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Homélie prononcée à la Crypte par le Père René le 28 avril 1985

DIMANCHE des MYRRHOPHORES

IIIèmedimanche après Pâques

Actes des Apôtres VI, 1-7 – évangile selon saint Marc XV, 43-XVI, 8

Le Christ est ressuscité !

En véritéIl est ressuscité !

Marie de Magdala, Marie mère de Joséet de Jacques le mineur, et sans doute aussi Salomé, femme de Zébédée et mère de Jacques le majeur et de Jean, ont regardéJoseph d’Arimathée rouler la pierre sur le tombeau oùavait étédéposéle corps de Jésus. Cet ensevelissement, seuls Joseph et Nicodème y ont procédé. Les femmes n’avaient pu qu’y assister, contemplant et gravant ce moment dans la mémoire de leur cœur. Rappelons ce qu’en disent saint Marc et saint Matthieu : il y avait làMarie de Magdala et l’autre Marie, assises en face du sépulcre, qui regardaient oùil avait étéplacé.

Si l’ensevelissement a étéle fait de Joseph et de Nicodème, dans un temps extrêmement court entre la mort de Jésus àla neuvième heure dans les ténèbres et la tombée du jour de ce sabbat pascal, les femmes savaient qu’il leur reviendrait dès le sabbat passé, dès l’aurore, de reprendre cette inhumation précipitée et d’apporter tous les soins de leur amour à l’embaumement du corps du Maître Bien-Aimé. Ultime témoignage d’adoration et ultime consolation pour leurs cœurs brisés.

Car un Sauveur mort n’apporte rien àl’âme humaine, que la marque de notre impuissance. Rien, que la douleur des espérances anéanties, au mieux la résignation face àl’inévitable, et en fin de compte la recherche d’un apaisement dans la mise en œuvre des rites et des honneurs mortuaires. Prenons garde qu’il n’en soit pas encore ainsi pour nous, toutes proportions gardées. Nous mettons notre consolation dans l’accomplissement de nos “devoirs”, certes dus aux disparus, parfois plus que dans l’espérance de leur naissance au Ciel, oùse trouve la vraie justice de Dieu. N’est-ce pas àcette espérance qu’il faut s’attacher avant tout, sans négliger pour autant cela ?

Mais ces choses sont encore inimaginables pour ces femmes. L’accomplissement de ces derniers devoirs représente autant l’expression de leur amour qu’il en marque l’échec. Déjàelles s’inquiètent : « Qui nous roulera la pierre hors du tombeau ? ». Voici bien l’aveu de notre faiblesse. Si enorgueillis que nous soyons de nous-mêmes, il y a une limite qui nous reste infranchissable : la mort. Qui par ses efforts pourrait ajouter une coudée àsa vie ? et qui, quand il est couché auprès de ses pères, pourrait, pour parler comme Nicodème, retourner dans le sein de sa mère ? La pierre du tombeau marque la limite extrême oùbutte toute l’humanité, ces tombeaux seraient-ils des pyramides d’Égypte ou des mausolées de potentats. Làs’arrêtent définitivement les forces et l’espérance des hommes, làs’achève et disparaît l’espoir des civilisations.

Or voici que la pierre a étéroulée sans intervention de main d’homme. Saint Matthieu dit : dans un grand tremblement de terre oùse trouvait l’Ange du Seigneur. Voici la première réponse divine ànotre impuissance. Voici le signe qui fait pressentir que l’opprobre de la mort sur notre race est levé, que notre condition de mortalitéa cesséd’être.

Pour les deux Marie et pour Saloméle message ne pouvait pas encore être clair. C’était un choc qu’allait transformer en désarroi la découverte du tombeau vide. Non seulement le Maître était mort, mais son corps avait étédérobé. Ce corps que l’amour de Joseph et de Nicodème avait arrachéàl’indifférence méprisante des Romains et àla malveillance des grands-prêtres. Avec cette perte, la dernière consolation, le dernier espoir des femmes étaient anéantis. Que leur restait-il de celui àqui elles avaient cru, et de l’immense espérance àlaquelle elles s’étaient vouées ?

Mais le Seigneur n’est pas insensible àl’amour des hommes, ni àleur souffrance, non plus qu’àleur piété. Aux femmes, àces femmes fidèles, ces femmes qui pendant son ministère n’avaient cesséde le suivre, de le servir et de l’assister, ces femmes tellement en retrait derrière les disciples, mais tellement empressées et attachées, Jésus apporte en premier la révélation de sa Résurrection inouïe : « Qui cherchez-vous parmi les morts, – dit l’Ange –, Jésus de Nazareth ? Il est vivant, Il est ressuscité. Dites aux disciples qu’il les attend en Galilée. » Et, avec cette compassion prégnante qui était la sienne, Il prévient tout àla fois leur effroi et leur douleur : « N’ayez pas peur, ne craignez rien ! »

Car sur le moment, face àl’inattendu, àl’imprévu – mais seul l’inattendu est vrai – ces femmes sont affolées. Pourtant, rapportent les Évangélistes, portées par leurs sentiments mêlés de crainte, d’amour et d’exultation, elles courent annoncer la nouvelle aux disciples. Alors se manifeste en elles une transformation radicale. De myrrhophores ces femmes deviennent christophores. Délaissant le deuil, les pleurs et les baumes mortuaires, elles répandent dans la joie et l’allégresse la “Bonne Nouvelle”. Elles se font les anges de l’Évangile qui leur est confié. Elles portent aux disciples la réponse àleur angoisse, àl’angoisse d’Israël, àl’angoisse de tout un peuple extraordinairement attachéaux promesses du Seigneur mais jusqu’alors restédans l’ombre de la mort, àl’angoisse de tous les hommes.

Voici que ces femmes, connues ou anonymes, ces femmes si humbles, si modestes – et qui seront encore la risée des disciples, ces esprits forts – voici que ce sont elles qui entrent les premières dans la paix du Seigneur, dans la plénitude de sa joie, dans la révélation d’une vie nouvelle oùtout est grâce, salut et rédemption. En elles s’opère en premier, mais une fois pour toutes, le retournement de la détresse de l’homme en action de grâces. Aujourd’hui encore, quand il le faut, elles savent entraîner par l’exaltation de leur joie notre foi si elle défaille. Elles nous enseignent àsurmonter nos doutes, nos craintes, nos chutes, nos découragements. Elles éclairent constamment devant nous la route du Royaume. Elles roulent et déblayent toutes les pierres qui barrent notre horizon. Alors que nous trébuchons et achoppons toujours en ce monde, elles nous témoignent que les choses anciennes sont passées, et que toutes choses sont devenues nouvelles.

