évangile selon saint Jean, chapitre VIII, verset 42.

(8) cf Évangile selon saint Jean, chapitre II, verset 19, et chapitre X, verset 18

(9) cf Évangile selon saint Mathieu chapitre XX verset 19.

(10) cf Évangile selon saint Jean, chapitre XIV verset 28.

(11) cf Épître aux Galates chapitre Ier, verset 4

(12) cf Première Épître à Timothée chapitre II, verset 6.

 

Ce texte est extrait de la série des commentaires de saint Jean Chrysostome sur l’épître aux Hébreux 7e et 8e Homélies.

 

Les Conditions pour suivre Jésus et la Proximité du Royaume

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc

Chapitre VIII verset 34 à Chapitre IX verset 1 (Mt 16,24  ; Lc 9,23)

8,34 Appelant à lui la foule en même temps que ses disciples, il leur dit : “Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.

35 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera.

36 Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ?

37 Et que peut donner l’homme en échange de sa propre vie ?

38 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi rougira de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges.”

9,1 Et il leur disait : “En vérité je vous le dis, il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance.”

Le Sacerdoce de la Nouvelle Alliance, selon l’ordre de Melchisédech.

Épître aux Hébreux

Chapitre IV versets 14 à 16 Chapitre V verset 1 à 6

4, 14 Ayant donc un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de foi.

15 Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché.

16 Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour une aide opportune.

5,1 Tout grand prêtre, en effet, pris d’entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir dons et sacrifices pour les péchés.

2 Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés, puisqu’il est lui-même également enveloppé de faiblesse,

3 et qu’à cause d’elle, il doit offrir pour lui-même des sacrifices pour le péché, comme il le fait pour le peuple.

4 Nul ne s’arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron.

5 De même ce n’est pas le Christ qui s’est attribué à soi-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l’a reçue de celui qui lui a dit : Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ;

6 comme il dit encore ailleurs : Tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech.”

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