Ceci depuis que leur amour les a amenées au sépulcre du Maître Bien-Aimé, et que, dans son infinie tendresse et dans son immense délicatesse le Seigneur a voulu qu’elles fussent les premières messagères de sa Résurrection. Car àl’amour des hommes répond l’amour infiniment plus grand de Dieu. Les femmes myrrhophores ont montréque l’amour des hommes peut tout supporter. Le Seigneur montre que, contre toute évidence, ce même amour peut tout croire et tout espérer. Et que désormais rien ne pourra plus nous séparer de l’amour de Dieu manifestédans le Christ Jésus, le Ressuscité.

Apprenons nous-mêmes àvivre du même amour que celui qui a élevéles femmes au tombeau de la plus grande douleur àla joie la plus parfaite, et annonçons comme elles :

Le Christ est ressuscité !

En véritéIl est ressuscité !

Homélie prononcée à la Crypte par le Père Boris Bobrinskoÿ le 15 mai 2005

Dimanche des Myrrhophores et du juste Joseph

Troisième dimanche après Pâques

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

Le Christ est ressuscité,

En vérité Il est ressuscité !

Ce dimanche, fête des saintes femmes myrrhophores, est une fête absolument étonnante par sa délicatesse et sa richesse, étonnante par cet enseignement intérieur que nous pouvons en tirer.

Cet évangile que nous venons d’entendre commence par la mise au tombeau de Jésus. C’est le seul dimanche de l’année où la lecture de l’évangile recouvre à la fois la mort de Jésus, Sa mise au tombeau et Sa résurrection, et c’est particulièrement intéressant que ce soit justement autour du service de ces femmes que s’opère, que se vit et s’actualise ce mystère de la mort et de la résurrection du Fils de Dieu, devenu Fils de l’Homme.

Au moment même où les apôtres sont dispersés dans la crainte et l’angoisse – plus tard ils se réuniront toutes portes closes par crainte des Juifs –, les femmes, quant à elles, ne cessent d’être présentes – avec Joseph et Nicodème qui mettent au tombeau Jésus et qui sont aussi des myrrhophores –. Elles suivent, assistent et participent jusqu’au soir, puis, après le sabbat elles seront là très tôt le matin.

Avant même la mort de Jésus, Son embaumement avec une huile odoriférante ou un parfum de grand prix avait déjà été annoncée deux fois, par la femme pécheresse et par Marie, sœur de Lazare.

À cette occasion, Jésus avait déjà rappelé que « Cette femme a fait une bonne action […] en

répandant ce parfum sur mon corps, elle l’a fait pour ma sépulture et je vous dis en vérité partout où cette Bonne Nouvelle sera prêchée – la bonne nouvelle de la résurrection, de l’Évangile –, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.»

Nous pouvons élargir cette parole du Seigneur et affirmer que partout où la Bonne Nouvelle de l’Évangile et de la Résurrection sera prêchée dans le monde on rappellera ce que ces femmes myrrhophores ont fait : en servant le Seigneur, Le couvrant de parfum, baisant Ses pieds et L’enveloppant dans un linceul pour être, ensuite, les premiers témoins de la résurrection.

Cette onction a évidemment une valeur symbolique, elle signifie que nous sommes, nous aussi, appelés à oindre le Seigneur avec l’onction de nos larmes, de notre amour le plus profond et de notre désir. Cette onction veut dire que, pour nous également, pour nous maintenant, Jésus peut être aussi

Celui qui est au tombeau, Celui qui est entouré de toute notre tendresse, de tout notre amour, de tout notre désir, de toute notre tristesse aussi mais encore de toute notre espérance : Une espérance plus forte que l’angoisse et la tristesse, une espérance qui est, en vérité, certitude de la Résurrection.

Évidemment, lorsque les femmes allèrent au tombeau elles ignoraient que la pierre, fort lourde, serait mystérieusement déplacée, elles n’imaginaient pas qu’elles ne verraient qu’un ange assis – selon certains évangélistes, ou bien deux anges selon d’autres –, et elles ne savaient pas que le tombeau serait vide.

Quand elles arrivent auprès du tombeau tout semble se passer très vite, et quand elles réalisent elles ont peur comme le souligne le saint évangéliste Marc « elles ne dirent rien à personne car elles avaient peur » Mais cette crainte n’est pas le dernier mot car elles reçoivent l’ordre de l’ange « Allez promptement dire à Ses disciples qu’Il est ressuscité des morts. Car voici, Il vous précède en Galilée : c’est là que vous Le verrez. »

Et c’est ainsi que ces femmes seront magnifiées et vénérées jusqu’à la fin des temps car, en parlant de la résurrection, nous nous souviendrons toujours de ce service, de cette véritable diaconie de tendresse et d’amour. Nous nous souviendrons toujours de ces femmes qui sont allées verser à la fois l’onguent odoriférant et leurs propres larmes sur le corps de Jésus.

Mais il y a plus  ! Il importe de nous rappeler aujourd’hui qu’elles reçurent une mission toute particulière : « Allez dire aux disciples, aux apôtres et à Pierre… ». Elles sont envoyées vers les apôtres qui, eux, sont dans la crainte et qui, à plusieurs reprises, lorsque Jésus leur apparaîtra, ne sauront même pas le reconnaître. Tandis que les disciples peinent à reconnaître le Seigneur au point que, comme aux disciples d’Emmaüs, Jésus leur reprochera leur manque de foi et la dureté de leur cœur, les femmes, quant à elles, reçoivent la mission d’annoncer aux apôtres la résurrection.

On pourrait dire que, pour les Douze, c’est comme une leçon d’humilité : il ne leur fut pas donné d’apprendre tout directement par le Seigneur qu’Il est ressuscité. Non  ! Ils devaient l’apprendre par les femmes. Par conséquent, l’apostolat des Apôtres, l’apostolat des hommes, l’apostolat de l’Église dans toute la masculinité du sacerdoce ne doit pas nous faire négliger et perdre de vue la féminité de la myrrhe, la féminité des myrrhophores, et, dirais-je, la féminité de tous ceux qui sont en diaconie, de tous ceux qui sont au service de l’Église et de tous ceux qui, en définitive, sont appelés à dire aux apôtres, aux patriarches, aux évêques, aux prêtres « n’oubliez pas que le Seigneur est ressuscité  ! »

Nous avons besoin, nous autres, prêtres, évêques, patriarches, nous avons tous besoin que vous nous disiez aussi que le Christ est ressuscité. Cette annonce si décisive n’est pas seulement unilatérale, elle est réciproque.

À nous aussi, il arrive d’être alourdis par le poids de nos doutes, de nos péchés, de nos tristesses, de nos angoisses et nous avons besoin que le Peuple de Dieu tout entier témoigne, vive et vibre profondément de cette foi, de cette joie, de cette certitude de la

Résurrection et qu’il ne cesse de l’annoncer aux apôtres : « Ne vous endormez pas vous-mêmes comme vous vous êtes endormis au Jardin des Oliviers  ! Soyez vigilants car, en vérité, le Seigneur est ressuscité  ! Réveillez-vous car, toutes portes fermées par crainte des Juifs, le Seigneur est venu et qu’Il vient ici aussi parmi nous  !

Réveillez-vous car, toutes portes fermées, le Seigneur est présent  ! »

Alors n’hésitons jamais à nous annoncer, les uns aux autres que le Christ est ressuscité. Et proclamons-le non seulement par des paroles mais encore, bien sûr, par notre propre vie, par notre propre exemple, par notre propre exploit spirituel, par notre propre amour et, en définitive, par ce feu de l’Esprit qui vit en nous.

Lorsque ce feu de l’Esprit vit en nous alors les uns et les autres, le clergé et les laïcs, nous sommes tous ensemble membres d’un seul peuple, le Peuple de Dieu, et alors d’un seul cœur et d’une seule voix nous ne pouvons que crier « le Christ est ressuscité  ! »

Le Christ est ressuscité  !

En vérité Il est ressuscité  !

Amen.

Père Boris

Homélie prononcée à la Crypte par le Père Boris Bobrinskoÿ le 24 avril 1988

Dimanche des Myrrhophores et du juste Joseph

Troisième dimanche après Pâques

Lecture des Actes des Apôtres Ac 6,1-7

Évangile selon saint Marc 15,43-16,8Père Boris Bobrinskoy

Le Christ est ressuscité,

En vérité Il est ressuscité !

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

C’est aujourd’hui le seul jour de l’année où l’Église propose la lecture conjointe de l’ensevelissement du Christ et de sa Résurrection. C’est le ministère des femmes qui unit ces deux moments, ces deux étapes du mystère du Christ mort et ressuscité. En ce troisième dimanche depuis la Pâque, l’Église célèbre la mémoire des saintes femmes porteuses de myrrhe, venues pour embaumer le Christ. Elle adjoint à cette mémoire le nom de Joseph d’Arimathie et celui de Nicodème, le pharisien qui vint une nuit interroger Jésus, comme le rapporte l’évangile de saint Jean.

Arrêtons-nous sur ce service des femmes Myrrhophores. On peut y distinguer trois étapes.

Premièrement, ce sont des femmes qui servirent Jésus pendant tout le temps de Son ministère public, comme le rapportent les Évangiles. Elles l’accompagnaient, Lui et Ses disciples, mettant à Son service tous leurs biens. Pendant le ministère en Galilée, pendant les traversées de la Samarie et les séjours à Jérusalem pour la Pâque, elles étaient présentes, ces femmes, celles dont nous connaissons le nom et celles dont nous ne connaissons pas le nom. Elles étaient là, avec Marie, la mère de Jésus, près du groupe que formait Jésus avec Ses disciples. Il faut comprendre combien la fidélité et l’amour – et par conséquent le service – de ces femmes se sont enracinés, développés au cours de cette période d’intimité, de présence de Jésus, pendant laquelle elles se sont profondément et pour toujours attachées à Lui.

Ensuite, la condamnation de Jésus, Sa passion et Sa crucifixion ont signifié pour elles l’effondrement de l’espérance du royaume, l’effondrement de la joie et de la douceur qui les pénétraient lors de l’entrée triomphale à Jérusalem. Elles ont partagé alors l’angoisse des disciples, cette angoisse silencieuse croissant à mesure que le temps du dénouement approchait. Néanmoins, le danger d’être parmi Ses fidèles ne les a pas fait fuir. Elles sont demeurées auprès de Lui pendant Son procès, elles l’ont suivi jusqu’à la croix et sont restées présentes lors de Sa mise à mort. Elles demeurent, regardant la Croix à quelque distance et assistant à la mort de Jésus. Elles sont donc présentes à la descente de croix et participent à l’ensevelissement du Seigneur, avec Joseph et Nicodème. Elles déposent au tombeau, avec Jésus, tout leur amour, toute leur douleur, toute leur désolation, en un mot tout leur cœur. Et lorsqu’elles s’en retournent chez elles pour respecter le Sabbat, le lendemain du vendredi, – et c’était un Grand Sabbat que ce jour-là, disent les évangélistes – leurs cœurs demeurent dans le tombeau, leurs cœurs brûlants d’amour et de larmes.

C’est pourquoi, dès que cela est possible, c’est-à-dire dès le premier jour de la semaine, tôt le matin, elles repartent au tombeau avec des aromates qu’elles ont acheté pour parfaire l’embaumement de Jésus qu’elles n’avaient pas eu le temps de terminer le vendredi soir. Les voici devant le tombeau.

D’après les évangélistes Marc et Luc, le tombeau est déjà vide et la pierre a été roulée. D’après Matthieu, un ange vient et fait basculer la pierre. Cette différence est de peu d’importance et le témoignage de Marc est sans doute le plus archaïque. Il présente l’ange accueillant les femmes à l’intérieur du tombeau et prononçant cette parole que l’on retrouve chez tous les évangélistes, et dans la bouche même de Jésus : « Ne craignez point. »

En effet, les femmes sont là, figées de crainte. Qui les libèrera de leur crainte, qui les rendra à la vie ? Les paroles de l’ange n’y suffiront point. « Vous cherchez Jésus le Nazaréen, le crucifié. Il n’est point ici, voici le lieu où on l’avait mis. » Car les femmes restent dans la crainte, s’en retournent en silence et « ne dirent rien à personne, car, ajoute Marc, elles avaient peur. »

Nous voici nous aussi devant le mystère du tombeau du Christ. Le tombeau où Jésus a été déposé avec notre cœur, nous le retrouvons aujourd’hui, désormais lumineux. Comme les femmes, nous avons déposé au tombeau nos tristesses, nos doutes, nos douleurs, nos épreuves, nos chutes aussi, nos infidélités comme nos espérances. Notre cœur est parfois sombre comme un tombeau dont une grosse pierre barre l’entrée. Il nous faut alors supplier le Seigneur pour qu’un ange vienne faire basculer la pierre. Lorsque cette pierre est retirée, nous découvrons notre cœur plein de lumière, un cœur semblable au tombeau du Christ. Car le tombeau du Christ est désormais un tombeau source de vie, un tombeau source de lumière, un « tombeau vivifiant », comme le chante l’Église Là se trouvent notre foi et notre espérance : tous les instruments de la passion et de la mort du Christ, le fouet, les injures, les crachats, la lance, la croix, tous ces instruments d’humiliation et de souffrance deviennent porteurs de vie, de force, de joie et d’espérance.

C’est pourquoi nous accompagnons ces femmes dans leur troisième et ultime service. Car leur ultime service n’est pas celui du tombeau où elles ont déposé le Seigneur, leur ultime service, c’est d’annoncer la Résurrection. Car ce sont elles, ce sont ces femmes qui sont appelées les premières à annoncer la Résurrection. Elles qui L’avaient servi humblement pendant Sa vie, qui avaient offert leur temps, leur fortune, en restant au dernier rang. Ce sont ces mêmes femmes, si rarement mentionnées, qui sont les premiers témoins de la Résurrection et les premières à porter la Bonne Nouvelle aux apôtres.

Ne devrions-nous pas, nous aussi, nous mettre à l’écoute de tous ceux et de toutes celles qui, dans l’église, accomplissent d’humbles services envers le Christ ? C’est peut-être dans leurs cœurs que résonne en premier le lumineux message de la résurrection, le message de résurrection qu’ils nous transmettent. Car ce ne sont pas seulement les prêtres qui, du haut de l’ambon, disent au peuple de Dieu : « Le Christ est ressuscité  !» Chacun d’entre nous, quelle que soit sa place dans l’Église a besoin de s’entendre dire cette parole :

Le Christ est ressuscité

Père Boris

Homélie patristique par saint Grégoire Palamas (1296-1359)

Dimanche des Myrrhophores et du juste Joseph

Troisième dimanche après Pâques

Lecture des Actes des Apôtres Ac 6,1-7

Évangile selon saint Marc 15,43-16,8

 

La Résurrection du Seigneur, c’est le renouvellement de la nature humaine, c’est le retour à la vie, la création à nouveau du premier Adam conduit par le péché à la mort, et par la mort à la terre d’où il fut tiré. La Résurrection, c’est le retour à la vie immortelle.

Personne n’a vu Adam quand Dieu l’a créé, quand il reçut le souffle de vie, car aucun être humain n’existait encore. Et quand après, par le Souffle divin, il reçut celui de la vie, la première créature à le voir, fut la femme, Ève, qui vint après le premier homme.

Il en est de même pour le second Adam, c’est-à-dire le Seigneur. Personne ne l’a vu quand Il est ressuscité des morts. Aucun des siens n’était là et les soldats qui Le gardaient étaient morts de frayeur. Après sa Résurrection, la femme est la première à Le voir, comme Marc nous l’a fait entendre aujourd’hui : Jésus étant ressuscité, le matin du premier jour de la semaine il apparut d’abord à Marie de Magdala. Certains pensent que l’évangéliste a clairement indiqué ici l’heure de la Résurrection du Seigneur, que c’était le matin, qu’Il était apparu d’abord à Marie de Magdala, à l’instant même de sa Résurrection. Mais l’évangéliste n’a pas dit cela, comme on va le voir, si nous faisons bien attention.

Un peu plus haut, en accord avec les autres évangélistes, Marc dit que la même Marie est venue au tombeau avec les autres femmes myrrhophores, qu’elles le trouvèrent vide et qu’elles s’en allèrent. Voyez-vous que le Seigneur est ressuscité bien avant que Marie L’ait vu ? Quand l’évangéliste veut préciser l’heure, il ne dit pas simplement “matin” comme ici, mais “de grand matin”. Et par lever du soleil, il entend la faible lueur qui précède le lever du soleil à l’horizon. Jean déclare la même chose quand il dit que “Marie de Magdala est venue dès le matin au sépulcre, avant que les ténèbres fussent dissipées et qu’elle vit que la pierre avait été enlevée du sépulcre.” Jean dit aussi que Marie de Magdala n’est pas simplement venue au tombeau, mais qu’elle en est repartie sans avoir vu le Seigneur. Elle a couru et elle est allée trouver Pierre et Jean et elle ne leur a pas annoncé que le Seigneur était ressuscité, mais qu’on L’avait enlevé du sépulcre. Donc, elle ignorait encore la Résurrection.

Ce que je vais révéler maintenant à votre charité, est recouvert comme d’une ombre, par les évangélistes. L’annonce de la Résurrection du Christ, c’est la Mère de Dieu qui l’a reçue la première. Cela, c’est juste et normal. C’est elle qui, la première, L’a vu après sa Résurrection et a eu le bonheur d’entendre sa Voix. Elle ne L’a pas seulement vu de ses yeux et entendu de ses oreilles, mais encore elle a été la première et la seule à toucher de ses mains ses Pieds immaculés, bien que les évangélistes ne disent pas tout cela clairement, pour ne pas éveiller de soupçons chez les infidèles.

Mais puisque par la Grâce du Ressuscité, ma parole s’adresse aujourd’hui à des fidèles, l’occasion de la fête nous pousse à clarifier ce qui concerne les myrrhophores. Et le droit nous est donné par Celui qui a dit : “Il n’y a rien de caché qui ne doive être révélé.” Et cela va l’être.

Les myrrhophores sont les femmes qui accompagnèrent la Mère du Seigneur, restèrent auprès d’elle durant les heures de la Passion rédemptrice, et qui avec amour recouvrirent d’aromates le Corps de Jésus. Quand Joseph et Nicodème demandèrent et reçurent de Pilate le Corps du Seigneur, lorsqu’ils Le descendirent de la Croix, L’enveloppèrent dans un linceul avec de forts aromates, Le déposèrent dans un sépulcre taillé dans le roc et en fermèrent l’entrée par une grande pierre, Marie de Magdala et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre et regardaient, selon l’évangéliste Marc. En disant l’autre Marie, il entend, de toute manière, la Mère du Christ, qu’on appelait aussi mère de Jacques et de José, les fils de son époux Joseph.

Elles n’étaient pas seules à regarder l’ensevelissement du Christ. Il y avait d’autres femmes, selon le récit de Luc. Des femmes venues de la Galilée pour L’accompagner, qui virent le sépulcre et la manière dont le Corps était déposé, et que ces femmes étaient Marie de Magdala, Jeanne et Marie, mère de Jacques et les autres, qui étaient avec elles. L’évangéliste dit aussi qu’elles étaient allées acheter des aromates, et des parfums. Elles ignoraient encore que Lui était en vérité l’arôme de la vie, pour ceux qui L’approchent dans la foi, comme l’odeur de la mort est pour ceux qui demeurent incrédules jusqu’au bout. Le parfum de ses vêtements, celui de son Corps, sont supérieurs à tous les parfums. Son Nom est comme le parfum qui se répand, son arôme divin a rempli l’univers. Elles ne le savaient pas ! C’est pourquoi elles préparèrent des parfums et des aromates, comme pour honorer un mort, qu’elles inventèrent un antidote pour permettre à ceux qui le voudraient de rester près du Corps décomposé, qu’on allait oindre.

Elles préparèrent les parfums et, selon le commandement, elles se reposèrent pendant le Sabbat. En effet, elles n’avaient pas vécu de véritable Sabbat, pas plus qu’elles ne sentiront ce béni par-dessus tous, qui nous transporte du séjour de l’enfer au sommet lumineux et divin du ciel.

Donc, le premier jour de la semaine, comme le dit Luc, alors qu’il était encore nuit, elles vinrent au sépulcre portant les aromates qu’elles avaient préparés ; Matthieu dit “à l’aube du premier jour de la semaine”, et que celles qui vinrent étaient deux. Et Jean le complète : “Dès le matin, dit-il, avant que les ténèbres ne fussent dissipées”, et que celle qui y vint était Marie de Magdala. Par “premier jour de la semaine”, les évangélistes entendent le Dimanche. Avec les expressions : tard le Sabbat, profond crépuscule, tôt le matin et, le matin alors qu’il faisait encore nuit, ils parlent du moment de l’aurore où l’obscurité lutte avec la lumière, de l’heure où l’horizon oriental commence à s’éclairer et annonce le jour.

Si de loin, on observe l’orient, la lumière change de couleur vers la neuvième heure de la nuit, (1) alors qu’il reste encore trois heures pour l’arrivée du jour parfait. Les évangélistes semblent quelque peu en désaccord, quand à cette heure et sur le nombre de femmes. Cela est dû au fait, comme ils l’ont dit, que les myrrhophores étaient nombreuses et qu’elles ne sont pas toutes venues ensemble, en une seule fois, et pas toujours les mêmes ; toutes à l’aube, mais pas au même moment. Marie de Magdala est venue seule, sans les autres et elle y est restée plus longtemps.

Chaque évangéliste ne parle donc que de l’une de ces venues et de certaines femmes et laisse les autres. Et moi, j’en déduis, après avoir comparé les évangélistes — je l’ai déjà dit — que la première à venir au sépulcre de son Fils et Dieu, fut la Mère de Dieu avec Marie de Magdala. Cela nous est particulièrement rapporté par l’évangéliste Matthieu : “Marie de Magdala, dit-il, et l’autre Marie allèrent visiter le sépulcre. Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur qui était descendu du ciel vint rouler la pierre et s’assit dessus. Son aspect ressemblait à l’éclair, et son vêtement était blanc comme la neige. À sa vue les gardes furent frappés d’épouvante et devinrent comme morts.”

Toutes les autres femmes arrivèrent après le tremblement et la fuite des gardes et trouvèrent le sépulcre ouvert et la pierre roulée. Mais la Mère de Dieu était là quand eut lieu le tremblement de terre, quand la pierre fut roulée et le tombeau s’ouvrit, quand les gardes terrifiés n’avaient encore pris la fuite, car ce n’est pas pour rien qu’ils s’enfuirent. La Mère de Dieu, elle, était sans crainte et se réjouissait de tout ce qu’elle voyait. Moi je pense que c’est pour elle, la toute première, que le tombeau porteur de vie a été ouvert. D’abord pour elle et à cause d’elle, puis pour nous tous aussi, que tout a été ouvert, tout ce qui est en haut dans le ciel et tout ce qui est en bas sur la terre. C’est à cause d’elle que l’ange a resplendi, alors qu’il était encore nuit, dans la lumière angélique éclatante, dans laquelle elle vit non seulement le tombeau ouvert, mais aussi les linceuls on ordre, témoins éloquents de la Résurrection de l’Enseveli. L’ange était celui de l’Annonciation, c’était Gabriel qui la voyait se presser vers le sépulcre.

Autrefois, il lui avait dit : “Ne crains pas Marie, tu as trouvé grâce devant Dieu.” Maintenant, il descend encore une fois, et tient le même langage à la toujours Vierge. Il lui annonce la Résurrection de Celui qu’elle a conçu sans semence, roule la pierre, lui montre le tombeau vide avec les linceuls et lui confirme le message de la joie. Matthieu écrit : “L’ange s’adressant aux femmes leur dit : Vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n’est point ici ; Il est ressuscité de morts”. Car le Seigneur que ni les serrures, ni les verrous et les scellées de la mort et du tombeau ne purent retenir est aussi notre Seigneur, à nous les anges du ciel, Il est l’unique Maître de l’univers. “Voyez le lieu où le Seigneur a été mis ; et hâtez-vous d’aller dire à ses disciples qu’Il est ressuscité des morts”. Et il ajoute : “qu’elles sortiront du sépulcre avec crainte et joie.” Je crois que c’est Marie de Magdala qui est sortie pleine de crainte, de même que les autres femmes qui y étaient venues. Elles n’avaient pas compris le sens des paroles de l’ange, elles n’avaient pu supporter jusqu’au bout l’intensité de la lumière, pour voir et comprendre clairement. Tandis que la joie fut pour la Mère de Dieu ; elle avait compris le sens des paroles de l’ange. Aussi brilla-t-elle dans la lumière, elle qui était toute pure et pleine de Grâce divine. Elle a aussi fait sienne la vérité, elle a cru l’archange, qui dans le passé fut digne de foi.

Et comment la Vierge n’aurait-elle pas compris tout ce qui s’accomplissait, elle qui possédait la Sagesse divine et suivait de près les événements : le grand tremblement de terre, l’ange resplendissant descendant des cieux, les gardes morts de frayeur, le tombeau vide, le grand miracle des linceuls en ordre, conservés par la myrrhe et l’aloès, sans contenir le Corps, et le message angélique plein de joie ? Ce message, Marie de Magdala, sortant du tombeau, paraît ne pas l’avoir entendu — d’ailleurs l’ange n’a pas parlé à elle. Elle a vu que le tombeau était vide, elle n’a pas remarqué les linceuls et elle s’est hâtée d’aller trouver Pierre et l’autre disciple, comme le rapporte Jean.

Tandis que la Mère de Dieu rencontre d’autres femmes, revient sur ses pas et c’est alors que Jésus les rencontre et leur dit : “Réjouissez-vous !” Ainsi donc, la Mère de Dieu, bien avant Marie de Magdala, a vu Celui qui pour notre salut a souffert, a été enseveli et qui est ressuscité.

Matthieu dit encore : “qu’elles s’approchèrent de Jésus et embrassèrent ses Pieds, se prosternant devant Lui”.

L’Enfantrice de Dieu est seule à comprendre le sens des paroles de l’ange qui annonce la Résurrection, Marie de Magdala étant présent, comme elle est la première parmi les femmes qui L’entourent à rencontrer son Fils et son Dieu, à voir et à reconnaître le Ressuscité. Aussi se prosterne-t-elle et Lui touche les pieds, et devient ainsi l’apôtre des apôtres.

De ce que Marie Madeleine n’était pas avec la Mère de Dieu qui revenait du sépulcre, quand le Seigneur l’a rencontrée, nous l’apprenons par Jean : Elle courut, dit-il, et vint trouver Simon Pierre et l’autre disciple que Jésus aimait, et elle leur dit : Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons pas où ils L’ont mis”. Comment donc, comment, si elle L’avait vu, et si elle L’avait touché de ses mains et si elle L’avait entendu, aurait-elle pu dire de telles paroles, à savoir qu’ils L’ont enlevé et on ne sait pas où ils L’ont mis ? Et après la course de Pierre et de Jean au sépulcre, où, après avoir vu les linceuls, ils repartent, Marie, dit encore Jean, se tient près du sépulcre et pleure.

Voyez-vous qu’elle n’avait encore rien vu ni rien entendu ? À la question des anges qui lui apparurent et lui dirent : “Femme, pourquoi pleures-tu ?” elle répond comme s’il s’agissait d’un mort. Et quand elle se retourne en arrière et qu’elle voit Jésus, à nouveau, elle ne comprend rien quand Il lui dit : “Pourquoi pleures-tu ?” Elle répond à côté, jusqu’au moment où Jésus l’appelle par son nom et lui prouve que c’est Lui. Alors elle se prosterne et tente d’embrasser ses pieds, et elle L’entend dire : “Ne me touche pas”. On déduit de tout cela que lors de la précédente apparition à sa Mère et aux femmes qui l’accompagnaient, Jésus permit à elle seule de Lui toucher les Pieds, bien que Matthieu permette cela à toutes les femmes. Il ne veut pas ; pour les raisons exposées plus haut, mettre en avant la Mère.

Après la Mère de Dieu qui fut la première à venir au sépulcre, la première à entendre l’évangile de la Résurrection, beaucoup d’autres femmes s’assemblèrent et virent, elles aussi, la pierre roulée et entendirent l’ange. Au retour, elles se séparèrent. Selon Marc, les unes quittèrent le sépulcre, dans la crainte et la stupeur, sans rien dire à personne, car elles avaient peur. D’autres accompagnèrent la Mère du Seigneur et elles purent voir et entendre l’ange. Marie Madeleine, elle, se hâta d’aller chez Pierre et Jean et avec eux revint au sépulcre.

Quand ceux-ci partirent, elle resta seule et put voir ensuite le Seigneur, qui l’envoya dire aux apôtres “qu’elle avait vu le Seigneur et qu’Il lui avait dit ces choses,” comme le raconte Jean.

Si Marc dit que cette apparition a eu lieu exactement au lever du jour, après l’aube, il ne prétend pas, cependant, que cette heure fût celle de la Résurrection du Seigneur, ni celle de sa première apparition.

Nous avons donc, pour ce qui regarde les myrrhophores, l’accord rigoureux des quatre évangélistes.

Malgré les femmes myrrhophores, malgré Pierre, Luc et Cléopas, qui disaient le Seigneur vivant et qui L’avaient vu, les disciples furent incrédules ; le Seigneur le leur reprocha quand Il Se manifesta au milieu d’eux, alors qu’ils étaient ensemble.

Après être apparu à beaucoup et de nombreuses manières, montrant qu’Il était vivant, les disciples non seulement crurent mais encore ils allèrent Le proclamer partout. Leur voix se fit entendre par toute la terre et leurs paroles retentiront à travers le monde entier. Le Seigneur coopérait avec eux et confirmait leur parole par les miracles qui suivaient. En effet, les miracles étaient nécessaires pour la prédication de la doctrine sur toute la terre. Ces grands prodiges étaient nécessaires pour l’exposition et le confirmation de la prédication.

Il est vrai que pour ceux qui reçoivent la parole et y croient fermement, les miracles ne sont pas nécessaires. Quels sont ceux-là ? Ceux dont les œuvres témoignent. “Montre-moi ta foi, est-il dit, par tes œuvres”. Que celui qui croit le montre donc par les œuvres d’une vie droite.

Car autrement, qui croira que ses pensées sont vraiment élevées, grandes, célestes comme l’exige la piété ? Si ses œuvres sont mauvaises, s’il est attaché à la terre et aux choses de la terre ? Frères, on ne gagne rien à dire qu’on a une foi divine, si nos œuvres ne sont pas en rapport. À quoi ont servi les lampes aux vierges insensées qui n’avaient pas d’huile, je veux dire les œuvres de l’amour et de la compassion ? À quoi a servi l’invocation d’Abraham son père au riche qui brûlait dans la flamme inextinguible, pour son indifférence à l’égard de Lazare ? À quoi a servi l’invitation aux Noces divines dans le palais nuptial éternel, à celui qui n’avait pas la tunique des bonnes œuvres ? Pourtant il a été invité, il a pris place parmi les saints convives, mais pour avoir vêtu la tunique de sa mauvaise vie, de ses actes répréhensibles, il a été confondu, puis jeté les mains et les pieds liés dans le géhenne où retentissent les larmes et les grincements de dents.

Qu’aucun de ceux que le Christ a appelés ne goûte jamais à ce lieu. Que la vie de chacun soit conforme à la foi et que tous entrent dans la chambre des noces de la joie indicible et vivent éternellement avec les saints, dans le séjour de l’allégresse véritable.

Amen !

Grégoire Palamas (1296-1359)

archevêque de Thessalonique

Commentaire patristique par saint Romanos le Mélode (493-560)

Les femmes porteuses d’aromates envoyèrent en avant Marie-Madeleine au sépulcre selon le récit de Jean le Théologien. Il faisait noir, mais l’amour l’éclairait : aussi aperçut-elle la grande pierre roulée de devant la porte du tombeau et elle retourna dire : “Disciples, sachez ce que j’ai vu : la pierre ne recouvre plus le tombeau. Auraient-ils enlevé mon Seigneur ? Pas de gardes en vue : serait-il ressuscité, celui qui offre aux hommes déchus la résurrection ?”

À ces mots Céphas et le fils de Zébédée partirent aussitôt en courant comme s’ils luttaient de vitesse… Or, ils ne trouvèrent pas le Seigneur… Marie qui les suivait leur dit : “Mystes du Seigneur, vous qui l’aimez d’amour vraiment brûlant, ne pensez pas ainsi… Car ce qui s’est passé c’était une disposition divine pour que les femmes, premières dans la chute, fussent les premières à voir le ressuscité ; c’est nous que veut gratifier de son ‘Réjouissez-vous’, nous qui sommes en deuil, celui qui offre aux hommes déchus la résurrection.”

Le Seigneur qui voit tout, voyant Madeleine vaincue par les sanglots, accablée de tristesse, en eut le cœur touché et se montra à la jeune fille ; il lui dit : “Femme pourquoi pleures-tu, qui cherches-tu dans le tombeau ?” Alors Marie se retourna et lui dit : “Je pleure, car on a enlevé mon Seigneur du tombeau et je ne sais où il repose… Il est mon maître, il est mon Seigneur, lui qui offre aux hommes déchus la résurrection.”

Celui qui sonde les reins et les cœurs, sachant que Marie reconnaîtrait sa voix, appela la brebis, lui, le pasteur véritable : ” Marie », dit-il et aussitôt elle le reconnut : ” C’est bien lui mon bon pasteur qui m’appelle pour me compter désormais avec les quatre-vingt-dix-neuf brebis. Car je sais bien qui il est, celui qui m’appelle : je l’avais dit, c’est mon Seigneur, c’est celui qui offre aux hommes déchus la résurrection. »

Le Seigneur dit à Marie : ” Que ta bouche désormais publie ces merveilles, femme, et les explique aux fils du Royaume qui attendent que je m’éveille, moi le Vivant ; va, Marie, rassemble mes disciples… éveille-les tous comme d’un sommeil afin qu’ils viennent à ma rencontre avec des flambeaux allumés. Va dire : l’Époux s’est éveillé… celui qui offre aux hommes déchus la résurrection. »

“Mon deuil s’est soudain transformé en liesse, tout m’est devenu joie et allégresse », s’écrie Marie. ” Je n’hésite pas à le dire : j’ai reçu la même gloire que Moïse ; j’ai vu, oui, j’ai vu, non sur la montagne, mais dans le sépulcre… le maître des incorporels et des nuées, celui qui est, qui était et qui vient, me dire : hâte-toi Marie, va révéler à ceux qui m’aiment que je suis ressuscité… Il est revenu à la vie, celui qui offre aux hommes déchus la résurrection. »

Commentaire patristique par saint Syméon le Nouveau Théologien (949-1022)

“Voici que Jésus vint à leur rencontre”

ésurrection du Christ, mais peu en ont la claire vision. Et comment ceux qui ne l’ont pas vue peuvent-ils adorer le Christ Jésus comme Saint et comme Seigneur ? En effet, il est écrit : “Personne ne peut dire ‘Jésus est le Seigneur’ sinon dans l’Esprit Saint” (1Co 12,3), et aussi : “Dieu est Esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité” (Jn 4,24)…

Comment donc  l’Esprit Saint nous pousse-t-il à dire aujourd’hui [à la liturgie] : “Nous  avons vu la résurrection du Christ. Adorons le Saint, le Seigneur Jésus, le  seul sans péché”. Comment nous invite-t-il à l’affirmer comme si nous  l’avions vu ? Le Christ est ressuscité une seule fois, il y a mille ans, et  même alors personne ne l’a vu ressusciter.

Est-ce que la divine Écriture  veut nous faire mentir ?  Jamais de la vie ! Au contraire, elle nous  exhorte à attester la vérité, cette vérité qu’en chacun de nous, ses fidèles, se reproduit la résurrection du Christ, et cela non pas une fois  mais quand, à chaque heure pour ainsi dire, le Maître en personne, le Christ, ressuscite en nous, tout vêtu de blanc et fulgurant des éclairs de  l’incorruptibilité et de la divinité. Car le lumineux avènement de l’Esprit nous fait entrevoir, comme en son matin, la résurrection du Maître, ou  plutôt nous fait la faveur de le voir lui-même, lui le ressuscité.

C’est  pourquoi nous chantons : “Le Seigneur est Dieu, et il nous est apparu” (Ps 117,27), et par allusion à son second avènement, nous ajoutons : “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur” (v. 26)….

C’est bien spirituellement, pour leur regard spirituel, qu’il se montre et se fait voir. Et lorsque cela se produit en nous par l’Esprit Saint, il nous ressuscite des morts, il nous vivifie et il se donne à voir lui-même, tout entier, vivant en nous, lui l’immortel et l’impérissable. Il nous fait la grâce de le connaître clairement, lui qui nous ressuscite avec lui et nous fait entrer avec lui dans sa gloire.

Évangile – Le juste Joseph et les femmes myrrhophores

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc

Chapitre XV verset 43 à Chapitre XVI verset 8

Le juste Joseph et les femmes myrrhophores

Icône des Femmes myrrhophores15,43 Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et réclama le corps de Jésus.

44 Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort et, ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps.

45 Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph.

46 Celui-ci, ayant acheté un linceul, descendit Jésus, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans une tombe qui avait été taillée dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau.

47 Or, Marie de Magdala et Marie, mère de Jacques, regardaient où on l’avait mis.

16,1 Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps.

2 Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé.

3 Elles se disaient entre elles : “Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ?”

4 Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté : or elle était fort grande.

5 Etant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur.

6 Mais il leur dit : “Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : ils est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis.

7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre, qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.”

8 Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur…

Lecture des Actes : L’institution du Diaconat

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Chapitre VI Verset 1 à 7

L’institution du Diaconat

6,1 En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hellénistes contre les Hébreux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on négligeait leurs veuves.

2 Les Douze convoquèrent alors l’assemblée des disciples et leur dirent : “Il ne sied pas que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables.

3 Cherchez plutôt parmi vous, frères, sept hommes de bonne réputation, remplis de l’Esprit et de sagesse, et nous les préposerons à cet office ;

4 quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la parole.”

5 La proposition plut à toute l’assemblée, et l’on choisit Etienne, homme rempli de foi et de l’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d’Antioche.

6 On les présenta aux apôtres et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains.

7 Et la parole du Seigneur croissait ; le nombre des disciples augmentait considérablement à Jérusalem, et une multitude de prêtres obéissaient à la foi.

Notice sur Joseph d’Arimathie

Saint Jospeh d’Arimathie (Ier siècle)

Fête au 31 juillet

Joseph d’Arimathie était un membre du  Sanhédrin, le conseil des prêtres et des Anciens du peuple d’Israël. Et il était aussi disciple secret de Jésus.(1)

Il était allé demander à Pilate de recueillir le corps du Seigneur. Après en avoir obtenu l’autorisation il le détacha de la Croix et l’ensevelit, aidé de Nicodème, dans le sépulcre neuf qu’il avait fait creuser dans le roc, non loin de là.

Il fut arrêté et mis en prison sur ordre du Sanhédrin, mais le Seigneur lui apparut pour l’amener à la foi en sa résurrection.

Une fois libéré, il alla proclamer jusqu’en Occident, la Bonne Nouvelle de la résurrection.

Il s’est endormi dans la paix en Angleterre.

Notes

(1) Cf. Évangile selon saint Mathieu chapitre XXVII :

57 Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie, qui s’appelait Joseph, et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus.

58 Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette.

59 Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé,

60 et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla.

 

Notice sur les Myrrhophores

Les Femmes Myrrhophores

Le deuxième dimanche après Pâques est appelé “dimanche des myrrhophores”, Ce nom grec signifie “porteuses d’aromates”. Il s’agit des femmes qui vinrent pour oindre le corps de Jésus enseveli et auxquelles la Résurrection fut annoncée en premier lieu.

L’épisode est relaté dans l’évangile de la liturgie (Marc, 15,43-16,8), et l’Église en fait, ce dimanche, l’objet spécial de notre méditation.

À l’aube du dimanche, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé se rendent au sépulcre. Nos journées seraient bénies si, chaque jour, “de grand matin” et plus particulièrement “le premier jour de la semaine”, notre pensée se tournait vers Jésus triomphant de la mort. Le soleil “se levait” quand les femmes allèrent au sépulcre. Jésus est le vrai soleil qui doit illuminer notre journée dès son commencement. La journée entière devient autre quand elle débute avec Jésus.

Les femmes ne savent comment elles parviendront jusqu’au corps de Jésus : “Qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau ?”. L’Évangile précise que cette pierre “était fort grande”. Beaucoup d’entre nous peuvent se poser la question que se posaient les femmes. Car, dans beaucoup d’âmes, Jésus semble être enseveli comme en un sépulcre. Il semble paralysé, immobilisé, – même mort. Il est recouvert par une pierre pesante : la pierre du péché, de l’ignorance, de l’indifférence, la pierre de l’habitude mauvaise accumulée depuis des années. Nous voudrions peut-être enlever cette pierre et atteindre le Seigneur vivant. Mais nous n’en avons pas la force. “Qui nous roulera la pierre”.

L’entreprise des femmes ne paraît pas – humainement parlant – pouvoir réussir. Et cependant elles se sont mises en route. Sans savoir comment elles entreront dans le sépulcre, elles marchent vers lui. De même, sans savoir comment sera ôté l’obstacle qui peut-être nous empêche d’avoir accès au Sauveur, ayons confiance. Faisons un premier mouvement. Levons-nous. Mettons-nous en route. Marchons vers Jésus que la lourde pierre sépare de nous. Que la foi et l’espérance nous guident.

Les femmes ne vont pas au sépulcre les mains vides. “Elles achetèrent des aromates pour aller oindre son corps”. Apportons, nous aussi, quelque chose au sépulcre. Même si nous sommes souillés par les plus grands péchés, apportons au sépulcre un commencement de bonne volonté, notre peu d’amour, un acte charitable envers d’autres, notre faible prière. Sans doute ce ne sont pas nos pauvres dons qui obtiendront que la pierre soit ôtée, car notre accès à Jésus ressuscité et à la puissance de sa Résurrection demeurent le présent magnifique et entièrement gratuit de la miséricorde divine. Mais le fait que nous ne nous acheminons pas vers le sépulcre avec des mains tout-à-fait vides montrera que notre cœur non plus n’est pas vide. Où sont les “aromates” avec lesquelles nous voulons “oindre” Jésus ?

Et voici que le miracle s’est produit. “Elles virent que la pierre avait été roulée”. Les femmes n’auraient pas pu enlever cet obstacle. Mais Dieu lui-même y a pourvu. L’évangile que nous lisons ce dimanche ne précise pas comment la pierre de l’entrée du sépulcre fut roulée. Un autre évangile est plus explicite : “Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre …”.

Ce verset est riche de sens. Quand l’ange du Seigneur vient ôter la pierre du sépulcre, il ne la roule pas doucement. Ce n’est pas une opération qui puisse s’accomplir sans effort, sans une commotion violente et profonde. Il y faut un tremblement de terre. De même, l’enlèvement de l’obstacle qui nous sépare de Jésus ne doit pas être conçu par nous comme un ajustement partiel. Il ne s’agit pas d’ôter ou de déplacer quelques pierrailles, de modifier quelques détails en laissant l’ensemble aussi inchangé que possible. Là encore, un tremblement de terre doit intervenir, C’est-à-dire que le changement doit être total, atteignant tous les aspects de notre être. La conversion est un “tremblement de terre” spirituel.

L’ange vêtu de blanc, assis dans le sépulcre [21], dit aux femmes : “Jésus que vous cherchez… est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait placé”. Non seulement Jésus ressuscité n’est plus dans le tombeau, mais toute tentative de limiter, de localiser, de circonscrire sa présence est vaine désormais. La piété humaine imagine parfois qu’elle peut lier la présence du Sauveur à certaines conditions ou circonstances – de temps, de lieu, d’action – ou à certaines formules intangibles. Mais Jésus-Christ nous est maintenant accessible en tout temps, en toutes circonstances. Il dépasse et fait éclater les cadres où certains chrétiens voudraient parfois l’enfermer, – “où on l’avait placé”. On nous dira : “Il est ici”, ou “Il est là” ; et il y est, quoique peut-être autrement que ne le pensent les fidèles qui l’adorent “ici” et “là”, mais il est aussi ailleurs, et nous pouvons partout découvrir sa présence. “Ne cherchez point parmi les morts celui qui est vivant”, comme dit un autre récit de la Résurrection.

L’ange dit encore aux femmes : “Allez dire à ses disciples et notamment à Pierre, qu’il vous précède en Galilée : là vous le verrez, comme il vous l’a dit”. Que signifie ce rendez-vous en Galilée, plusieurs fols mentionné dans les évangiles ? Jésus veut-il simplement soustraire ses disciples à la curiosité et à l’hostilité des Juifs ‘? Veut-il, après des jours de trouble ct d’angoisse, leur assurer un intervalle de tranquillité, dans une atmosphère bien différente de celle de Jérusalem ? Peut-être cela est-il. Peut-être aussi ne nous tromperions-nous pas en donnant des paroles de Jésus une explication plus profonde.

C’est en Galilée qu’avait lieu la première, l’inoubliable rencontre de la plupart des apôtres avec leur Maître. C’est là qu’ils l’avaient tout d’abord entendu et suivi et qu’ils lui avaient donné leur cœur. Maintenant que leur foi a été soumise à une dure épreuve – où ils ont été trouvés déficients – il leur sera bon de se replonger dans l’ambiance galiléenne, d’y retrouver Jésus, d’y retrouver aussi la fraîcheur et la joie de la première rencontre ct d’y renouveler leur acte de foi et d’obéissance. Cela est vrai de nous aussi. Il y a une Galilée dans la vie de la plupart d’entre nous, (nous pensons surtout aux lecteurs de ces lignes). Une Galilée : c’est-à-dire un moment, déjà peut-être lointain, où nous avons rencontré Jésus personnellement et où, pour la première fois, nous l’avons écouté, nous avons essayé de le suivre. Beaucoup de péchés, d’oubli, de négligence nous ont peut-être, par la suite, séparés du Seigneur. À l’heure de la crise décisive, nous avons, comme les Apôtres, peut-être abandonné le Maître. À nous aussi Jésus ressuscité fixe un rendez-vous en Galilée. Il nous demande de faire revivre en nous le souvenir et la ferveur de la première rencontre. Si nous essayons de redevenir tels que nous étions alors, nous le retrouverons lui-même. Ne disons pas : “C’est trop difficile”. Car il nous préparera la route : “il vous précède en Galilée …”. Invisible et présent, il marche devant nous vers cette Galilée de l’âme ; si nous le suivons, chaque pas nous deviendra plus facile, et un moment viendra où, sinon par les yeux du corps, du moins par les yeux de la foi et de l’amour, nous atteindrons une certitude inébranlable de sa Présence : “Là vous le verrez …”.

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